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       accueil >> la salle de cinéma >> archives >> newsletters 2008

 
      Newsletter décembre 2008
 

Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008 pour « Syngué Sabour »

Non, vous ne vous êtes pas trompés de site ! Vous êtes bien sur le site des Rencontres…et une nouvelle fois, nous sommes fiers de notre programmation et des rencontres que nous vous avons proposées : Atiq Rahimi est venu à Rieupeyroux au festival 2005, présenter et commenter son beau film « Terre et cendres », adaptation lumineuse de son premier roman du même nom, paru en 2000 chez POL.
Que de grands noms sont venus à Rieupeyroux ces dernières années : Terry Jones, Cristian Mungiu, Atiq Rahimi… Qui dit mieux ?

Soirée débat autour du film « Les bureaux de Dieu » de Claire Simon

Avec ce film, présenté à la quinzaine des réalisateurs à Cannes, Claire Simon rend hommage à ces lieux de paroles, d’écoute, d’échanges vitaux et libres qu’ont été et sont encore les permanences du Planning familial. Ici, ce sont aussi de grandes actrices comme Nathalie Baye, Nicole Garcia, Anne Alvaro, Isabelle Carré qui se glissent parmi les conseillères du planning. Ils sont au cœur d’une fusion réussie entre réel et fiction, qui nous plonge au cœur de toutes les luttes menées dans les années 60 par les femmes, tout en soulignant combien ces luttes contre le silence, l’ignorance sont encore d’actualité. Diffusez donc la bonne nouvelle, ami(e)s des Rencontres « Les bureaux de Dieu » seront ouverts, visibles par tous le mercredi 17 décembre à 21h à Rieupeyroux, en présence d’une représentante du Planning familial.

Programmation de décembre

Comme en novembre, la programmation de ce mois –ci fait une large place au cinéma français qu’il soit soutenu médiatiquement comme « Mesrine », ou plus confidentiel. C’est l’occasion de retrouver des cinéastes que nous avons délà programmé et que nous avons aimé :

C’est le cas de Rabah Ameur-Zaimeche, dont nous découvrirons « Dernier maquis », film fort, politique au large sens du terme, qui pose les problèmes de la religion, de l’entreprise, à travers l’histoire d’un patron musulman décidant d’ouvrir une mosquée dans une zone industrielle en crise. Après « Wesh Wesh », un des meilleurs films sur nos banlieues, et le remarquable « Bled number one » qui confrontait un jeune immigré vivant en France au bled algérien dont il était originaire, Ameur Zaimeche signe une nouvelle fois un film fort, dérangeant. ( exceptionnellement diffusé lundi 15 à 21h ).
Avec « Khamsa » de Karim Dridi, c’est l’univers de « Bye-Bye » que nous retrouverons, celui d’une Marseille ouvrière métissée, où se déroule d’histoire de Marco, jeune gitan de 11 ans. Film d’action émouvant, drôle parfois, Khamsa est aussi fait de moments tendus, forts autour de la figure de ce jeune ado inoubliable. Nous avions vu en 2007 « Hors jeu » du même réalisateur lors du festival et de la journée sur les seconds rôles. Mais cette fois-ci, le cinéaste renoue avec un cinéma plus proche de la réalité sociale de grandes métropoles françaises.
Ces deux films français de cinéastes issus de l’immigration des années 50/60 sont très attendus, portés par la critique après Cannes pour « Dernier maquis », et les festivals de l’été et de l’automne pour « Khamsa ». Il serait dommage qu’ils ne trouvent pas leur public à Rieupeyroux où les films politiques, sociétaux ont toujours occupé une large place.

Deux autres cinéastes français importants sont à l’affiche d’un film présenté lui aussi à la quinzaine à Cannes, je veux parler de « Tokyo ! », film en trois chapitres réalisés successivement par Michel Gondry, Léos Carax et le coréen Joon-Ho Bong, l’auteur du terrifiant « The host » un des films majeurs de 2006.
Michel Gondry nous a convaincu cette année avec le sympathique « Soyez sympa, rembobinez », film constamment drôle, croyant pleinement au cinéma, confirmant l’écho favorable accompagnant « Europa », « The eternal sunshine »…
Pour Léos Carax, c’est le retour attendu d’un des artistes majeurs des années 85/90. Après « Mauvais sang », « Les amans du Pont Neuf » et « Pola X », revoici notre cinéaste le plus ambitieux avec Denis Lavant comme acteur principal. « Merde » donne à Lavant l’occasion de camper une créature terrifiante, sortie des égouts de la ville. Quand on connaît les capacités dramatiques de cet acteur hors norme, on ne peut que se réjouir de pouvoir découvrir « Tokyo ! ».

Autre découverte féminine celle-là, celle d’Ursula Meier, cinéaste suisse qui propose un film original, dont les médias ont beaucoup parlé « Home ». Cette comédie/fable dramatique se déroule dans un paysage singulier : une maison isolée, une autoroute hors d’usage et deux formidables acteurs : Oliver Gourmet et Isabelle Huppert. La grande Isabelle, capable de jouer juste tant de situations et de personnages originaux, confrontés à la douce folie inquiétante du quotidien. Pour moi, Isabelle Huppert est la plus grande comédienne en activité et chacune de ses compositions un plaisir à partager entre amis. Ce sera déjà 2009 et notre année cinématographique commencera sous de très bons auspices.

En effet, décembre est le temps des fêtes et les plus jeunes ne sont pas oubliés par notre programme. Ce sera d’abord autour de Noël « Vilaine », une comédie à voir en famille avec Marylou Berry dans le rôle d’une méchante/gentille fille. Marilou Berry a de qui tenir (fille de Josiane Balasko et Richard Berry) et le public l’a déjà reconnue (voir les bons chiffres de la première semaine du film).
Ce sera ensuite « Mia et le migou » de J. Rémy Girerd, l’auteur de « La prophétie des grenouilles », film que nous avions beaucoup aimé. « Mia et le migou » sont leur dernière production, et nous brûlons de retrouver leur univers merveilleux, original.

Je ne parlerai pas trop du dernier James Bond « Quantum of solace » de Marc Forster, avec Daniel Craig et l’acteur le plus demandé de ces années 2000, Mathieu Almaric. A mon avis, le meilleur comédien de ces dernières années (voir le magnifique « Conte de Noël » de Desplechin) capable de se glisser dans tous les univers, tous les genres…

De même, pour « Mesrine », figure médiatique clef de la fin des seventies au même titre que Coluche. Que J-F Richet, cinéaste engagé, consacre deux films à ce bandit, ennemi/ami public d’une société en mal d’icônes, en dit long sur la trace, l’aura médiatico-littéraire du personnage (réécouter aussi la chanson d’Higelin « Lettre à la p’tite amie de l’ennemi public n°1).

Le film de Richet, comme celui de De Caunes sur Coluche, interrogent cette époque, où ces icônes « populaires » vont être concomitantes de la victoire du politique, celle de François Mitterand, victoire gonflée d’espoirs et de désespoirs difficiles à mesurer, si j’en juge par le beau film d’Antoine de Caunes.

Pour un petit retour sur novembre, je ne peux m’empêcher de mettre en avant « Séraphine » et l’extraordinaire performance de Yolande Moreau, à mon avis supérieure à celle de la multiprimée Marion Cotillard, môme Piaf surmaquillée. A ce degré d’intensité et de rayonnement, ils sont peu nombreux et je ne vois que Guillaume Depardieu dans « Versailles », autre grande découverte automnale, ou le Mathieu Amalric du « Conte de Noël ».

