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      NEWSLETTER DECEMBRE 2009
 

Embouteillage ciné

Chaque semaine, plus de 15 films sortent sur les écrans français, mais leur exposition et leur durée de vie est très inégale ! ex Twilight II, 2012, Arthur et la vengeance trustent plus de 700 écrans, le drôle de Noël, le Petit Nicolas plus de 500, pour cette seconde semaine de décembre, c’est-à-dire plus de la moitié des écrans français. Comme quoi, augmentation des sorties et des productions ne signifie pas plus de choix pour le spectateur, surtout aux heures de pointe cinéma dans les grandes villes avec les grands complexes.

Donner leur chance à des films d’auteurs, ce mois-ci Bellochio, Resnais, en janvier, Alain Cavalier, suivre de jeunes réalisateurs (comme Christophe Honoré), découvrir de nouveaux talents, c’est la mission des Rencontres…à la Campagne. Bien sûr, nous ne pouvons pas tout montrer (2 films par semaine soit 110 films nouveaux, festival compris, sur une production de près de 800 films !), bien sûr, nous sommes obligés de laisser de côté des films sympathiques, des films bien pensants, et parfois de grands films (le dernier Oliveira), mais globalement, nous gardons cette exigence de vous proposer des films de qualité, de mettre en avant le 7° art et pas seulement les productions commerciales ciblées qui occupent tant d’écrans (ciné, TV, web…).

En décembre, de grands cinéastes à l’affiche

Après Hanecke et sa dérangeante Palme d’Or « Le ruban blanc », nous vous proposons de découvrir 4 films importants de l’année 2009 :

« Les herbes folles » d’Alain Resnais, dont nous avions déjà parlé pour le festival, puisque nous avons rendu un court hommage à ce grand cinéaste dont la carrière s’étend sur les 50 dernières années. Comme avec « Coeurs » projeté en 2007, Resnais, toujours à l’affût de nouvelles structures narratives, de nouvelles couleurs, fait exploser les registres habituels de la comédie dramatique ou du drame comique, selon le point de vue qu’il plaît au spectateur d’adopter. Avec certains de ses comédiens fétiches, Sabine Az2ma et André Dussolier, Resnais s’en donne à cœur joie une nouvelle fois, avec son goût pour les innovations formelles, pour un cinéma non-conformiste. A découvrir donc !

« A l’origine » de Xavier Giannoli faisait aussi partie de la sélection française à Cannes et c’est un film qui a reçu un très bon accueil public, confirmé en novembre dans les salles où il est projeté. Tiré d’un fait divers connu, celui d’un petit escroc remettant en route, un chantier d’autoroute abandonné pour le plus grand espoir du village voisin. Le film, porté par la performance de François Cluzet, rend compte de cette folle escroquerie. Sujet évidemment cinématographique, rôles magnifiques (Emmanuelle Devos, en maire du village ou Gérard Depardieu en escroc floué), Giannoli a pris la juste mesure de son projet et confirme ses qualités de cinéaste entrevues dans « Quand j’étais chanteur » il y a deux ans.

Autre grand oublié du palmarès cannois « Vincere » de Marco Bellochio, projeté il est vrai, la veille de la proclamation du palmarès, ce qui est toujours un handicap. « Vincere » passe pour beaucoup le meilleur film projeté à Cannes et l’on entend de plus en plus parler de chef d’œuvre, pour ce grand film historique de cet important cinéaste italien dont la carrière débuta dans les années 60 avec « Les poings dans les poches ». Bellochio mêle comme souvent avec talent l’histoire et l’intime et son récit s’étale dur 30 ans, d’une guerre à l’autre autour des personnages de Mussolini et de sa maîtresse Ida Dalser dont il eut un fils, tous les deux reniés, rejetés dès qu’il accède au pouvoir en 1922. Mais la folie amoureuse d’Ida Balser ne cessa pas et elle devint une des premières opposantes au futur monstre. Bellochio intègre à ses images des archives, des extraits de films d’époque, des extraits d’œuvre du mouvement futuriste des années 20. Une œuvre ambitieuse donc, rendant un peu de son crédit au grand cinéma italien des années 50/60, dont nous gardons tous la nostalgie (voir expo Fellini à Paris). Quel bon Noël en perspective !

Enfin, ce sera « Rapt » de Lucas Belvaux, un cinéaste franco belge que nous suivons depuis sa trilogie et dont nous avons beaucoup aimé « La raison du plus faible ». Ici, il raconte l’histoire d’un PDG en vue enlevé par une bande de professionnels qui coupe un doigt, avant de demander une rançon (mon petit doigt me dit que cela lui rappelle le baron Empain !) C’est Yvan Attal qui joue ce rôle clef pour sa carrière, en pleine explosion cette année, comme celle de Cluzet. Belvaux conduit ainsi une réflexion habile sur l’argent qui ne protège absolument pas et sur l’image publique que l’on doit gérer bien sûr, comme le reste.
Un menu alléchant pour une veille de St Sylvestre.

Bien sûr, il ne saurait y avoir de fêtes de Noël sans films pour enfants. Dès le 12 et 13 décembre, ils pourront découvrir « Tempête de boulettes géantes », film d’animation USA drôle, plutôt corrosif. Puis ce sera pour la fin de l’année « Arthur et la vengeance de Maltazard », suite des aventures des minimoys, en attendant le troisième. Besson devait cesser da carrière de réalisateur, il continue pour le bonheur des petits ? au désespoir parfois des plus grands, et des journalistes TV devant lui arracher quelques propos intéressants.

Mais pour Noël, me direz-vous ? Et bien, nous aurons « Twilight chap.2, où Bella abandonnée par le bel Edouard, son gentil vampire, va rencontrer Jacob, un jeune loup garou à la beauté effrayante. C’est donc à la fois Noël et Halloween ! réunis pour les ados, filles surtout en mal de folles aventures. Et par ces temps doux, il y a encore des citrouilles au jardin ! Bien sûr, j’attends désespérément le 3ème et 4ème film de la série n’ayant pas lu les livres, je me demande ce que cette pauvre Bella va rencontrer dans sa découverte de l’amour : un petit fils Bush, un cul-de-jatte, un ambitieux fils de…français… ? Ne soyons pas mal pensants, ces hypothèses narratives sont absurdes et font froid dans le dos.

J’allais oublier à ce propos « 2012 » du plus célèbre tâcheron hollywoodien, Roland Emmerich. Il s'empare ici des prédictions mayas et de la bêtise humaine pour un long film catastrophe sur la fin de monde. Bien sûr, quelques crétins made in USA survivent et c’est surtout cela qui fait peur. Plus que 3 ans à me lire ! La quille est proche ! Courage !

Bonnes fêtes à tous et à bientôt pour mon bilan annuel et la programmation de janvier !

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER NOVEMBRE 2009
 

Difficile d’organiser un commentaire à propos de films que je n’ai pas vus et qui ressortent de plusieurs genres en vogue dans le cinéma hexagonal et mondial : la comédie, le drame, le thriller. Leurs auteurs, le plus souvent déjà connus des habitués de la salle de Rieupeyroux, vont le plus souvent servir de repères à ma chronique. Variée, éclectique, la programmation de ce mois reflète les envies, les choix d’une commission de programmation où les discussions sont vives, animées.

Novembre en France, c’est aussi le mois du documentaire et les Rencontres comme la Médiathèque de Rieupeyroux sont parties prenantes de ce dispositif. Nous projetons de nombreux documentaires (festival compris), support de débats, et ce genre a connu un véritable succès commercial depuis le début des années 2000. Des cinéastes comme Michaël Moore, Xia Jhang Ke, Nicolas Philibert (« Etre et avoir ») ayant mis le genre à la mode. On va voir un documentaire au cinéma, ce qui n’arrivait jamais dans les années 80-90 !

Pour l’occasion donc, nous vous proposons de découvrir le premier film de deux cinéastes aveyronnais Jean-Baptiste Alazard et Holden Raynaud, villefranchois de souche. Leur film « Le cinquième quartier » nous fait découvrir de façon originale les abattoirs de Castres et le parcours des bêtes abattues, les gestes modernes qui président à la découpe en quartiers. C’est un travail de mise en scène original et réussi ; les mouvements fluides de la caméra accompagnant efficacement ce parcours mécanisé.
Ce sera l’occasion pour les spectateurs de discuter avec les deux jeunes artistes qui seront présents, d’évoquer ce choix singulier pour un 1er film, les enjeux cinématographiques de leur travail. (J’ai déjà vu ce film !).