Bonnes fêtes de fin d’année.

Guy Pezet


 
      Newsletter novembre 2008
 

Pour novembre, une soirée exceptionnelle s’annonce pour le vendredi 28 novembre à la salle, avec la présence du réalisateur Jean Périssé venu montrer son film «L’Occitanienne ». Ce film produit en Midi-Pyrénées met en scène un épisode des « Mémoires d’Outre tombe » se déroulant à Cauterets. C’est la rencontre amoureuse entre Chateaubriand et une jeune noble toulousaine qui est au cœur du film, sous l’œil curieux d’un veilleur de nuit (joué par Roger Souza). C’est Bernard Le Coq, star de la télévision, connu de tous, qui joue le rôle du grand écrivain. Sera-t-il des nôtres le 28 ? Nous ne pouvons encore l’affirmer, mais le débat avec Périssé sera déjà un moment fort enrichissant. La soirée se prolongera autour de tartines à déguster.

Quant à la programmation de novembre, elle va nous permettre de nous faire une idée du cinéma français.
En effet, la programmation alterne, autour du très attendu « Vicky Christina Barcelona » de Woody Allen, une palette de productions françaises très différentes réalisées par des réalisateurs plus ou moins expérimentés, mais tous prometteurs.

C’est ainsi que nous découvrirons trois films de cinéastes jeunes et peu connus mais dont les œuvres ont reçu un bon accueil critique et public :

- « Séraphine » de Martin Provost, sorte de biographie d’une artiste peintre longtemps peu connue, que l’on peut rapprocher du Douanier-Rousseau. C’est sa rencontre avec un collectionneur allemand qui l’emploie comme femme de ménage qui est au cœur du film. Porté par la remarquable Yolande Moreau, ce film est un petit bijou remarqué par tous, en particulier par ceux qui l’ont découvert à Gindou fin août. Dans une salle abritant souvent des expositions, dans un centre culturel faisant office d’artothèque, sa programmation s’imposait et nos amis de l’Atelier Blanc, avec lesquels nous avons déjà travaillé, sont aussi impatients que nous de découvrir le beau film de Martin Provost.

- « Rumba » de et avec Dominique Abel, F. Gordon et B Romy est une production franco-belge d’un trio remarqué pour leur premier opus « L’iceberg », vu en 2006 à Rieupeyroux. C’est encore une comédie fine qu’ils proposent autour de 3 personnages passionnés par la danse latino. Leur humour mêlant poésie et tendresse est souvent rapproché de celui de Tati ou des Deschiens, ce qui constitue une sacrée référence. Enfin de nouveaux acteurs et actrices comiques, voilà, je crois, une bonne nouvelle !

- « Go fast » d’Olivier Van Hoofstadt est un film policier français à l’action enlevée, avec poursuites, infiltration de filières du crime, grosses voitures chargées de produits illicites. Roscdhy Zem mène la danse avec brio, confirmant tout le bien que l’on pense de lui ici : il est bien l’acteur complet capable de passer des films de Téchiné au thriller ou à la comédie, comme un autre acteur phare de sa génération, Gilbert Melki. On retrouve aussi Olivier Gourmet dont la carrière impressionne aussi depuis sa révélation chez les Dardenne dans les années 95/2000. Un bon film d’action à travers la France et l’Espagne, avec tout le brio d’un film du genre, qui tient la route.

Des découvertes, mais aussi des cinéastes déjà confirmés ou pour le moins connus comme Laurent Cantet, et des œuvres plus portées par les médias, dessinant un paysage plus conventionnel du cinéma français.
Pour le cinéaste auteur reconnu portant au plus haut la capacité française à produire des œuvres importantes, bousculant le ronron de nos discussions, c’est bien sûr la reprise d’ « Entre les murs » de Cantet que je mettrai en avant. On ne ressort pas indemne de tels films qui interpellent car ils montrent avec justesse un milieu, ici le collège. Le film est remarquable par sa fluidité, son montage efficace et son absence de discours régulateur. En tout cas, il est bien supérieur aux débats d’anciens combattants qu’il suscite parfois. Une palme méritée à voir ou revoir déjà pour éliminer les scories de tous les débats autour, qui semblent parfois recouvrir l’œuvre primée.

Avec « Faubourg 36 », de Christophe Barratier, attendu depuis le succès public des « Choristes », c’est à la reconstitution historique, à la reprise de films du patrimoine que nous sommes confrontés. C’est l’époque du Front Populaire que reconstitue Barratier, autour d’un trio d’ouvriers du spectacle, profitant des lendemains qui chantent pour se lancer dans une belle entreprise. La chanson, le spectacle occupent ici une place centrale, comme la valse des sentiments qui réunit Jugnot (ex choriste), Clovis Cornillac et Kad Merad, auquel on ne peut plus échapper dans les productions françaises. Barratier donc, creuse son sillon du côté d’un cinéma populaire proche de la fameuse « qualité française ».

Avec Antoine de Caunes, « Coluche, l’histoire d’un mec », c’est au genre biopic que nous sommes confrontés. Après Piaf, Sagan, juste avant Mesrine, De Caunes retrace un épisode assez dramatique de la vie de Coluche, celui de sa candidature à l’élection présidentielle de1981. Ce film bien documenté et qui dérange nous permet de retrouver une icône sympathique de la vie culturelle et politique des années 80. Il est un des premiers à investir ave la force de son rire l’univers complet des médias de l’époque (radios, TV, journaux, spectacles). Cette épopée avortée, il me tarde d’en voir l’image qu’en donne le subtil Antoine de Caunes. De cette expérience, parfois douloureuse, sortirons les Restos du Coeur, puis la loi Coluche… un legs de poids, pour nos politiques soucieux de défendre leur pré carré de sérieux et respectabilité.

Vraiment un parcours complet dans une production française ambitieuse, éclectique, souvent capable de se démarquer de stratégies commerciales trop étroites ! Et donc le 19 et le 23 novembre en version originale, le cru barcelonais 2008 du sympathique Woody Allen. Toujours de grandes actrices Scarlett Johanson, Pénélope Cruz et un grand acteur espagnol Javier Bardem. Bien sûr, ce sont toujours les multiples possibilités du triangle amoureux, du discours amoureux, la complexité des relations humaines, qu’explore le cinéaste new-yorkais. Son humour indéniable, la chaleur de la métropole catalane, un cocktail explosif pour le dernier film du grand Woody ?

Quel beau refuge en cet automne pluvio-venteux que notre belle salle de cinéma et sa programmation de qualité !