Toujours dans le cadre du mois du documentaire, nous projetterons le 18 novembre à 21h « La danse, le ballet de l’Opéra de Paris » de Frédérick Wiseman, l’un des premiers maîtres du documentaire aux U.S.A., installé depuis les années 2000 à Paris. Wiseman s’intéresse depuis toujours aux artistes, au spectacle, aux coulisses de la création. Son documentaire sur la danse, sorti mi-octobre a été unanimement salué par la critique et rencontre un beau succès public. Amoureux de la danse, venez nombreux découvrir ce documentaire phare.

La programmation des fictions de ce mois fait encore une fois la part belle aux productions françaises qu’elles soient très exposées ou plus confidentielles.
Bien sûr, nous pourrons découvrir « Le Petit Nicolas » de Laurent Tirard, film bien accueilli par la presse et le public puisqu’il va atteindre les 4 millions d’entrées avec un bon indice de satisfaction du public. Nous retrouvons aux côtés du jeune Maxime Godart, un couple de parents moins effacés que dans les ouvrages de Sempé et Goscinny, Valérie Lemercier et Kad Merad. Nostalgiques des années 50/60, d’une certaine vision de la famille, de l’école, ne boudez pas votre plaisir !

Autre bon film de cet automne, dès le 1er week-end de novembre, « L’affaire Farewell » de Christian Carion avec Emir Kusturica et Guillaume Canet dans les principaux rôles. Ce film d’espionnage se situe dans les années 80, les ultimes de la guerre froide et s’inspire d’une histoire vraie, bouleversant la vie d’une famille jusque là tranquille, résidant à Moscou.

Autre sortie attendue et appréciée de cet octobre 2009, « Mademoiselle Chambon » de Stéphane Brizé, d’après le roman d’Eric Holder. C’est l’histoire d’un coup de foudre entre deux personnages de milieux différents, attachants et moins simples qu’il n’y paraît. Ce sont Sandrine Kimberlain et Vincent Lindon, séparés depuis 5 ans qui se retrouvent réunis à nouveau à l’écran. Comme Benoît Jacquot dans « Le septième ciel » Stéphane Rizé se révèle un excellent metteur en scène et directeur d’acteurs, tirant le meilleur de ce couple reconstitué.
Moins connu, mais ayant trouvé son public, un drame autour de l’alcoolisme « Le dernier pour la route ». Ce film du jeune Philippe Godeau est porté par la performance de François Cluzet, acteur au sommet de son art.

Enfin, deux films de cinéastes confirmés et ayant obtenu de beaux succès :
« London river » de Rachid Bouchareb, dont on était sans nouvelle depuis le triomphe « d’Indigènes ». Bouchareb interroge le monde contemporain, sa violence, la lecture religieuse d’événements dramatiques, ici les attentats de Londres. C’est un cinéaste généreux que nous aurons, j’espère, plaisir à retrouver.

Il en va de même pour moi avec Christophe Honoré dont j’ai beaucoup aimé « Dans Paris », « Les chanson d’amour », « La belle personne ». Cinéaste sensible, Honoré filme avec une élégance moderne l’état contemporain du sentiment amoureux, des itinéraires de vie plus ou moins chaotiques. Sa grâce conjuguée à celle des musiques et chansons de Denis Beaupin, donne une vision poétique, lucide du monde contemporain. Deux comédiennes, Chiara Mastroianni et Marina Foïs s’imposent dans ce film que l’on dit étonnant. Il me tarde déjà d’être aux 5 et 6 décembre pour voir « Non ma fille tu n’iras pas danser »!

Bien sûr, même si nous faisons la part belle au cinéma français, de grands films étrangers sont aussi à l’affiche. C’est le cas de la palme d’or 2009 « Le ruban blanc » de Michael Haneke. Grand cinéaste autrichien, s’il en est, Haneke a souvent choqué : « Code inconnu », « Funny games », « La pianiste », tout en gagnant une renommée méritée et un statut d’auteur que l’excellent et angoissant « Caché » a confirmé. Cinéaste sans concession, il s’intéresse cette fois à la rigoureuse éducation protestante prodiguée avant 1914 au Nord de l’Allemagne. Ce sont les conséquences de ces excès de rigueur éducative qu’il interroge, en pensant à l’évolution fasciste de l’Allemagne des années 30. Quels montres se cachent derrière ces sociétés fermées, qui ne demandent qu’à surgir un jour ? Une œuvre forte dérangeante même comme toutes celles d’Haneke ! (début décembre).

Autres films cannois montrés dans les sections parallèles « Thirst, ceci est mon sang » de Park Chanwook, cinéaste sud coréen, fort remarqué pour deux thrillers terrifiants et très personnels : « Old boy » (2004 primé à Cannes) et « Lady vengeance » (2005).
Ici encore, une histoire mêlant drame, fantastique et thriller, empruntant parfois même au « Thérèse Raquin » de Zola. Un film singulier donc, un imaginaire fort et des images d’une beauté sidérante de l’avis de tous, séduits ou pas par ce film différent.

Autre film cannois « Tu n’aimeras point » de Haim Tabakman, cinéaste israélien. Je ne reviens pas sur la vitalité du cinéma israélien, sa modernité exigeante tant nous en avons déjà beaucoup parlé. Cette fois, c’est le sujet qui a mobilisé l’attention critique autour de ce film : l’homosexualité dans la communauté juive ultra-orthodoxe de Jérusalemen. Bien sûr, la tension est assurée et la pression exercée sur ce couple, énorme. Bien sûr, on ne rigole pas, mais on est touché par la subtilité de la mise en scène de ce jeune cinéaste prometteur.
Bons films à tous.

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER OCTOBRE 2009
 

Bilan du festival

De grands films du patrimoine, Ophüls, Resnais et des œuvres plus récentes, originales, fortes à l’instar d’ « A propos d’Elly », film iranien que je recommande chaudement à ceux qui ne l’ont pas vu et peuvent le découvrir à Utopia ou ailleurs. Dire que le cinéma iranien est riche de cinéastes de talent, est devenu une évidence, tant les œuvres découvertes dans notre salle depuis 2001 sont variées, intelligentes, attentives à la réalité complexe du pays. Un pays d’autant plus sympathique à mes yeux qu’il est bien vivant, que sa société bouge, comme paradoxalement celle d’Israël, à en juger par la vitalité créative de sa cinématographie (voir le palmarès de la dernière Mostra de Venise).

Encore une fois, les Rencontres me semblaient au cœur de l’actualité cinématographique avec ces films venus d’ailleurs (Iran, Afghan, Chine..) comme des évidences pour qui veut approcher la complexe réalité contemporaine.
Je tiens à nous excuser pour la piètre qualité de projection de « The world » de Zia Zhang Ke (couleurs, clarté, son…). Nous réfléchissons déjà, soit à trouver un autre lieu de projection, soit à mieux utiliser cet espace.
Je tiens aussi à remercier ici tous les spectateurs, festivaliers (près de 2000 entrées), tous les bénévoles de l’association, tous les intervenants (mention spéciale à Mojdeh !), le soleil aussi par sa présence assidue à ces 12èmes rencontres.


OCTOBRE 2009

Mais le cinéma continue et il y a chaque automne une riche actualité cinématographique que j’ai hâte de découvrir. Entre œuvres majeures d’auteurs confirmés et découvertes surprises de jeunes talents, les choix s’annoncent difficiles et il y a parfois pléthore de bons films. Vous pourrez en juger avec la programmation d’octobre qui fait une nouvelle fois une large place à la production française, avec des découvertes et là encore des confirmations.

En effet des jeunes talents s’affirment et sont soutenus par la critique ; c’est le cas de Mathias Gokalp qui avec « Rien de personnel » nous propose une comédie sociale au cœur de l’entreprise moderne avec ses rumeurs de rachat, ses restructurations, son « sauve qui peut sa tête »…C’est drôle, dramatique, féroce parfois et c’est un bonheur de retrouver J-P Daroussin, Denys Podalydés, Mélanie Doutey, dans cette comédie ambitieuse.

Autre comédie dramatique sociale d’un jeune réalisateur : « Adieu Garry », avec, dit-on, un excellent Jean-Pierre Bacri, profondément humain, souvent drôle comme l’ensemble du film. C’est au cœur d’une cité ouvrière qui se vide que Nassim Amaouche dresse une galerie de portraits attachants. Que le jeune cinéma français explore une réalité sociale trop souvent délaissée, on ne peut que s’en réjouir. Cantet, Guédiguian, Kéchiche ont montré la voie et il est bon que de jeunes cinéastes s’y engouffrent. On ne regrettera pas les assommantes comédies bourgeoises peuplées d’écrivains, architectes, artistes, docteurs, chercheurs en crise identitaire et bien sûr conjugale ! Encore que parfois ... !


D’ailleurs avec « Mères et filles » de Julie Lopes-Curval, nous retrouvons un milieu plus bourgeois, une famille éclatée autour de la figure de trois femmes, remarquablement interprétées par Marina Hands (Lady Chatterley, c’était elle !), Catherine Deneuve et Marie-Josée Croze. « Mères et filles », c’est un secret familial, un vide, des mensonges, une histoire de transmission, qui sont au cœur de l’intrigue. Ce 3ème film surprenant se révèle, paraît-il, épatant. Après sa caméra d’or à Cannes en 2002, pour « Bord de mer », Julie Lopes-Curval retrouve le bassin d’Arcachon, pour donner une nouvelle dimension à son talent.

Outre ces trois découvertes que nous vous proposons, 4 autres films français fort différents sont à l’affiche et vous avez déjà entendu parler d’eux.
• Tout d’abord, dès cette semaine, le film des frères Larrieu « Les derniers jours du monde ». Après un « Voyage aux Pyrénées », remarqué, gentiment loufoque et toujours singulier. Cette fois, c’est une fable apocalyptique que nous proposent les deux frères, qui situent l’action de leur film peu avant la fin du monde. Leur héros, Robinson Laborde se prépare d’une étrange et folle manière à ce rendez-vous avec le désastre. C’est parfois choquant paraît-il car c’est aussi l’expérience des limites que fait le héros, c’est sûrement dérangeant ! Que Mathieu Amalric se fonde sans mal dans l’univers des Larrieu n’étonnera personne, tant l’acteur est capable d’interpréter des personnages étranges, fous, décalés ! Il en va de même pour Catherine Frot et Karin Viard, deux de nos meilleures comédiennes. De bonnes raisons de découvrir le nouvel opus des Larrieu.

• Ensuite, le très attendu par tous, grands et petits « Neuilly sa mère », un petit film français ayant tout de suite rencontré son public (+ de 2 millions de spectateurs) ! C’est l’histoire de Sami, un petit kem de cité qui se trouve propulsé parmi la jeunesse dorée de Neuilly, en pleine Sarkomania. C’est drôle, assez juste et cette gentille satire sociologique à la Chatilliez (« La vie est un long fleuve tranquille ») est le gros tube de l’été cinématographique français. Alors, tous à Neuilly avec Sami !

• Dans un registre très différent, un grand film policier dramatique, récompensé à Cannes 2009, « Un prophète » de Jacques Audiard. Ce film que l’on retrouvera en haut de l’affiche des Césars, j’en suis sûr, va représenter le France aux Oscars. C’est une œuvre forte, tendue, oppressante comme le sont les meilleurs films de prison, genre auquel on peut le rattacher. C’est après « Regarde les hommes tomber » ou « Sur mes lèvres », la confirmation d’Audiard comme cinéaste français qui compte et aussi la naissance d’un nouveau talent, l’impeccable Tahar Rahim, dans le rôle de Malik. Sans doute, le film français le plus attendu du moment.

• Enfin « Partir » de Catherine Corsini, un drame amoureux percutant avec Kristin Scott Thomas, Sergi Lopez et Yvan Attal, représentant le fameux triangle en pleine recomposition. Un film tendu, sensuel sur un coup de foudre éclatant, bouleversant même.

Bien sûr, il reste quelques films étrangers, à commencer par la dernière et très remarquée des productions Pixar « La-haut ». Le succès public est évident et le film étonne et bouleverse tout à la fois. Il n’est pas interdit, paraît-il de parler de chef-d’œuvre. Alors, dès mercredi, courez voir La haut, en masse !

Immanquable aussi, le dernier Tarantino « Inglorious Basterds » !
Ce film a pour cadre la France occupée des années 40, mais ce n’est pas un film de guerre traditionnel. C’est avant tout un film de Tarentino avec ses clins d’œil au cinéma, ses délires, sa capacité à réinventer le cinéma de genre. Ce film bénéficie d’un bouche à oreille et va amener Tarentino vers les 3 millions de spectateurs. La distribution est éblouissante : Brad Pitt, Michael Fassbender, l’acteur qui monte, Mélanie Laurent, Diane Kruger et bien sûr justement récompensé à Cannes, l’acteur allemand Christoph Waltz !

Enfin, le film palestinien d’Elia Suleiman « Le temps qu’il reste », très remarqué à Cannes par le public et la critique, injustement oublié du palmarès, de l’avis de beaucoup de festivaliers. Ce film revient sur l’histoire du peuple palestinien de 1948 à nos jours à travers l’histoire du père même du cinéaste, un de ces « Arabes- Israëliens », restés sur leurs terres natales.
C’est avec beaucoup d’émotion, mais aussi un sens de l’absurde que Suleiman filme son pays. Un film important, à découvrir donc dans notre salle, avant les Oliveira, Honoré, Rivette, Ang Lee, Resnais, Hanecke qui marqueront de leur éclat cet automne de cinéma.

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER SEPTEMBRE
 

Même s’il peut y avoir encore quelques modifications de détail, le programme de la 12èm édition est à peu près arrêté.
Outre les temps forts traditionnels : nuit du court métrage, après midi consacrée aux films produits en région avec le dernier J.H. Meunier « Rien à perdre » le vendredi 11, après midi du dimanche 13 consacrée aux films pour petits et grands avec "La guerre des boutons" et "Le roi des masques", nous vous proposerons des parcours à travers l’œuvre de 4 cinéastes que nous aimons.

Tout d’abord, Max Ophüls, brillant cinéaste franco-autrichien au sommet de sa carrière dans les années 50. Avec "Madame de", "Le plaisir", et en clôture le dimanche 13 "Lola montes", ce sont trois grands films que nous pourrons voir ou revoir. Ce sont aussi de très grands interprètes : Danièle Darrieux , Madeleine Renaud, Jean Gabin, Martine Carol, Vittorio de Sica au service de fictions romanesques, élégantes mais cruelles, mises en scène de façon virtuose (cadrages, mouvements incessants de caméra) par un de nos plus grands réalisateurs.

De même, une soirée consacrée à Alain Resnais nous permettra de revoir "Hiroshima mon amour", un des films phares du début des années 60. De la nouvelle vague à nos jours, la carrière d’Alain Resnais est l’une des plus riches, des plus originales de la production française. Cinéaste moderne depuis toujours, soucieux de porter un point de vue nouveau sur la mise en scène, sur les stratégies et le jury de Cannes cette année avec ces "Herbes folles". Nous aurions voulu montrer ce film en avant première, mais sa sortie retardée et sa production ne nous l’ont pas permis. Nous reverrons donc aussi « La vie est un roman » 1983 et l’an 01 1973, projet auquel Resnais a travaillé avec Rouch et Doillon.
Autre soirée consacrée à un grand cinéaste apparu dans les années 90, celle du vendredi 11, avec en avant première « L’armée du crime » de Robert Guédiguian. Ce cinéaste engagé d’origine arménienne, s’attaque à une des grandes pages de l’histoire de la Résistance en France, celle concernant le groupe Manouchian, rendu célèbre par la honteuse affiche rouge, magnifiquement évoquée par Aragon puis Ferré dans les années 50 . Ce sera aussi l’occasion de voir ou revoir « Le voyage en Arménie » qu’il a tourné en 2005.
Enfin, ce même vendredi 11, sous le foirail, deux films du plus brillant cinéaste chinois Zia Zhang Ke : « The world », fiction foisonnante peu vue en 2005, et dont la modernité, la complexité imposaient une seconde vision et « Dong », un documentaire tourné en même temps que le remarquable « Still life » en 2006-2007, autour de la construction du barrage des trois gorges, projet industriel à la démesure de cette Chine moderne, que Zia, plus qu’aucun autre, donne à voir, à découvrir ( voir son dernier documentaire – fiction : "24 city",un des plus beaux films, montrés cette année en mai ) .