Guy Pezet


 
      Newsletter octobre 2008
 

Bilan du festival

* Une bonne fréquentation (1850 entrées et plus de 100 forfaits pour les 4 jours).
À l'évidence un public fidèle, des têtes que l'on reconnaît, des passionnés qui nous font confiance et voient beaucoup de films. Deux phénomènes témoignent en faveur de cet engouement cinéphilique :
- Le monde présent aux avant-premières, le mercredi soir, pour "La vie moderne" de Depardon, et surtout le samedi soir pour "Entre les murs" sous le marché couvert (+ de 320 personnes) ;
- Une fréquentation en hausse pour les séances du matin (environ 80 personnes en général) pour des reprises de films importants des années 70/80.
* Une bonne programmation
De l'avis de beaucoup de spectateurs, la programmation mêlant documentaires et fictions souvent en prise directe avec les luttes, mais aussi l'évolution de la société de leur temps, était homogène et cohérente. Cette cohérence de nos choix, c'est à nous de l'établir, de l'expliquer, même si parfois un seul angle de présentation peut paraître réducteur pour certaines oeuvres.
Le lien géographique pour les 3 films d'Amérique Latine existant entre les 3 réalisateurs et réalisatrices, n'était pas anodin.
Le fait de programmer deux films de Depardon et d'Agnès Varda renforce cette idée de cohérence.
Bien sûr, le lien manifeste entre les documentaires du groupe Medvedkine et le travail de Jérôme Forni confirme cette évidence.
De même aussi, la fidélité à des cinéastes comme Marc Khanne, Jacques Mitsch, Christian Rouaud et bien sûr Cristian Mungiu nous inscrit dans une démarche cohérente, de fidélité à des artistes pour lesquels les spectateurs ont une sorte d'attente positive, qui est rarement déçue. L'impression d'être en territoire connu, même quand les oeuvres dérangent, crée une sorte de confort aidant à la réception des films.
* De riches rencontres
Tout d'abord, la présence d'un grand réalisateur européen à Rieupeyroux, Cristian Mungiu, de passage le vendredi sur le site en provenance du festival de Deauville où il était membre du jury, a été un événement majeur de l'année culturelle de toute notre région. Sa simplicité, la précision ferme de ses réponses, sa disponibilité de tous les instants sont la marque d'un grand cinéaste, capable de dialoguer sans effet de manche, avec tous. L'amour de son pays, sa volonté de tourner encore en Roumanie, cette impression de sérénité qui se dégageait de ses propos, m'ont profondément touché. A l'heure de notre star système triomphant, un grand cinéaste dialoguait avec le public des Rencontres, sans se soucier de son image, sans chercher à paraître. Une présence évidente donc, chaleureuse, émouvante (voir ici les échanges en roumain avec les jeunes lycéens de son pays).
Il en va de même aussi de la discrète mais constante présence de Jérémy Forni, présentant "Traces de luttes" le vendredi, discutant avec chacun sur le site jusqu'au dimanche, assistant à de nombreuses projections comme simple festivalier.
Retrouver Marc Khanne et Jacques Mitsch sur le festival, c'est maintenant devenu une habitude et c'est toujours pour nous un plaisir. Marc Khanne est un pédagogue dans l'âme et la clarté des ses explications scientifiques ou techniques est remarquable. Il enrichit ses documentaires par la qualité de ses commentaires.
Christian Rouaud venait pour la première fois pour présenter son film, portrait de Bernard Lambert. Homme de conviction, spectateur passionné, c'est un cinéaste engagé, acteur spectateur de bien des luttes menées en France depuis les années 70. La confrontation avec lui est fort enrichissante, me semble-t’il... Mme Lambert nous a fait la surprise de l'accompagner et il y a eu après la projection un grand moment émouvant et chaleureux d'échanges.
Christian Rouaud a pour projet de tourner un documentaire sur les luttes menées sur le Larzac dans les années 70. Cela nous intéresse déjà...


PROGRAMMATION D’OCTOBRE

Comme tous les ans, c’est la période de sortie des films les plus attendus du festival de Cannes et même de la Mostra de Venise. Nous retrouvons à l’affiche des films primés à Cannes et d’autres grands cinéastes auxquels nous sommes fidèles.
Cannes 2008 semble un bon cru si j’en juge par la qualité du « Conte de Noël » de Desplechin (vu en juin), par la force de « Valse avec Bachir », favoris injustement oubliés au palmarès. Cette impression s’est confirmée avec la découverte en avant-première d’ « Entre les murs » de Laurent Cantet, magnifique film de cinéma, fiction fluide et pertinente sur les enjeux de la relation pédagogique, et donc sur les enjeux véritablement politiques de ce passage par le collège à l’adolescence. Loin des débats oiseux et dépassés où se complaisent hommes politiques et faux pédagogues, le film aborde avec justesse, montre, donne à voir quelque chose d’essentiel dans les enjeux éducatifs, l’échange pédagogique, la communication, sa gestion dans la classe. Loin de la pose réactionnaire du « préparons l’avenir avec les recettes du passé », le film de Cantet et Bégaudeau met le doigt sur l’essentiel et cette vision est, pour moi, précieuse. (à revoir à Rieupeyroux début novembre).

Primé dans le même palmarès « Gomorra » de Mateo Garrone est l’une des œuvres attendues d’un festival qui a marqué un retour du cinéma politique italien. Adapté d’un livre reportage à succès sur la mafia napolitaine, Gomorra a obtenu le prix de la mise en scène. Cette fiction très documentée tord le cou aux images romanesques, aux fictions classiques sur la Camorra (voir le Parrain…) et leur mise en avant d’un certain nombre de valeurs positives (sens de l’honneur familial, fidélité à la parole donnée, devoir de vengeance…), plus ou moins ancestrales. Ici, dans cette baie de Naples pleine d’ordures, il n’y a pas d’autres lois que celle du crime, d’autre règne que celui de l’argent, d’autre couleur que celle du sang. Un univers bien plus impitoyable que celui de Dallas, et une réalité terrifiante à approcher !

Avec « Le silence de Lorna », les frères Dardenne déjà 2 fois palmés à Cannes, proposent comme à chacun de leurs films, une œuvre forte, qui nous touche profondément car elle interroge toutes les dérives de nos sociétés libérales, inégalitaires, sécuritaires. Chez les Dardenne (voir « L’enfant » ou « Rosetta »), l’urgence sociale c’est de survivre, de se battre pour arriver à une situation meilleure. Ici, c’est une sorte de rêve d’occident, le devenir belge et l’accès à la propriété de Lorna, une jeune albanaise.
Avec leur sens inné de la tension d’une scène, leur capacité à mettre en scène des jeunes acteurs inconnus du grand public mais toujours extrêmement émouvants dans leur quête dramatique, les Dardenne imposent une nouvelle fois leur vision sans concession de notre monde actuel. C’est aussi l’occasion de retrouver un des meilleurs acteurs français Jérémy Rénier, qui sert de fil rouge à l’œuvre que constitue les deux frères, depuis « La promesse » jusqu’à ce « silence de Lorna », en passant par « L’enfant ».

Puisqu’il s’agit ce mois-ci de grosses pointures, soulignons aussi la programmation du cinéaste coréen Hong Sang Soo pour « Night and day », en attendant peut-être « Woman on the beach » qui vient de sortir sur nos écrans. En quelques films au tournant des années 2000, Hong Sang Soo s’est imposé comme un cinéaste qui compte, un de ses auteurs dont l’œuvre est immédiatement reconnaissable (« Le pouvoir de la province de Kangwon » 1996, « Conte de cinéma » , « La femme est l’avenir de l’homme ». Féru de culture romanesque, picturale, cinématographique occidentale, il raconte ici l’histoire d’un peintre coréen en exil à Paris. C’est aussi l’occasion d’une errance amoureuse, assez caractéristique des personnages de ses films. Cinéaste de la légèreté, de la fluidité des mouvements de caméra, du sens du cadre, c’est un artiste qu’il convient de découvrir.