Deux journées seront consacrées à des thématiques fortes : le samedi 12, journée autour du cinéma iranien et afghan en présence de Barmak Akram, dont nous découvrirons "L’enfant de Kaboul" et les multiples talents artistiques. Bien sûr Mojdeh Famili, amie des rencontres nous accompagnera toute la journée autour de films attendus comme les derniers Kiarostami qui sont aussi ces premiers, des œuvres à découvrir comme "Le coureur" d’Amir Nadéri, "Deux anges" de Mamad Haghighat ou "A propos d'Elly" en sortie nationale; tout cela regroupé autour d’une thématique plus large « l’enfant et le monde ». Des rencontres, des surprises, un éclairage original sur une région au cœur de l’actualité mondiale, voila un programme alléchant pour ce samedi 12 !
La journée d’ouverture du mercredi 09 sera consacrée au monde agricole et s’insére dans le projet mis en place en 2008 entre le lycée Beauregard de Villefranche et un lycée roumain.
Nous découvrirons le film réalisé par les élèves de B.T.A. avec Yves Caumon « Je ne suis pas un homme préhistorique » à 18h, puis l’un des films 2008, très attendu ici « L’apprenti » de Samuel Collardey, qui s’intéresse à l’apprentissage agricole, au stagiaire et à son maître de stage dans une ferme. Enfin une découverte roumaine « Le pont des fleurs » de Thomas Ciulei.

De bons moments en perspective donc pour ce festival de septembre.

Bien sûr il y a le festival du 9 au 13 septembre et je vous encourage de lire mes recommandations en page d'accueil de l'association.

Mais il y a aussi d’autres films en septembre et en particulier dès cette 1ère semaine, il y avait ce mercredi, la venue d’Alain Guiraudie avec son dernier film « Le roi de l’évasion ». Le film tient bien les promesses annoncées par les meilleurs de nos critiques. C’est toujours un univers unique, décalé, que propose le cinéaste aveyronnais, interrogeant à sa façon la pas si tranquille campagne tarnaise : quelle piste suivre ? Quelle voie choisir ? Quelle couleur pour le futur tracteur ?...Guiraudie choisit la voix de l’authenticité et tire le meilleur de tous ces acteurs : les gros, les grands, les beaux, les laids, les mous… non, ce n’est pas le zizi de ce cher Pierre Perret, mais tout de même !

Un vrai moment de bonheur et de liberté cinématographique, suivi d’un entretien joyeux, comme doit l’être le savoir (voir Nietsche) ! Je tiens, au nom des Rencontres à remercier Alain Guiraudie pour la qualité de son intervention, son honnête authenticité.
Rattrapage ce dimanche 6 septembre à 17heures.

A signaler aussi, après le festival, 3 comédies très différentes dont la qualité a été remarquée par le public et la critique :
- « Very bad trip » une comédie américaine surprise de cet été cinématographique plutôt riche. C’est une difficile sortie de cuite un lendemain de fête terrible qui attend les trois héros.
Une comédie déjantée mais pas vulgaire, nous dis-t-on, un plan rire qui a trouvé rapidement son public.
- « Bancs publics », une comédie française tirant sur le burlesque de Bruno Podalydès. Son sens du comique, de l’insolite a été souvent souligné, que ce soit avec « Versailles, rive droite » ou avec les adaptations de Gaston Leroux. On fait cette fois référence à Jacques Tati, et chez Podalydès, outre son frère Denis, la plupart des grands acteurs français viennent s’amuser : Deneuve, Balasko, Poelvoorde, Amalric…
- « Boogie » de Radu Munteanu, comédie dramatique où l’on retrouve Anamaria Marinca, la très convaincante actrice de 4 mois, 3 semaines … de Mungiu. Là aussi, c’est une soirée imbibée qui est au centre de l’histoire d’hommes mûrs en pleine virée adulto-adolescente. Ces personnages, comme Boogie nous sont proches comme l’étaient les personnages de Cassavetes emmenés dans leurs virées nocturnes par Peter Falk ou Ben Gazzara. Personne n’a envie que la fête finisse !

A signaler le drame policier de Denis Dercourt « Demain dès l’aube », remarqué à Cannes cette année par son efficacité dramatique et par le travail de trois grands acteurs : Jérémie Rénier, vu chez les Dardenne, Aurélien Recoing et Vincent Pérez. Un film tendu, autour de la trajectoire de deux frères différents, à la recherche d’une stabilité disparue.
Et octobre, novembre s’annoncent splendides comme chaque année : le dernier Audiard, le Tarentino, le Suleïman, « La-haut » des studios Pixar, « Les derniers jours du monde» des frères Larrieu…

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER JUILLET 2009
 

Pour juillet, je retiendrai 3 comédies aux tonalités différentes mais toutes 3 assez décapantes :
Bien sûr « Looking for Eric » de Ken Loach, film présenté à Cannes cette année, avec Eric Cantona jouant Eric Cantona dans l’Angleterre en crise ,chère à Ken Loach, mais à Manchester où le football lui ne connaît pas la crise et génère des passions démesurées mais aussi du lien social. Et si le football pro était une « solution »dans un monde en crise ? Voila Ken Loach sur un terrain où je ne l’attendais pas ! Il me tarde de découvrir ce film drôle, touchant, original en tout cas.
De même « Les beaux gosses » de Riad Sattouf, comédie réaliste, décalée sur des adolescents de 14/15 ans et leurs pulsions,leurs physiques en pleine transformation, leur besoin de s’aimer,d’aimer, d’être aimé. C’est le premier film de Riad Sattouf et c’est déjà un succès populaire. Sattouf vient de la B .D. et ses ouvrages ont été rapidement remarqués (voir « La vie secrète des jeunes»….Pascal Brutal…) A découvrir le 8- le 11 et le 12 !

Une comédie plus explosive encore, à la limite du vulgaire, anticléricale, choquante « Toto qui vécut deux fois » de Cipri et Maresto, deux cinéastes siciliens, malpolis, mal pensants et pour cela fort sympathiques. Ce film présenté à Berlin en 98 amis plus de 10 ans pour sortir en France et reste interdit en Italie. C’est pour certains l’un des meilleurs de la décennie (voir Libé) et de façon farfelue, grotesque parfois. Un hommage à Pasolini aussi, par le côté subversif du film et aussi la beauté des cadrages, la splendeur du noir et blanc. Un évènement donc le 22 juillet à 21h et le 26 juillet à 17h.

D’autres comédies plus attendues et convenues sont à l’affiche aussi : la sympathique « 17 ans encore » avec Zac Efron, une sorte de teen movie à l’américaine, ou « La nuit au musée 2 de Shawn Levy avec Ben Stiller et Robin Williams. Une comédie pour tous à voir en famille, dans l’univers fantastique du musée.

Des films plus graves sont aussi à l’affiche, comme « La vague », film allemand de Dennis Gansel, adaptant à l’écran un roman à succès posant le problème de l’embrigadement de la jeunesse dans un régime totalitaire. Ici, cet embrigadement est recréé dans un atelier de lycéens dans une sorte de jeu de rôles qui va tourner mal. Une fiction dérangeante autour des dangers du fascisme, du conditionnement des jeunes consciences. A découvrir le 8 à 21h et 12 juillet 17 h.
De même le film d’Emmanuel Finkiel, remarqué il y a quelques années avec voyages, qui nous revient avec « Nulle part, terre promise » , film très bien accueilli par l’ensemble des médias, au cœur d’une douloureuse problématique moderne, celle des déplacements de population, de la quête d’un ailleurs où l’on pourrait s’installer. De façon douce, soucieux d’honnêteté intellectuelle, Emmanuel Finkiel construit une œuvre.
Reste « Millenium » que l’on ne présente pas mais qui suscite chez tous les lecteurs du roman une réelle curiosité : le film peut – il être à la hauteur du roman, de ses personnages si forts de son intrigue complexe mêlant politique, économie, perversions, sentiments de façon habile ? Un nouveau type de thriller en quelque sorte, venu des énigmatiques pays scandinaves.

Reste enfin « Anges et démons » de Ron Howard avec Tom Hanks, Ewan McGregor, sorte de thriller fantastique à succès, d’après un best-seller de Dan Brown, l’auteur du Vinci code. Une fois encore le Vatican et l’église catholique sont attaqués par une mystérieuse confrérie et bien des énigmes restent à éclaircir.

De belles découvertes donc pour ce mois de juillet


 
      JUIN / une belle affiche
 

Toujours éclectique, toujours prometteuse de belles rencontres, de découvertes ! Je vais pour une fois présenter les films semaine par semaine, en essayant de mettre en avant les points forts de cette programmation.

Tout d’abord dès le mercredi 3, un documentaire passionnant « Let’s make money » du réalisateur autrichien auteur de l’excellent « We feed the world », Erwin Wagenhofer. Vous étiez venus nombreux en 2007 pour découvrir les ravages des politiques agricoles productivistes, vous serez nombreux aussi à découvrir les rouages du système financier mondial, les mécanismes à l’origine de la crise et des dégâts engendrés. Une bonne réflexion avant l’échéance européenne du 7 juin, sans doute ! Il n’y aura pas de débat, mais la poursuite des discussions dans le hall n’est pas interdite…

Cette même semaine, une comédie avec Frank Dubosc, bien reçue cette fois par presque tous les critiques. Comme quoi tout arrive, et même un film où Frank Dubosc soit supportable ! Bien sûr, il y a aussi Benabar et ce couple là de cinéma, fonctionne. C’est la recette des bonnes comédies françaises depuis Bourvil/De Funés jusqu’à Dany Boom & Kad Merad. Alors, pas d’hésitation, il faut s’y rendre « Incognito » !

Pour la semaine suivante, encore un film français d’un genre devenant envahissant, la biopic (en voilà un mot laid) « Coco avant Chanel » d’Anne Fontaine, avec Audrey Tautou. Le titre est fort improbable, mais les débuts de la Grande Dame de la couture française, forment une trame narrative intéressante et le film est bien sûr soigné, élégant. Bien sûr, on peut fondre pour Audrey/Amélie Poulain pour la vie !Avec « Still walking » de Kore Eda, c’est le retour du cinéma japonais sur les écrans rieupeyrousains. On avait beaucoup aimé son « Nobody Knows », primé à Cannes en 2006, et sa vision à la fois douce et tragique d’enfants livrés à eux-mêmes dans un appartement anonyme d’une grande cité japonaise. Comme Naomi Kawase, comme Kioshy Kurosawa, Kore Eda interroge la société japonaise, la famille, cette fois-ci, avec ses codes, ses secrets, son rapport à la mort et à la vie. Son sens du cadrage, de la mise en scène a été encore souligné à Cannes cette année, où il présentait un nouveau film. Le Japon, depuis toujours, pensons à Ozu, à Kurosawa, Mizoguchi, à Oshima, a produit un cinéma ambitieux, de grande qualité formelle et en même temps profondément humaniste. C’est, pour moi, toujours un grand plaisir et un enrichissement que de découvrir les films japonais !

Il ne faut pas oublier non plus, le cinéma d’animation japonais dont Takahata et Miyazaki sont les figures de proue. Et justement, dès le ciné goûter du 17 juin, le dernier film du grand Miyazaki sera projeté à Rieupeyroux. « Ponyo sur la falaise », unanimement reconnu par la critique et le public comme l’un des meilleurs spectacles familial de cette année. On y retrouve comme toujours un jeune héros Sosuke, découvrant une petite fille poisson rouge Ponyo piégée dans un pot de confiture, qu’il libère et emmène sur sa falaise. Un conte merveilleux, des trouvailles techniques, une inventivité du dessin, un art de la mise en scène, voilà de quoi ravir parents et enfants !

Autre grand moment pour les amoureux du blues, de la Louisiane profonde et des grands films noirs qui s’y sont déroulés, le dernier film de Bertrand Tavernier « Dans la brume électrique ». Tavernier aime le Sud des Etats-Unis, le polar, le jazz, le blues, et cet homme d’une grande culture a pu tourner en Louisiane, avec le grand Tommy Lee Jones un film qu’il portait en lui depuis longtemps. C’est avec plaisir que nous plongeons avec lui dans cette Louisiane profonde, où intrigue tendue et musiques noires se mêlent de façon ensorcelante. Un bon Tavernier, c’est aussi une bonne nouvelle pour le cinéma de qualité français !

Toujours dans la musique, le 24 juin à 21h, c’est avec « Good morning England » que nous ferons la fête. Richard Curtis rend hommage aux radios pirates ayant inondé l’Angleterre assoupie des années 60, des meilleurs standards du rock et de la pop music ! Le Figaroscope parle d’un film « trop déjanté » et, dites-moi, cela semble la promesse d’un film drôle, enlevé, bousculant un peu les conventions. Cela ne peut faire du mal et la B.O est aguichante : The Who, The Stones…. Alors tous à Rieupeyroux !

Enfin pour achever le mois en beauté, nous retrouverons Penelope Cruz et Pedro Almodovar pour leur dernier film « Etreintes brisées » en version originale dès le mercredi 24 à 15 h puis le samedi 27 et dimanche 28. Même s’il n’a pas obtenu la Palme d’Or, le film d’Almodovar a été bien reçu à Cannes. De façon complexe, sans doute plus classique que dans les années 90, son film reprend des thèmes déjà explorés : l’écriture et le cinéma, la mort d’un être cher, l’amour dans tous ses états et le bonheur de diriger une grande actrice Penelope Cruz, déjà éclatante dans « Volver », et si prometteuse il y a 10 ans déjà, dans le magnifique « Tout sur ma mère » ; pour moi le meilleur Almodovar à ce jour ! Une fin de mois en apothéose donc.

APRES CANNES

« Qu’avez-vous vu de Cannes ? Rien. » En effet, ce ne sont pas les tristes et indécentes images TV qui donnent une idée de la qualité, de la beauté des films présentés dans les diverses sections. A la valse des grands noms, à celle émoustillante des découvertes d’un festival s’ouvrant largement à toutes les cinématographies, ne correspond jamais la valse des images des œuvres montrées. La répétition systématique de la montée des marches, de ces images de strass, de stress surjoué, de bonheur dégoulinant d’être à Cannes, j’en suis « gavé », et ma foie, je n’en peux plus. Cet étalage de vulgarité frivole, cette année encore, m’a paru insupportable. La Palme d’Or revenant haut la main à la quotidienne de Canal +. Que de blagues stupides, de faux rires, que de connivences frelatées (un record avec ce grand dadais d’enfant génial mais pénible qu’est Tarantino) ! Vulgaire, indécent, inutile et creux d’un bout à l’autre.

Heureusement, les meilleures radios, les journaux donnent la parole aux cinéastes, aux acteurs et osent encore critiquer les films, discuter, ne pas donner qu’un avis commercial imposé ! Jusqu’à quand ? Vu l’évolution de l’audiovisuel, sa reprise en mains, je me suis surpris assez souvent à me demander jusqu’à quand ?

Les films, le palmarès

Comme le festival, le palmarès fait une large place à des cinématographies nouvelles (Philippines, Corée du Sud) venues de tous les continents, à l’exception de l’Afrique.

Le cinéma européen et français est largement récompensé (Hanecke, Audiard, Charlotte Gainsbourg, Christoph Waltz, Resnais…). Le cinéma australien (Caméra d’Or), le cinéma chinois sont aussi présents. Et les grand oubliés venaient aussi de ces pôles-là (Almodovar, Ken Loach, Jane Campion, Bellochio, Ang Lee, Traï Ming Lang….). Sans oublier le pôle israélo palestinien très remarqué une fois encore ou les films roumains et iraniens d’un Certain Regard… Que d’auteurs, que de films pour les amis des Rencontres et les habitués de la salle de Rieupeyroux.

Bien sûr, notre programmation fera la part belle aux films cannois et nous pourrons ainsi nous faire notre palmarès tout en découvrant le monde, en voyageant depuis la salle, « tout autour de l’humanité ».



 
      « En mai, fais ce qu’il te plaît : va au ciné »
 

Un programme de prestige pour un mois que l’on peut considérer comme celui du cinéma, avec le festival de Cannes, en point d’orgue. Certes c’est un événement médiatico-people (Canal- oblige), mais c’est aussi chaque année des sélections et un marché proposant le meilleur du cinéma mondial. Cannes nous donne des nouvelles des 4 coins de la planète, fait entendre la voix d’artistes reconnus par-dessus le tumulte médiatique cher aux médias people parisianno-cannois et à leurs tristes fêtes scandaleuses en temps de crise.
Comptons sur Isabelle Huppert et son jury, pour mettre sur le devant de la scène, le cinéma, ce 7ème art qui est plus qu’un divertissement ! Pour le bilan du festival et quelques commentaires, vous pourrez retrouver une spéciale newsletter le 26/27 mai.

Mais revenons à ce joli mois de mai et à nos attentes cinéphiles qui vont être comblées ! En effet, le très attendu « Slumdog millionnaire » dont les distributeurs nous ont privés en mars, est à l’affiche, auréolé de ces 87 oscars, et de son succès en salle. Cette comédie dramatique nous fait découvrir la société indienne et nous fait passer du rire aux larmes, de l’émotion douce de la comédie romanesque à celle plus violente du drame social. Un film original à découvrir aux dires de tous les chanceux qui l’ont vu !
Il en va de même du dernier Clint Eastwood, « Gran Torino », un film supérieur à « L’échange », vu en janvier, qui prouve une fois encore la vitalité créatrice de ce grand acteur devenu un grand réalisateur d’œuvres fortes de facture classique.
C’est aussi le retour de Clint Eastwood acteur pour incarner en Walt Kowalsky, un personnage pouvant se rapprocher des Harry de ces débuts. Depuis le fameux inspecteur « réac », Eastwood a parcouru bien du chemin et donné une nouvelle dimension à ses personnages et à sa carrière. Confirmation en V.O., nous y tenons, dans notre belle salle !