On retrouve aussi des cinéastes reconnus à l’affiche de ce beau mois d’octobre, comme Mike Leigh et Agnès Jaoui.
Mike Leigh nous revient avec une comédie au titre engageant par les temps qui courent « Be happy ». Même s’il n’abandonne pas le registre social, c’est une comédie tour à tour drôle et en même temps féroce qu’il propose. On est assez loin du mélo « Secrets et mensonges » qui avait obtenu la Palme d’Or il y a une dizaine d’années ; pour le meilleur et pour le rire, du moins je l’espère.

Il paraît que l’on rit beaucoup au dernier Jaoui/Bacri « Parlez-moi de la pluie »et c’est une bonne nouvelle. C’est une bonne nouvelle tant ce cinéma a besoin d’air, de vrai comique pour exister. L’arrivée dans ce monde de Jamel Debouzze est, à elle seule, digne d’intérêt. Echapperons-nous au Jamel D faisant du Jamel D., un suspense comme les aime un certain cinéma français ?

Question cinéma français, s’il est un cinéaste que nous suivons avec amour et passion parfois, c’est bien Christophe Honoré, à l’affiche ce mois-ci avec « La belle personne ». Après « Dans Paris » et « Les chansons d’amour », Honoré s’intéresse une nouvelle fois aux jeunes confrontés à l’amour, à la mort, dans une histoire inspirée de l’excellent roman de Madame de Lafayette « La princesse de Clèves », vieillerie dédaignée par notre Sarkozy national, et brillamment remise au goût du jour par Christophe Honoré. Nous retrouvons aussi Louis Garrel, jeune premier romantique qui s’impose comme un des bons acteurs français et l’excellent Grégoire Leprine-Ringuet, déjà vu à son avantage dans les si belles « Chansons d’amour ».

Toujours dans le registre de la comédie à la française, une comédie sociétale qui a trouvé son public « Comme les autres » de Vincent Grenq qui traite de l’homoparentalité, avec Lambert Wilqon et Pascal Elbé. Jamais lourd, souvent drôle, un premier film à découvrir en famille ! De même pour « La fille de Monaco » d’Anne Fontaine, à la carrière en dent de scie mais qui est capable d’audace et de bien diriger de grands acteurs, ici Luchini, Roschdy Zem et la débutante et fort balle Louise Bourgoin. Le très difficile et craint critique des Inrock, Serge Kagamsky a beaucoup aimé et il nous tarde donc de nous rendre compte par nous-même de ce retour aux affaires sérieuses d’Anne Fontaine (voir « Nettoyage à sec »).

A bientôt pour un sacré mois de novembre avec Cantet, W. Allen, peut-être Bela Tar, Hong Sang-Soo et bien d’autres cinéastes reconnus.


 
      Newsletter août 2008
 

Des vacances... à la campagne

Bien sur il y a le bon air vif de chez nous, bien sûr il y a eu le Tour de France, bien sûr que les traditions, la gastronomie, la langue occitanes sont attractives et exotiques, bien sûr que les petites fêtes votives sont sympas.. mais pour des vacances réussies, rien ne vaut un petit détour au cinéma de Rieupeyroux avec encore une programmation éclectique, riche de bonnes surprises.
Fidèles au poste, tout en attendant fébrilement le festival du 10 au 14 septembre 2008, pour lequel nous travaillons d'arrache pied, nous vous attendons nombreux dans notre chère salle. Du beau cinéma, il y aura à voir et nous serions malheureux de ne pas partager ce plaisir avec vous.

Des films cannois

Dès juin, sortent toujours quelques uns des bons films cannois. C'est le cas cette année de deux excellents films, souvent cités par les médias pour la Palme, mais oublié du palmarès :

Tout d'abord, dès le mercredi 23 juillet à 15h et 21h, "Un conte de Noël" d'un de nos meilleurs réalisateurs Arnaud Desplechin, depuis "La sentinelle", Desplechin s'est imposé comme un auteur original, fidèle à un groupe d'acteurs qui s’élargit peu à peu, capable de donner une vision moderne de nos relations amoureuses. (voir "Comment je me suis disputé..."), capable d'ausculter de façon très originale la famille ("Rois et Reines") et tout son potentiel comico-dramatique. C'est encore le cas ici, autour de Catherine Deneuve, Reine- mère (honorée par le festival cette année), entourée de Jean-Paul Roussillon, d'Emmanuelle Devos, mais surtout du grand Mathieu Amalric.

En août, pour terminer en beauté nos vacances cinématographiques, nous découvrirons "Valse avec Bachir" de l'Isrélien Ari Folman. De ce grand film de guerre, on a beaucoup parlé à Cannes, pour en souligner, à la fois l'originalité film d'animation, sorte de documentaire historique autobiographique), de la force (évocation terrible de la guerre du Liban dans les années 80 et du massacre de Sabra et Chatila, auquel l'auteur a participé). Qu'un tel film soit possible en Israël, voilà qui ne fait que confirmer tout le bien que nous pensons de ce cinéma depuis bientôt trois ans. Nous avons partagé des émotions fortes devant des oeuvres originales, capables de se confronter à la réalité de la situation politique et culturelle du pays : voir "Avanim" (2006), "The Bubble" (2007), "La visite de la fanfare" (2008), "Les citronniers" (2008)...

Des grands noms

Nous pourrons retrouver en effet, Kusturica, Scorcese, Tim Burton et Night Shyamalan, autant de grands noms du cinéma mondial.
Kusturica nous revient avec "Maradona", personnage fascinant, hors norme, comme les aime le génie yougoslave. De la démesure de l'un à celle de l'autre, c'est un film documentaire étonnant, engagé que propose Emir K. Avec en sus, la musique de Manu Chao!

Scorcese a toujours aimé le rock, la pop music et je garde un souvenir ému de "The last waltz", docu brillant consacré à la dernière tournée du Band. Ici dans "Shine a light", il filme avec de gros moyens la dernière tournée des Stones. C'est un film musical événement qui rencontre un beau succès, que vous ne devez pas manquer. Peut-être aurons-nous la recette de l'éternelle énergie du vieux Mick!

Pour Tim Burton, dont nous avons programmé toutes les oeuvres récentes, nous vous proposons de découvrir son tout premier film "Pee Wee", film pour tous qui nous entraîne dans l'univers burlesque du grand Tim, à travers son héros homme-enfant, Pee Wee. Une expérience rafraîchissante pour tous les spectateurs amoureux de l'inventif Burton, cinéaste capable d'adapter avec succès Roal Dalh dans "Charlie et la chocolaterie" que nous ne sommes pas prêts d'oublier.

Enfin cette semaine, "Phénomènes" le dernier opus de Night Shyamalan, sera sur nos écrans. Depuis "Le sixième sens", le réalisateur poursuit une oeuvre originale, fantastique le plus souvent, interrogeant notre société et son évolution inquiétante. Comment se comportent tous nos discours rationnels devant l'inexplicable, ce phénomène tragique hors norme ? Amoureux du genre, tous à Rieupeyroux.
Je n'ai pas cité Diane Kurys, parmi ces grands noms du cinéma mondial, mais à l'échelle hexagonale, c'est une cinéaste respectée, auteur de films populaires de qualité. Elle nous revient avec sa biopic de "Sagan", auteur célèbre des années 60, aussi connue par ses frasques que pour son oeuvre littéraire à la petite musique charmante. Dans la lignée Cotillard/Piaf, Sylvie Testud est une Sagan plus vraie que vraie, en attendant Coluche...Une certaine tendance du cinéma français semble se former avec les limites du genre à repousser ou à contourner! A quand une biopic de stars vivantes avec les vedettes dans leur propre rôle jouant leur propre vie ! Les maquilleurs vont avoir du travail ! Ils risquent d'être récompensés à Hollywood!