Deux autres films français très attendus seront à l’affiche en mai : « Welcome » de Philippe Lioret avec l’intéressant Vincent Lindon, drame social posant avec pertinence la question des clandestins, de ces réfugiés aux prises avec l’Europe et particulièrement ici la France, la région sensible de Calais. M. Eric Besson a eu la bonne idée de faire la publicité de ce film ambitieux, en ce sens qu’il s’intéresse aux problèmes sociaux actuels, en réagissant de manière contradictoire : contre le film puis plutôt pour… Philippe Lioret, déjà remarqué avec « Je vais bien, ne t’en fais pas » confirme son talent de réalisateur et Vincent Lindon s’affirme de plus en plus comme un grand acteur, ce qu’il est quand il est dirigé convenablement dans des films ambitieux (voir « Le septième ciel » de Benoît Jacquot avec Sandrine Kinberlain). Un film à ne pas manquer donc !

Autre retrouvaille en perspective, celle de Walter Salles et Daniela Thomas, un peu perdus de vue depuis « Centro do Brasil » et la parenthèse « Carnets de voyage » sur le jeune Che Guevara. Avec « Une famille brésilienne », c’est à nouveau à Sao Paulo que nous nous retrouvons pour suivre l’itinéraire de 4 frères en quête d’identité, d’avenir. Walter Salles nous livre une peinture dramatique du Brésil contemporain, qui se débat entre pauvreté/misère et richesse, avec toujours l’étonnante effervescence, vitalité de ses grandes cités.

J’ai gardé pour la fin, en hommage à Isabelle Huppert « Villa Amalia » de Benoît Jacquot, précieux cinéaste français et grand directeur d’actrices. J’aime beaucoup, depuis les années 70, les films de Benoît Jacquot, en particulier sa magnifique « Tosca » qu’il faudra montrer un jour ou l’autre à Rieupeyroux. En 2005 « A tout de suite » m’a bouleversé par sa tension, son efficacité élégante et la mise en lumière de la jeune et prometteuse Isild Le Besco. Ici, il retrouve Isabelle Huppert pour la 5ème fois et adapte un roman célèbre de Pascal Quignard « Vila Amalia ». C’est dit-on une réussite, ce que me confirme Elisabeth K : « le meilleur Benoît Jacquot » assure-t-elle. Huppert capable de donner chair à tous les personnages de femme faible ou forte dans un moment de rupture, confirme une fois de plus son extraordinaire talent, mondialement reconnu. N’oublions pas que l’actrice a tourné avec Chabrol, Pialat, Godard mais aussi Hanecke, Cimino, Bolognini ou Werner Schroeter ! Comme Jeanne Moreau ou Catherine Deneuve, elle est une figure et une voix emblématiques du cinéma français.

Un mois de mai attrayant donc et juin s’annonce aussi alléchant avec le Tavernier, le Kore Eda, les derniers Almodovar et Ken Loach présents à Cannes.. Vive le cinéma !


 
      AVRIL
 

Un retard qui ne me permet pas de parler de « Bellamy » et de « l’Autre »,deux films français de qualité que je vais voir ce dimanche 5 avril.

Escusez moi de ce retard.

Des films reconnus mondialement (festivals -prix reçus). Tout d’abord, le dernier film de Gus Van Sant, sans doute le plus impressionnant des cinéastes de la modernité. En effet avec « Elephant », « Gerry », « Paranoïd Park » il a imposé un style, une manière poétique et réaliste d’évoquer l’adolescence, ses malaises, sans pour autant porter des jugements moralisateurs. Van Sant nous revient avec une œuvre plus classique dans ses choix de mise en scène, une biopic d’ « Harvey Milk », premier homme politique gay américain à être élu et à se battre ouvertement pour la cause homo. Ce sont les dernières années
de sa vie qu’évoque Van Sant, dans un film porté par le formidable Sean Penn, Oscar du meilleur acteur. Pour Van Sant, c’est la première vraie reconnaissance hollywoodienne, pour Sean Penn, c’est la confirmation d’un grand talent d’acteur (voir Mystic River) alors même que son talent de réalisateur vient d’être reconnu à l’échelle planétaire avec « Into the wild ». Du lourd, vous dis-je, du lourd !


A découvrir aussi ce mois-ci un autre grand film d’auteur récompensé par le Lion d’Or à Venise 2008, « The Wrestler »de Darren Aronofsky. Comme Van Sant, la carrière d’Aronofsky se fait en marge du système hollywoodien. Le prix reçu sur la lagune met en lumière son talent de réalisateur et de directeur d’acteur, avec le retour de Mickey Rourke dont la carrière s’est embourbée à la fin des années 90. Dans le rôle d’un catcheur déchu, en mal de spectacle, l’acteur boxeur fait merveille et le spectateur semble suivre autant le retour de Mickey Rourke que celui de la star du catch de la fiction. A la fois une fiction et une sorte de docu.sur le grand Mickey Rourke, son corps transformé, boursouflé, ses ennemis intimes (alcool, drogue…). Du lourd une nouvelle fois à Rieupeyroux avec le retour au cinéma d’un grand acteur des années 80/90 (cf. « L’année du dragon » de Cimino, qui ne tourne plus, semble-t-il. Cimino qui l’avait fait débuter dans le plus grand film des années 80 « Les portes du paradis », fresque inoubliable de près de 4h.


Que d’émotions en perspective donc ! En dehors de ces deux films U.S, des œuvres fortes aussi, venues de cinématographies habituées de l’écran rieupeyrousain.« Z32 » d’Avi Mograbi, film documentaireisraélien chaudement recommandé par Elisabeth et André qui l’ont découvert dans les festivals, confirme le talent et la rigueur de ce grand documentariste critique dont nous avions projeté « Pour un seul de mes deux yeux » en 2007. C’est aussi la confirmation de la vitalité d’un cinéma israélien (« Les citronniers », « La visite de la fanfare », « The bubble »…pour ces dernières années), de sa capacité à interroger son histoire récente sans complaisance et sans s’autocensurer, semble-t-il. (voir l’admirable « Valse avec Bachir », un de mes préférés 2008. Encore une œuvre forte, une réflexion complexe sur les conséquences des exactions commises par l’armée israélienne.



C’est aussi le cas d’ "OSS 117 : Rio ne répond plus" de Michel Hazanavicius avec bien sûr, l’inclassable Jean Dujardin. Cette comédie parodique, toute en clins d’œil, en référence aux populaires films d’espionnage des années 60, et à toutes les conventions du genre depuis les James Bond à Hitchock. J’avais aimé et beaucoup ri au 1er opus de la même équipe « Le Caire, nid d’espion ». Alors en route pour Rio avec Hubert Bonisseur de la Bath et son indécrottable franchouillardise ! Des répliques, une attitude générale déjà cultes !

De ces films attendus, vous avez sans doute entendu parler mais les Rencontres ne seraient pas ce qu’elle sont si elles ne vous proposaient pas de découvrir des œuvres moins portées par les grands médias, et pourtant tout autant fortes et essentielles.
C’est le cas de « Tulpan », film remarqué à Cannes en 2008, qui nous entraîne au Kazakstan pour une comédie originale et dépaysante. Asa veut épouser Tulpan qui ne veut pas de lui à cause de ses oreilles trop décollées ; c’est dans les steppes une raison forte pour ne pas se marier, ce qui me semble assez différent chez nous si j’en juge par Carla et son petit Nicolas (rires attendus !). La beauté sauvage du film, des paysages, l’ambition artistique ont fait s’imposer cette comédie de l’inconnu Sergey Duortsevoy. A découvrir dès le 6 mai à Rieupeyroux !

Essentielle aussi, l’œuvre de Jia Zhang Ke, le plus grand cinéaste chinois, à mon avis. Quoique encore jeune, Jia est l’auteur d’œuvres mémorables comme « Platform », « The world » vu ici en 2005, « Still life » primé à Venise en 2006 et très bien accueilli à Rieupeyroux en 2007. Jia continue à nous faire découvrir et à nous interroger sur la Chine contemporaine, à sa modernité féroce. Ce sont les personnages, leurs regards que Jia met au centre de ces films, comme en témoignait l’admirable travelling ouvrant « Still life ». Un talent indéniable, un regard artiste et humaniste sur son pays, Jia Zhang Ke est un des cinéastes majeurs de notre temps.