Des films pour tous et particulièrement les enfants, les ados

C'est le cas en cette fin de mois avec "Les chroniques de Spiderwick" de Marck Waters, film fantastique que je ne connais pas.
Il y aura aussi, à partir du 20 août "Le monde de Narnia" chapitre II - Le Prince Caspian". Le premier de cette série a connu un beau succès à Rieupeyroux comme ailleurs. On retrouve le royaume 1000 ans plus tard, sous le règne du terrible roi Miraz ; mais Prince Caspian veille! A lui de jouer et nous tous avec lui.


Enfin après la reprise estivale de la poule aux oeufs d'or du cinéma français "Bienvenue chez les ch'tis" dont nous avons déjà parlé, nous pourrons découvrir le 1er week-end de septembre "Wall-E" d'Andrew Stanton, le réalisateur du "Monde de Nemo". Ce film d'animation inventif, original s'adresse à tous depuis l'âge de 6 ans et Wall-E, le petit robot devant nettoyer la Terre, vide de ses habitants, est extrêmement sympathique... L'enfant qui sommeille en nous tous, me dit que c'est peut-être la bonne surprise de cet été.

On peut rajouter les "Tex Avery Follies", dessins animés des années 50, souvent géniaux avec leur humour délirant! Cette surprise devrait combler tous les amateurs du genre au début du mois d'août !

Des découvertes

Fidèles à nos principes, nous proposons des oeuvres de cinéastes peu ou pas connus, souvent présentés dans les grands festivals et remarqués par le public ou le jury.
Ainsi, "Et puis les touristes", film allemand de Robert Thalheim, parlant d'un jeune allemand effectuant son service civil à Auschwitz. Sujet grave et réflexion d'une grande profondeur sur l'histoire récente de notre chère Europe.

De même, "La soledad" qui sera projeté deux fois le dimanche 27 juillet à 17h et 21h. Ce film espagnol de Jaime Rosales se déroule à Madrid et met en scène deux itinéraires de vie, deux femmes actuelles, à des moments clefs parfois dramatiques de leurs destins.

Début septembre, nous retrouvons un cinéaste norvégien Bent Hamer et son humour décalé avec son dernier film "La nouvelle vie de Monsieur Horten". C'est l'histoire d'un cheminot à la retraite qui se retrouve dans de drôles de situations et qui va au devant d'aventures hors du commun et de rencontres insolites. A découvrir après le premier film "Kitchen stories" que nous avions projeté à Rieupeyroux
Enfin, car nous n'avions pas retenu leurs premières oeuvres, "La brèche de Roland" et "Peindre ou faire l'amour", nous pourrons découvrir "Le voyage aux Pyrénées" des frères Larrieu, fidèles à leur région natale.
Avec une Sabine Azéma en roue libre, un savoureux Jean-Pierre Daroussin, cette comique dramatique inclassable confronte un couple de comédiens connus à la nature pyrénéenne, à son attendue solitude...
Se perdre pour mieux se retrouver ou le contraire ? Se retrouver pour mieux se perdre ? Des enjeux cruciaux pour un couple vraiment détonnant. Prenez vos meilleures chaussures à vos pieds et tous en route pour ce voyage aux Pyrénées.


Guy Pezet



 
      Newsletter juin 2008
 

Un french Cannes Cannes

Saluons d’abord comme il se doit, la palme d’Or attribuée à l’unanimité au film de Laurent Cantet « Entre les murs » d’après le récit de François Bégaudeau. Ce fut un grand moment d’émotion, de fraîcheur et le couronnement d’un cinéaste dont nous suivons attentivement la carrière.
Depuis le remarquable « Ressources humaines », nous savons que le cinéma de Cantet mêle fiction et réalité ; fiction et reportage dans un milieu, l’usine peu montré avec cette vérité au cinéma. Le très bel « Emploi du temps » sur l’affaire Roman, avec un exceptionnel Aurélien Recoing avait plus que confirmé le talent entrevu de Cantet. Après « Vers le Sud », son cinéma engagé en ce sens qu’il se confronte aux réalités sociales, culturelles de son époque, se voit reconnu. Sean Penn avait annoncé la couleur, son jury l’a suivi, des films en prise avec la politique, le sociétal se trouvent distingués par le palmarès.
Parmi eux, aussi, à travers la récompense de Catherine Deneuve, un film français très bien accueilli à Cannes et en salle, le « Conte de Noël » d’Aranud Despléchin, dont nous reparlerons en juillet.

Un festival de qualité, propulsant sur le devant de la scène médiatique, des films venus de tous les continents, des œuvres d’artistes créateurs, ignorés souvent par les circuits commerciaux.

Bon an, mal an, 75% des meilleurs films d’une année sont en sélection à Cannes, que ce soit en sélection officielle ou dans les sections parallèles, en particulier, à la quinzaine des réalisateurs, qui fêtait ses 40 ans. Ce fut le cas l’an dernier, si j’en juge par le palmarès que j’avais établi ici même (6 films cannois + 2 du festival de Venise 2006). Et c’est encore le cas cette année, si je compte les grands moments vécus depuis janvier (deux films du festival de Venise, deux de Cannes 2007, un film distingué à Berlin).
Cannes, comme Venise, font au fond de la résistance et les concessions faites au glamour, aux grosses sorties U.S.A, semblent bien désuètes et pour tout dire tristounettes, si j’en juge par les quotidiennes de Canal +. L’image donnée par l’émission est souvent désastreuse : un spécialiste cinéma obnubilé par les superproductions américaines (Indiana Jones), des stars qu’américaines, un Denisot indigent, souvent fatigué intellectuellement, une Ariane Massenet aux questions d’une nullité risible, comme l’ensemble de ce faux spectacle sur le « fameux » plateau de Canal +, incapable de parler du cinéma dans sa diversité cannoise. Dieu que les honteuses fêtes cannoises semblent tristes et fatigantes, même sous le manteau des bonnes causes, alors que le bonheur est là si proche, dans les salles de projection, sur ce marché cannois où se retrouve le meilleur du cinéma mondial.

Un palmarès assez consensuel
Comme Laurent Cantet, on retrouve au palmarès des cinéastes autour de la quarantaine, déjà remarqués et dont la carrière va prendre un nouvel élan.

C’est le cas des deux cinéastes italiens récompensés qui renouent avec la tradition du cinéma politique italien des années 70 : Elio Petri, Francesco Rosi, mais aussi Bertolluci : « Gomorra » de Matteo Garrone, sur la mafia à Naples, et « Il Divo » de Paolo Sorrentino autour du personnage complexe de Guilio Andreotti.
C’est aussi le cas du film brésilien « Linha de Passe » que l’on doit à Walter Salles et Daniela Thomas, cinéastes déjà remarqués avec « Central do Brasil » puis « Carnets de voyages », dont l’actrice paraît-il bouleversante, joue le rôle d’une mère courage aux prises avec la réalité sociale brésilienne.
De même, le cinéaste Ture Nuri Bilge Ceylan, déjà venu à Cannes avec de beaux films (« Uzak » et « les Climats » en 2006) est cette année récompensé pour « Les trois singes ».
Trois cinéastes plus confirmés se retrouvent au palmarès : Steven Soderbergh pour « Che », les frères Dardenne pour « Le silence de Lorna », Clint Eastwood pour « L’échange ». Je n’oublie pas non plus les films bien reçus de l’israëlien Ari Fohman, du chinois Jia-Zhang-Ke, du philippin Brillante Mendoza, de l’argentin Paolo Trapero, de l’américain James Gray…Ce sont des cinéastes habitués de notre écran rieupeyrousain, ce sont de films qui annoncent une rentrée riche et passionnante, des découvertes comme nous les aimons.

Pour nous, la rentrée, c’est le 11ème festival

Et là encore, du beau monde s’annonce, en particulier la présence de Cristian Mungiu, palme d’or 2007 auquel nous rendons hommage et qui présentera d’autres œuvres du cinéma roumain, parmi les plus représentatives pour lui du cinéma de son pays. (La palme d’or du court-métrage 2008 est allée à un jeune cinéaste roumain, confirmant la vitalité de ce cinéma). Ce sera un grand honneur et un grand bonheur de retrouver Cristian Mungiu qui était venu, certains s’en souviennent, présenter son premier long métrage « Occident », en 2003.

Ce sera aussi, 40 ans après mai 68, l’occasion de découvrir ou redécouvrir un cinéma engagé, rendant compte de combats menés dans notre pays et ailleurs dans les années 70 : films du groupe Medvedkine, en présence des réalisateurs, films d’Amérique Latine, remarqués dans les festivals (« El telon de azucar » de Cuba et « Prohibido prohibir » d’Argentine »).
Des fictions clefs sont aussi à l’affiche : « La maman et la putain » de Jean Eustache, « L’une chante et l’autre pas » d’Agnès Varda, « Le mauvais fils » de Sautet avec Dewaere…
Bien sûr, des œuvres plus récentes, avant premières ou coups de cœur comme « Rue Santa Fe » de Carmen Castillo, à propos du Chili d’Allende à nos jours, que nous avons gardé pour le festival.
Je n’oublie pas les traditionnels rendez-vous comme la Nuit du court, le programme pour les plus jeunes et bien sûr les apéros festifs sous le chapiteau…Tout cela reste à préciser. J’allais oublier : le festival débutera dès le mercredi soir !

Du cinéma en juin et du bon, bien sûr aussi !

Tout d’abord, des films attendus, bénéficiant de bons échos après leur passage dans les festivals : « La zona, propriété privée », film mexicain que nous n’avons pas pu avoir en mai et dont nous savons combien il est marquant tant la violence sociale est forte à Mexico, et la sécurité un enjeu échappant souvent à l’état. Alors que dans notre douce France, se développent des résidences privées, surveillées, allons faire un petit tour dans cette Zona, propriété privée… Le pire serait-il sûr ?

« Ciao Stefano », film italien découvert à Montpellier en novembre dernier, par les deux Elisabeth, une comédie bien enlevée sur une famille apparemment unie et solide vers laquelle revient Stefano, le sympathique héros. Il va découvrir une autre vérité sur la vie de ses parents, de son frère et sa soeur, parfois dramatique mais souvent drôle !
A coup sûr, un film à voir en ces temps de retour du tant attendu cinéma italien. Nani Moretti n’est plus seul, il a des petites frères et ils s’inscrivent dans la meilleure des traditions. Pas de quoi faire trembler Berlusconi, mais de quoi sans doute interroger sur les choix d’un pays et de ses valeurs.

« Les citronniers » nous vient d’Israël, de Palestine et à travers le sort des citronniers, il soulève bien des questions sur la sécurité d’Israël, sur le sort des territoires occupés, sur leur avenir. Comme toujours dans ses fonctions engagées, de beaux portraits de femmes (voir Avanim » en 2006, ou « La visite de la fanfare » en 2007.) Peut-être les femmes seront-elles celles qui feront bouger les lignes ? Au pays des intégristes sionistes et de leurs alter ego du Hamas, cherchons comme pour « Les citronniers » d’où viendra l’espoir. Un film fort, bénéficiant d’un bon bouche à oreille et d’une fréquentation soutenue !

Dans le cadre des manifestations « Juin aux jardins », nous pourrons revoir un film devenu culte « Meurtre dans un jardin anglais » de Peter Greenaway. Plus de 20 ans après sa sortie, que reste-t-il du charme habile de cette intrigue originale. Quid de l’admirable lumière d’un film bien éclairé ? mêlant art de la peinture, du jardin, de l’amour et su suspens ? Peindre et faire l’amour, est-ce bien dangereux ? Nous serons nombreux à replonger dans l’univers parfois maniéré, mais si enchantant du cinéma de Peter Greenaway.

Je ne saurais oublier aussi une comédie populaire comme « Les randonneurs à St Tropez » de Philippe Harel, où l’on retrouve Benoît Poelvoorde et « ses quatre amis ». Mais ce n’est plus la Corse sauvage, c’est à St Tropez la très fréquentée station chic qu’ils vont s’éclater au pays du fric, des stars, de l’image reine.
De même, un drame de Jean Becker « Deux jours à tuer » avec Albert Dupontel que toute la presse a salué. Le cinéma de Jean Becker est un cinéma de qualité depuis « L’été meurtrier » dans les années 80, aux « enfants du marais » des années 2000 est c’est un cinéma populaire sachant provoquer émotions et réflexions.

Pour les amoureux de la peur, adolescents, jeunes et moins jeunes, un film qui fait carrière sans grand renfort médiatique « REC ». Ce film d’épouvante, d’horreur nous vient d’Espagne et est souvent rapproché de deux œuvres cultes pour les amoureux du genre : « C’est arrivé près de chez vous », film belge qui a révélé Poelvoorde, et « Blair witch Project », film indépendant américain, ici dépassé pour beaucoup. Amateur, rendez-vous à Rieupeyroux : émotions fortes garanties.

Pour les amoureux de fiction fantastiques bien-pensantes « Iron Man », film U.S de Jon Favreau, dont je ne connais pas l’œuvre, mais dont la mise en scène s’affiche comme efficace, et les effets spéciaux innovants. Pour les ados de toute la contrée, une bonne entrée en vacances !

Pour les plus petits, dès 3 ans, il faut signaler aussi un 3ème ciné-goûter : « La petite taupe » de Zdenek Miller, 6 courts métrages d’animation.
L’expérience s’avère un succès et s’inscrit pleinement dans notre souci de nous adresser à tous les publics et de faire vivre notre belle salle. Parents, amenez vos enfants pour une après-midi de bonheur !

Guy Pezet


 
      Newsletter mai 2008
 

"Et si on parlait un peu des Ch'tis... ?"

Le succès extraordinaire du film de Dany Boom interroge et suscite une curiosité évidente pour tous. Aussi est-ce plein d'envie de voir que je me suis précipité dans la salle dès la première séance rieupeyrousaine à 18h.