Deux comédies à succès à découvrir en famille :


"LOL" avec Sophie Marceau en mère de famille confrontée au désordre amoureux de son adolescente Lola et à son propre désarroi personnel. Tout ça en s'aimant beaucoup et en riant (LOL = mort de rire en branché ado parigo). Que demander de plus ? C'est français, fier de l'être et Sophie Marceau est une des comédiennes préférées des français. Les
temps ne sont pas si graves. Rions donc !
"Le code a changé" de Danielle Thompson convoque les 3/4 des acteurs "banquables" français pour un dîner de famille, de retrouvailles douces (hypocrisie de rigueur), amères (les chagrins sous l'humour forcé). Changements de décors, de tonalité, de sentiments...tous les ressorts de la Comédie. Et puis un film avec Dany Boon, Patrick Bruel, Arditi, Karin Viard, Marina Foïs...et j'en passe, peut-il être mauvais. Si oui, le signaler aux Rencontres! Mais il y a toujours un acteur ou une actrice à aimer... Marinas Hands, E.Devos ...!?


Un dessin animé à succès à destination des enfants : "Volt star malgré lui".
Volt est un chien starisé par la T.V. et confronté à la réalité d'aventures qui vont révéler ses capacités à se montrer un véritable héros. Volt en a t-il l'étoffe ou plutôt les touffes du héros ?


Autre cinéma que nous aimons retrouver, le inéma italien qui nous revient avec une comédie enlevée, drôle, visible par tous
« Le déjeuner du 15 août », découvert au festival de Montpellier. Je ne connais pas le réalisateur Gianno DiGregorio, mais depuis sa découverte, il semble pouvoir incarner un renouveau de la comédie italienne, avec en particulier des figures marquantes, celles des vieilles dames dont Gianni le héros à la charge. Un drôle de 15 août, à Rome, vous dis-je !!

Des comédies françaises aux tonalités fort différentes :
«Cyprien » de David Charhon avec Elie Semoun, Léa Drucker et Laurent Stocker, autour d’un personnage attachant, extrêmement timide avec les filles, sorte de rêve inaccessible pour lui. Une comédie drôle sans Kad Merad ou Dany Boon, cela existe donc !


«La première étoile » de Lucien Jean-Baptiste avec Bernadette Lafont est une comédie familiale qui semble trouver son public (1 400 entrées/copies en 1ère semaine). Une famille guadeloupéenne à la neige et des gags, des scènes plus ou moins attendues, mais sympathiques. A découvrir en famille.



Dans un registre plus grave, totalement différent, le dernier film de Claire Denis, « 35 Rhums » avec le très bon Alex Descas. Ce film met en scène un père élevant seul sa fille depuis longtemps et il voit pointer le moment où il faudra qu’ils se séparent. C’est souvent touchant,l’humanité des personnages de Claire Denis estpatente. Le réalisme des situations sociales nous change des milieux artistiques, des professions libérales, des milieux friqués, où se complaisent bien des comédies familiales
françaises.

Enfin,une soirée spéciale avec la projection du film « Gerboise bleue » de Djamel Ouhab. Cette soirée débat du vendredi 17 avril nous permettra de rencontrer des appelés du coin ayant vécu les premiers essais nucléaires français, dans le Sud algérien à partir de 1960. Ces membres de l’AVEN association des vétérans des essais nucléaires, ont mené une lutte pour la reconnaissance de leurs droits, de victimes du nucléaire. M ; Morin a présenté un projet d’indemnisation il y a peu. Un film et une rencontre au cœur de l’actualité donc, qu’en tant que président de « Serènes Sereines », je tenais à proposer. Une réflexion sur les dangers du nucléaire, quelques jours avant la commémoration annuelle du Tchernobyl day, quelques jours après la découverte du problème posé par les inertes, déchets produits lors de l’extraction dans les mines d’uranium (voir Pièces à conviction )…quelques années seulement après que Chirac ait voulu reprendre les essais nucléaires en Polynésie (1996) ! Un sujet brûlant et un pan de notre histoire que ce documentaire sort de l’ombre et du secret dans lequel on l’a longtemps confiné. Je sais que nous serons nombreux !

Guy Pezet


 
      MARS
 

Le mois de toutes les animations… et donc de bien des rencontres.


C’est une des raisons d’être de l’association et un des moyens de se développer, de croiser des publics, d’échanger avec des partenaires culturels engagés dans des actions culturelles dans notre région.

En partenariat avec les espaces culturels villefranchois, sera projeté le 11 mars à 21h «Company » de Robert Altman, comédie se déroulant dans le milieu de la danse. Cette projection, en présence de danseurs en résidence à Villefranche, sera précédée d’un court-métrage sur la danse contemporaine. L’occasion d’un échange sur deux arts complémentaires : danse et cinéma.

Dans le cadre du festival régional « Zoom arrière », en partenariat avec la cinémathèque de Toulouse, nous vous proposons de découvrir ou de revoir « Le roman d’un tricheur » de Sacha Guitry, film tourné en 1936. C’est un de ces trésors dont recèle la cinémathèque et la projection du film sera accompagnée par M. Gauthier, conservateur de la cinémathèque, habitué de festival de septembre. Sacha Guitry, acteur et réalisateur du film, vient comme chacun sait du théâtre et les comédies qu’il tourne à partir de 1934-35, gardent la trace de cette importante expérience. Les dialogues font mouche, la comédie est décapante parfois (voir le cynisme peut-être ?), et souvent drôle. Un film qui peu à peu s’impose comme un classique du cinéma français d’avant-guerre. A voir ou revoir le 18 mars à 21h.

Enfin, en apéritif du festival 2009, une soirée spéciale consacrée au cinéma iranien, en présence de Mojdeh Famili, fidèle des rencontres dont la culture et les savoirs éclairent les films venus d’Iran et d’Afghanistan. Rappelez-vous le festival 2007 et son intervention après la projection des films de Kiarostami ou Atiq Rahimi en 2005 ? Mojdeh interviendra au sujet du film multiprimé dans les grands festivals internationaux (Montréal-Pessac…)« Pour un instant la liberté » de Arash T. Riahi, cinéaste iranien vivant en France. De ce film consacré à l’exil, à ses difficultés, à travers l’histoire de 2 enfants, en quête d’Europe et de liberté, je ne peux pas parler davantage, ne l’ayant pas vu. Je vous invité à le découvrir dans le cadre d’une soirée festive du nouvel an iranien, avec Mojdeh pour maître d’œuvre. Cette mise en bouche pour une grande journée afghane et iranienne durant le festival 2009. Tous à Rieupeyroux le samedi 21 mars à partir de 19h pour un buffet iranien et à 21 h pour ce rendez-vous qui nous tient à cœur.


 
      FEVRIER
 

Excuses à tous pour "Slumdog ", film qui nous a été retiré car son succés aux Oscars a poussé des grandes salles à le demander et elles assurent un grand nombre de passages au film! Notre choix pertinent a été validé officiellement, mais finalement à nos dépens. Pour être avertis de tout changement, consultez le répondeur, donnez votre e-mail aux Rencontres.

Bravo aux Césars pour le couronnement de "Séraphine" de Yolande Moreau, des "Plages d'Agnés", film que nous avons soutenu bien haut dans cette chronique. Des grandes salles vont les reprendre, allez-y, exigez de les voir !

Le Varda est un petit miracle, un bonheur de cinéma, humble et ambitieux à la fois, comme seule cette grande dame du cinéma français sait en fabriquer!

Et tant mieux que les "Ch'tis" ne soient pas au palmarès vu les grands films nominés ("Le conte de Noël", "La vie moderne", "Entre les murs"...)! L'académie des Césars est libre de ses choix et on peut s'en réjouir. En effet,avec "Lady Chatterley" de Pascale Ferrand et avec "La Graine et le mulet" de Kechiche, l'académie a su mettre en avant de grandes oeuvres, des films marquants de ce début de siècle.

Que Dany Boon rejoigne Leconte et Lelouch au rang des pleureuses et qu'il casse les critiques et professionnels sans se demander si la logique du tiroir caisse, la seule logique des chiffres, a une quelconque légitimité esthétique, cela me surprend tout de même ! C'est bien du 7eme art dont on parle !

Et quant aux grands médias et aux journaux populistes, leur démagogie m'écœure. Que 60% des sondés pensent que le film de Dany Boon devrait être nominé me fait rire. Ont-ils vu au moins 50 films français et en particulier les meilleurs si peu diffusés dans les complexes et les centres villes ? Peuvent-ils juger quand ils n'ont pas vu... ou pas écouté (même débat parfois pour les Victoires !). Comme si je mêlais de dire quelle est la plus grande messe (la plus belle !) entre celle de St Denis, de Lourdes, de Rieupeyroux, ou de Notre Dame de Paris, alors que je n'y vais pas. Que Dieu bénisse les artistes et les gens qui font honnêtement leur travail sans se préoccuper des données commerciales, des sommes engrangées, de l'aura médiatique ! Vivement Cannes et d'autres sélections, d'autres palmarès !

Guy Pezet




 
      Newsletter janvier 2009
 

Bonne année 2009 à tous les amis des rencontres, à tous ceux qui nous aident, à tous ceux avec qui nous travaillons depuis maintenant plus de 10 ans sur Rieupeyroux, dans le cadre de l'intercommunalité et plus largement aux niveaux départemental et régional !

Comme vous pourrez en juger par le programme de janvier, de grands films sont à découvrir, jeunes cinéastes talentueux comme auteurs confirmés, avec toujours pour ultime critère, notre amour du cinéma, notre envie de vous le faire partager, notre désir de défendre le 7ème art que d'aucuns voudraient ramener à un simple divertissement (voir lettre de février 2009, où je parlerai du rapport Auclaire pour Madame Albanel).

Mon palmarès 2008 des films vus à Rieupeyroux

1. Into the wild - U.S.A.- de Sean Penn
2. Valse avec Bachir - Israël - d'Ari Folman
3. Le Conte de Noël - France - d'Aranud Desplechin
4. Entre les murs - France- de Laurent Cantet
5. Lust caution - Taïwan/USA - d'Ang Lee
6. There will be blood - USA - de Paul Anderson
7. La vie moderne - France- de Raymond Depardon
8. Le silence de Lorna -Belgique - des frères Dardenne
9. Capitaine Achab - France- de Philippe Ramos
10. ex aequo Séraphine - France - de Martin Prouvost
& Juno - USA de Jason Reitman.

Je n'ai pas retenu le film de Woody Allen, à mon avis décevant, ni celui des frères Coen, esthétiquement réussi mais dont les personnages ne me touchent pas. C'est une des difficultés pour moi du cinéma "post-moderne" réécrivant parfois brillamment un genre, mais me laissant froid.
Le cinéma français se taille la part du lion et c'est une confirmation de renouveau (voir 2007) avec des cinéastes arrivant à maturité (Desplechin, Cantet ), avec des jeunes talents comme Philippe Ramos, une capacité à mettre en scène de façon originale, risquée parfois des acteurs remarquables comme Yolande Moreau, Denis Lavant, Guillaume Depardieu et toujours Catherine Deneuve ou Mathieu Amalric... et donc des personnages forts.

* Mention spéciale pour un moyen métrage boomerang, "Merde" de Léos Carax avec l'immense Denis Lavant, un des trois films constituant "Tokyo". Carax de retour, cela serait une bonne nouvelle supplémentaire pour le cinéma français.
* Enfin des oubliés, proches de la 10ème place comme "Versailles", de Pierre Schoeller, "Une belle personne" de Christophe Honoré désormais habitué de mon palmarès, "Dans la vie" de Philippe Faucon, déjà remarqué pour "La trahison" en 2005. Encore des cinéastes français, encore des noms que nous retenons et auxquels nous essayons de rester fidèles.

LES FILMS DE JANVIER

Un film événement, une oeuvre rappelant à quel point le cinéma est question de mise en scène, de choix esthétiques, "Hunger" de l'écossais Steeve Mac Queen. Ce vidéaste connu pour ses installations vidéo, passe au cinéma et signe une oeuvre forte autour du combat suicidaire mené par les militants terroristes de l'IRA contre l'inflexible pouvoir britannique personnifié par la voix de Margaret Thatcher. Le film s'intéresse à quelques figures, dont celle centrale de Bobby Sands, au moment de leur emprisonnement et de leurs luttes dites "grève des couvertures, grève de l'hygiène, grève de la faim" pour en finir, en 1980-1981. C'est le corps, la chair comme ultime étendard de la résistance de ces jeunes militants catholiques qui a intéressé Mac Queen. C'est lui qui occupe l'essentiel de l'image. Ce film dur, impressionnant, aurait pris la 5ème place de mon palmarès 2008, mais je l'ai vu à Paris et je ne peux que chaudement le recommander à tous. Ce film a obtenu la caméra d'or 2008 à Cannes, comme meilleure première oeuvre.

- Trois grands auteurs américains reconnus et dont les films sont très attendus ici : "Two lovers" de James Gray, "L'échange" de Clint Eastwood, "Burn after reading" des frères Coen.
James Gray est sans doute le moins connu des trois même si "Little Odessa" et "The yards" l'avaient imposé comme un cinéaste talentueux, capable de mettre en scène de remarquables thrillers sociaux. En 2007, "La nuit nous appartient" confirmait sa place de cinéaste qui compte. Il nous revient cette année avec un mélodrame sentimental, d'un romantisme exacerbé, qu'il mène comme un thriller autour du débat racinien qui agite son héros entre un mariage de raison et l'amour passion instinctif pour une belle voisine, une "femme d'à côté". C'est Joaquim Phenix qui porte ce rôle avec l'intensité dramatique que l'on pouvait attendre de lui après sa prestation dans "La nuit nous appartient".
• Pour Clint Eastwood, il renoue avec "L'échange", avec le drame, s'inspirant cette fois d'un fait divers célèbre des années 30 : une disparition d'enfant, une recherche éperdue, une restitution qui sonne faux, même si la mère l'accepte.... C'est Angelina Jolie qui joue la mère et que nous découvrirons pour une des 1ères fois dans un grand rôle, dirigé par un grand metteur en scène. Si, comme on le dit, ce film se rattache plutôt à la veine "Mystic river" d'Eastwood, c'est pour moi très attirant, car cela me semble son meilleur film et de loin des années 2000.
• Avec "Burn after Reading", les frères Coen renouent avec la comédie hilarante et leur savoir-faire est là indéniable. Chaque passage TV du "Big Lebowsky" le confirme, les Cohen savent faire rire et leur dernier opus marche fort. Avec Georges Clooney et Brad Pitt, mais aussi Malkovich et Mac Dormand, les Cohen ne sont pas loin d'avoir trouvé l'affiche idéale et leur sens de la loufoquerie fait merveille.

* Et le cinéma français ? - me dira-t-on.
• Bien sûr, nous proposons le second volet de "Mesrine, l'ennenmi public n°1", qui prolonge jusqu'à son dénouement tragique la trajectoire très médiatisée pour l'époque, de ce criminel que Vincent Cassel incarne avec force et talent (César en vue ?).
• Mais mon coup de coeur va à "Louise-Michel" des compères Kerven et Délépine, dont nous avions montré au festival 2006 les deux premiers films, un rien dérangeant "Altra" et "Avida". Les discussions furent animées, tant le souffle nouveau que les deux cinéastes font souffler sur la comédie sociale, politique peut surprendre. Ici, avec Louise/ Yolande Moreau et Michel Bouli Lanners, ils se situent au coeur des débats économico-politiques actuels et le traitement du sujet est explosif. Cela peut être bête et méchant, sophistiqué et dadaïste, mais c'est toujours drôle et féroce. Programmé le 28 janvier, c'est sans doute le meilleur apéritif qui soit pour la journée du 29 janvier, que l'on annonce historique !
• Autre film français original "Le plaisir de chanter" de Duran Cohen avec Marina Foïs, Jeanne Balibar, quelques unes de ces actrices soucieuses de se renouveler, de se mettre en danger, de faire leur travail d'actrice, un travail total : corps, voix, expression. Cette comédie chantée mêle espionnage et comédie musicale avec beaucoup de fraîcheur, de talent. Duran Cohen un cinéaste à suivre !

* N'oublions pas le jeune public et donc "Madagascar 2" pour ce premier week-end de janvier, suite réussie, supérieure dit-on au premier volet. C'est un film à voir en famille bien sûr !
De même le 14 janvier, "Le voleur et un drôle de moineau", film iranien choisi pour le ciné-goûter pour les enfants dès 4 ans. Ces ciné-goûters mêlent plaisir du cinéma, plaisir du partage, des papilles avec le goûter offert aux enfants par les Rencontres et nos meilleurs boulangers pâtissiers.

De grands moments donc, en attendant la grande messe bio de février "Nos enfants nous accuseront" le mercredi 4 à 21h... mais aussi "Les plages d'Agnès", "Le barrage contre le pacifique", de Rithy Pan avec Isabelle Huppert, future présidente cannoise, et aussi dans le plaisir de voir et revoir "Ivanhoé" avec Robert Taylor et Elisabeth Taylor.

Guy Pezet




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