Qu'ai-je vu ?
- Un petit film français sympathique, drôle quand on est dans le Nord, peu convaincant pour toutes les autres séquences. En effet, le premier quart d'heure m'a paru bien long, avec de lourdes et inintéressantes intrigues de mutation et chaque retour dans le Sud est de la même veine. "Le miracle" n'opère plus.
- Le miracle, c'est la sympathie, la bonhomie qui se dégage du seul vrai couple du film, celui que forment, à l'écran, Kad Merad et Dany Boom. Si une magie comique opère, elle trouve son origine dans leur prestation, dans la capacité du personnage de Dany Boom à enchanter ce monde étriqué du quotidien de ce bureau de poste. C'est ce personnage qui donne sens à cette comédie populaire. Son naturel jovial, optimiste, son absence de méchanceté ne sont pas caricaturaux ni caricaturés. Dany Boom, metteur en scène, aime ses personnages. Ils ont bien "dans le coeur le soleil qu'ils n'ont pas dehors", comme dirait l'autre !
- Pourquoi ce film et pas d'autres comédies françaises ou étrangères ? Mystère.
Ce film simple, sans ambition cinématographique (Dany Boom n'est pas un grand cinéaste et cela se voit!) tient certes ses promesses comiques, mais on peut le dire d'autres films, comme "Soyez sympa, rembobinez" par exemple pour la même période.
Est-ce une certaine nostalgie du service public, proche du public et intégré au dynamisme local (café, baraque à frites...)?
Est-ce la nostalgie des années 55/60, d'avant la modernité, où semble se situer le film dès qu'on se retrouve dans le Nord, dont on ne voit rien ?
Est-ce la nostalgie de ses virées entre hommes dans les bars, hors du couple institutionnel et de la famille (les enfants ne semblent pas manquer aux principaux personnages)? Est-ce cette impression de vacances pittoresques que semble offrir le personnage de Kad Merad ? A vous de répondre !

Il y avait du cinéma avant les Ch'tis, il y en aura après !
En ce mois de mai à Rieupeyroux, par exemple ! Avec comme toujours une recherche éclectique de films s'adressant à nos divers publics.

* Des films à découvrir :

Tout d'abord, "3h10 pour Yuma", un western de James Mangold,reprenant un western de Delmer Dave dans les années 50/60.C'est pour moi une bonne nouvelle : quelques mois après "L'assassinat du lâche Jessy James...", un autre bon western nous vient des U.S.A., avec une bonne réception critique. Mangold réussit apparemment à être fidèle au film d'origine, tout en adoptant une autre stratégie narrative pour aboutir à la séquence finale, celle que l'on attend tous dans tous les grands westerns. Dirigeant efficacement Christian Bale et Russel Growe, qui confirment le retour de grands acteurs sur ce genre, Mangold réussit son pari,avec efficacité et même brio.

Du Mexique, un drame social de Rodrigo Pla, dont on parle beaucoup, "La zona, propriété privée", ne sera projeté sur nos écrans que début juin. A la place, un film drôle "Les toilettes du pape", une farce dont l'intrigue se situe dans une petite ville uruguayenne. La population attend la venue du pape Jean-Paul II. Beto, notre héros semble avoir trouvé la meilleure source de revenus, des toilettes publiques où les pélerins pourront venir se soulager.

A découvrir aussi, la même semaine,Il y a longtemps que je t'aime",de l'écrivain à succès Philippe Claudel ("Les âmes grises", et en 2007 "Le rapport Brodëck". Pour son 1er film, Philippe Claudel propose un drame bouleversant, avec le pathos attendu et deux grandes actrices trop rares : Kristin Scott Thomas et Elza Zylberstein. Après avoir beaucoup ri en avril, pourquoi pas pleurer en mai, au sortir de cette histoire forte d'une femme sortant d'une longue période de réclusion (15 ans) et retrouvant sa soeur?


Des cinéastes aimés que l'on retrouve

Tout d'abord, Robert Guédiguian et sa "Lady Jane"!C’est dans un film noir, un thriller que nous retrouvons le cinéaste marseillais, sa ville, ses acteurs fétiches (Daroussin, Ascaride, Meylan) : c'est le kidnapping de son fils qui oblige la propriétaire d'une jolie boutique d'Aix en Provence à retrouver ses anciens complices de casse. De cruciales retrouvailles donc pour ces trois personnages, avec leur passé très présent, quoique mis de
côté pendant longtemps. Ce film efficace, tendu est pour certains le meilleur de Guédiguian.
La même semaine que "Lady Jane", "le premier venu" de Jacques Doillon, cinéaste important des années 70/80/90. De Doillon , nous n'avons pas oublié sa capacité à filmer des situations de crise, en laissant une assez grande liberté à ses acteurs et à l'histoire pour en explorer toutes les dimensions. Son travail avec les plus grands acteurs et actrices français : Sandrine Bonnaire, Isabelle Huppert, Béatrice Dalle, Jane Birkin, Michel Piccoli, Jacques Bonnafé, les a souvent révélés au public, et me semble-il parfois, à eux-mêmes. Nous n'avons pas oublié non plus depuis "Les doigts dans la tête" jusqu'au "Petit criminel", sa capacité à tirer le meilleur de jeunes acteurs, ados et d'imposer leur bouleversante figue.
C'était le cas pour Gérald Thomassin, face à Anconina, dans "Le petit criminel", pour une sorte de road movie sétois, de la meilleure veine. Ici, nous retrouvons 17 ans plus tard,Gérald Thomassin,comme le premier venu, choisi par Camille (Clémentine Beaugrand) pour être sa cible amoureuse. C'est en suivant sa quête, sa capacité à créer des histoires, des situations impossibles, que Doillon donne son meilleur film depuis longtemps. A découvrir donc, comme une urgence !

Autre grand cinéaste, reconnu depuis moins longtemps, Paul Thomas Anderson qui, après "Magnolia", nous propose une grande fresque autour de l'épopée du pétrole, celle d'un futur magnat, Plainview, en plein désert californien,
dans "There will be blood". Ce film multi nominé aux oscars,au palmarès pour la mise en scène du festival de Berlin 2008, nous permet de retrouver aussi un des grands des années 90, Daniel Day Lewis. Il a d'ailleurs reçu l'Oscar du meilleur acteur pour ce rôle, pour cette performance tant il habite à l'évidence de rôle écrasant.
On parle de fresque, d'épopée, donc de souffle,de grandeur, mais aussi de maîtrise du réalisateur pour une oeuvre à ne pas manquer ! Portée historique, portée politique, ont déjà été discutées, mais c'est sur la portée esthétique du film, sa splendeur que tous les critiques se mettent d'accord. Vivement le 28 mai et le 1er juin 2008.



* Deux films commerciaux dont on a entendu parler sur les plateau people des grands talk show TV :"Disco" de Fabien Onteniente qui retrouve l'agaçant Frank Dubosc, deux ans après "Camping", pour une comédie dont il a le secret. Du rire en perspective !...
puis "Cash" en fin de mois, avec le couple Dujardin / Reno dans une comédie policière, où l'on espère qu'ils font merveille.


Guy Pezet


MODIFICATION DU PROGRAMME

Le film La zona est remplacé par le film Les Toilettes du pape mercredi 21 mai à 21h00 et dimanche 25 mai à 17h00.
La Zona sera reprogrammée prochainement.


 
      Newsletter avril 2008
 

Quelques chiffres

A Rieupeyroux, la fréquentation de la salle est en hausse, ce dont nous nous félicitons : 10 085 entrées contre 8 814 en 2006.
Dans cette augmentation, il faut noter la part importante des séances dites Art et Essai qui passent de 1824 à 2923 entrées en 2007. Cette progression spectaculaire, sans augmentation de séances, témoigne d’une réelle identification de la salle, de l’association et du festival, comme diffusant des œuvres de qualité, en version originale. Ceci nous conforte bien sûr dans nos choix de programmation.
Cette tendance semble se confirmer depuis le début 2008 avec les bons scores réalisés par de très grands films comme « La graine et le mulet » de Kechiche, « Into the wild » de Sean Penn et même « It’s a free world » de Ken Loach…
Plus globalement, elle ne pourra que se confirmer, si on en juge par la bonne tenue du cinéma français en ce début d’année. Dans le sillage d’Axtérix, le succès colossal et inattendu de « Bienvenue chez les Ch’tis » de Dany Boom tire le cinéma français et devrait bientôt passer la barre des 15 millions d’entrées. C’est donc un grand film populaire que nous accueillerons pour 15 jours à la fin des vacances, à Rieupeyroux, avec des séances supplémentaires la première semaine.

Programmation d’avril

Outre les « Ch’tis », la programmation fait la part belle aux films familiaux, populaires à destination de tous les publics.
C’est bien sûr le cas pendant les vacances de printemps, avec les nouvelles aventures de « Benjamin Gates » à destination des adolescents et de leurs parents, tant ce film d’action tient, paraît-il, la route.
Il en va de même du dernier film de Michel Gondry, cinéaste français, vivant et travaillant aux U.S.A. Après 2 films remarqués des jeunes cinéphiles, Gondry confirme son potentiel d’auteur populaire, attirant les jeunes avec « Be kind, Rewind », traduit par « Soyez sympa, rembobinez ». Ce film que j’ai beaucoup aimé, est à la fois brillant et sympathique, délirant et émouvant.
A travers d’une drôle de fiction, difficile à résumer, ce film témoigne d’un amour profond pour le cinéma, celui des origines, celui de nos jours, un cinéma qui nous fait rire et pleurer, qui nous émeut et qui réfléchit, celui qui peut sauver un immeuble et un magasin vidéo, à défaut de sauver le monde. A vous donc de découvrir « les films suédés » des héros, leur sens du bricolage, le potentiel comique de Mos Def ! Un film à voir en famille et un nom à retenir, celui de Michel Gondry !

Deux autres films projetés le mercredi soir, me semblent visibles par tous, même s’ils touchent des sujets plus graves.
Je pense en particulier à « Juno », film drôle, sensible, plein d’un énergie positive que semble transmettre d’héroïne du film Juno, 16 ans, à la recherche de parents adoptifs idéaux pour l’enfant qu’elle porte. Jason Reitman a le sens de la comédie comme en témoignaient déjà les situations mises en scène dans « Thank you for smoking » vu à Rieupeyroux, il y a deux ans.
« Juno » est un peu le « Little miss Sunshine » de l’année, nominé aux Oscars, bénéficiant d’un très bon bouche à oreille. Alors, ne le ratez pas !

Le film philippin « John, John » de Brillante Mendoza, aborde de façon fort émouvante le difficile problème de l’adoption d’enfants abandonnés dont l’héroïne Thelma a la charge. Ce film social nous donne un autre point de vue social et humain, sur ce problème d’actualité pour les français. Il nous donne aussi des nouvelles du cinéma philippin, 10 ou 15 ans après les films sociaux de Lino Brocka. Une découverte donc à ne pas manquer.

Outre les « Ch’tis », d’autres productions françaises seront à l’affiche ; certaines ayant bénéficié d’une grosse promotion, comme « Paris » de Klapisch. Si vous avez aimé « L’auberge espagnole » ou « Les poupées russes », si vous aimez les films choraux qui mêlent plusieurs destins, plusieurs personnages, alors allez voir « Paris ». Vous retrouverez aussi un Paris de carte postale, type Amélie Poulain, avec des personnages sympathiques, émouvants. Une pléiade d’acteurs français est à l’affiche : Romain Duris, Juliette Binoche, Fabrice Luchini, Karin Viard, Mélanie Laurent, Julie Ferrier… Cédric Klapisch aime les acteurs et cela se voit dans ses films. Ce film semble avoir trouvé son public (+ de 2 millions d’entrées).

Autre film ayant été bien reçu par les médias, « L’heure d’été » d’Olivier Assayas, avec encore Juliette Binoche, Charles Berling, Jérémy Rénier et Edith Scob, remarquable comédienne, vue il y a peu dans « Didine ». D’Olivier Assayas, j’ai beaucoup aimé « Irma Vep » et « Clean » avec Maggie Cheung. C’est un cinéaste soucieux de ses choix, capable de diriger ses acteurs, d’éviter le mélo, le trash pour mieux cerner la fragilité des personnages, leurs failles. Ici, Assayas s’intéresse à la mort dans une famille bourgeoise, à la maison familiale dont héritent les enfants avec ses meubles, ses objets plus intimes, avec tous les liens qui s’y rattachent. Chacun va se révéler : que restera-t-il de cette belle famille à priori plutôt unie ? Il me tarde de le savoir.

Pour les films plus confidentiels, ceux que l’on a envie de découvrir, de vous faire aimer, je retiendrai 2 films : « Dans la vie » de Philippe Faucon qui trouve la bonne distance pour filmer deux personnages magnifiques, deux maîtresses femmes et leur proche famille. Que ces deux femmes soient, l’une musulmane, l’autre juive, dans un Toulon d’après le F.N., et dans une période politique où tout les oppose, voilà qui complique, densifie, donne toute sa dimension à ce film. Cette comédie en forme de chronique sociale, nous attache aussi à deux actrices non professionnelles, remarquables. Après « Samia la rebelle », après « La trahison », pour moi le meilleur film français sur la guerre d’Algérie, Philippe Faucon confirme sa place particulière dans le cinéma d’auteur français. C’est un peu mon coup de cœur de ce mois-ci et je reverrai ce film avec plaisir.

C’est aussi avec une vive curiosité que je découvrirai le film de Philippe Ramos « Capitaine Achab ».Ce film, très bien reçu par la critique la plus exigeante, met en scène le fameux capitaine du roman d’Herman Melville avec ses rêves, sa folie, sa rencontre extraordinaire et bouleversante avec une baleine. Ce n’est pas une adaptation du roman de Melville, comme celle de Huston avec Gregory Peck, non c’est une œuvre différente, centrée sur un personnage littéraire hors norme, le capitaine Achab. Que ce soit Denis Lavant qui l’incarne, acteur rare et toujours marquant (voir Mauvais Sang ou Les amants du Pont Neuf de Carx), dit beaucoup de l’ambition du projet. Jacques Bonnaffé et Bernard Blancan l’entourent dans ce film ambitieux qui honore la production française.

De bons moments en perspective donc pour ce mois d’avril ! Il y aura aussi des animations à ne pas manquer : « Aigoual, la forêt retrouvée » de Marc Khanne, fort apprécié au festival 2007 sera projeté à nouveau le vendredi 18 avril, et sera suivi d’une discussion sur la gestion des forêts, les enjeux écologiques autour des bois, des forêts.
Il y aura aussi un nouveau ciné-goûter le mercredi 23 avril à 15 h autour du film sud coréen « Jiburo », qui met en scène un jeune citadin branché, plongé dans la campagne profonde chez sa grand-mère.
Une mis en bouche avant les « Ch’tis » à 18 !?

Rappel : Assemblée générale annuelle des Rencontres, le mardi 8 avril. Il faut adhérer, ou réadhérer, soutenir l’association pour pouvoir envisager sereinement l’avenir. Nous avons besoin de vous, de votre engagement à nos côtés pour défendre le cinéma de qualité.




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