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      NEWSLETTER FIN 2014
 

Revenir sur les grands moments d'une année ciné riche et variée mais, à mon avis, sans films phares comme Oncle Boomee en 2010, Holy Motors en 2012, L'inconnu du lac ou La vie d'Adèle en 2013, c'est un rituel qui me plaît.
Voici donc mon top ten of the year, après maintes intéressantes réflexions sur le choix définitif : de quels films me rappellerai-je ? Y a-t-il un fil conducteur dans ce choix et dans une année où sont sortis près de 800 films ?
1 – Le vent se lève de Hayao Miyazaki (Japon)
2 – Under the skin de Jonathan Glazer (Angleterre)
3 – Bird People de Pascale Ferran (France)
4 – Mommy de Xavier Dolan (Canada)
5 – Mange tes morts de Jean-Charles Hue (France)
6 – Maps to the stars de David Cronenberg (Canada…)
7 – Love is strange d'Ira Sachs (Etats-Unis)
8 – Le Paradis d'Alain Cavalier (France)
9 – Boyhood de Richard Linklater (Etats-Unis)
10 – Les bruits de Recife de Kleber Mendonça Filho (Brésil)
Les suivants confirment cette diversité géographique et de genres :
Sils Maria d'Olivier Assayas (Prix Louis Delluc, France)
Timbuktu d'Abderrahmane Sissako (Mali)
Black Coal de Diao Yi'nan (Chine)
Les chiens errants de Tsai Ming-Liang (Taïwan)
L'institutrice de Nadav Lapid (Israël)
Mais si je dois chercher un film euphorisant ou jubilatoire, je ne puis penser qu'à l'exceptionnelle série de Dumont, P’tit Quinquin, sur Arte. Enfin une œuvre T.V. déstabilisante, drôle de chez drôle, avec des personnages inoubliables. Et l'inoubliable, images, sons, personnages, climat, esthétique d'ensemble, voilà bien ce qui peut organiser mon classement de fin d'année, exercice difficile où il faut essayer de revoir, de "mesurer", de comparer !
De même, quelque puissante, impressionnante que puisse être la mise en scène, je m'aperçois chaque année un peu plus, que je ne peux retenir que des films où elle n’écrase pas les personnages, où elle ne les étouffe pas. Ceci expliquant que Winter Sleep, la Palme d'or de Nuri Bilge Ceylan, ou Leviathan de Andrey Zviaguintsev, ou même l'intrigant film en 3D de Godard, ne se retrouvent pas dans mon palmarès. J'aime les cinéastes qui, comme John Ford, Pedro Almodovar ou même Coppola et Visconti, aiment leurs personnages, ne les condamnent pas, quels que soient grands leurs exploits, ou petites leurs bassesses. De ce point de vue "humain"-là, Miyazaki s'impose comme un des grands maîtres humanistes du cinéma mondial. Une même dimension empathique me semble caractériser le cinéma de Xavier Dolan, de Jean-Charles Hue et ses gitans magnifiques, le travail d'Ira Sachs ou de Richard Linklater dans Boyhood, c'est-à-dire la moitié de mon "top ten".
Plus novateurs sans doute avec des dispositifs scénaristiques particuliers et marquants, j'ai donc retenu Bird People de Pascale Ferran, Le Paradis d'Alain Cavalier et bien sûr Under the skin et Maps to the stars, deux œuvres par moments impressionnantes (comme Les chiens errants de Tsai Ming-Liang).
Enfin, Les bruits de Recife force l'émergence d'un espoir pour le cinéma brésilien, toute la maîtrise de la mise en scène imposait ce film moderne, réfléchissant de façon habile sur la ville et la sécurité, thèmes se retrouvant dans bien des films importants de cette année.
Bonne année à toutes et à tous de la part de l'ensemble de l'équipe des Rencontres…
Guy Pezet
P.S.
Une newsletter sur le nouveau programme suivra bientôt. Je tiens à signaler la projection des films Les Héritiers, avec Ariane Ascaride en professeur d'histoire au lycée de Créteil, et Mercuriales de Virgil Vernier, un film original et moderne, découvert à Cannes et inscrivant ses fictions dans la ville moderne (les tours Mercuriales de Bagnolet).
Le mois de janvier s'annonce riche en bons films et cela nous motive, nous pousse à les mettre en avant, à multiplier les propositions diverses de façon à ce que tous les publics y trouvent leur compte.


 
      SHORT NEWSLETTER NOVEMBRE 2014
 

Nous sommes entrés en automne et, en novembre à Rieupeyroux, c’est le mois tant attendu du documentaire, ceci depuis plusieurs années maintenant.
Cette manifestation, mise en œuvre en partenariat avec la Médiathèque de Rieupeyroux, est prolongement automnal de la large place faite chaque année aux documentaires durant le festival (et dans la programmation habituelle de la salle).

Cette année, un documentaire chaque semaine ! Et après l’intéressant Les gens du monde, un journal plus vivant qu’il n’y paraît parfois, nous vous proposons successivement 5 caméras brisées, un docu coproduit par la France, Israël et la Palestine au sujet d’un village palestinien traversé par un mur de séparation et de protection d’une importante colonie juive. Une situation explosive donc, mais des hommes de bonne volonté et une expérience originale. Une fenêtre ouverte sur le monde, une nouvelle fois et sur un monde que l’on aime et qui nous préoccupe.
Toujours un voyage depuis la salle tout autour de l’humanité avec Le sel de la Terre de Wim Wenders sur les traces du grand photographe Salgado à travers le témoignage de son fils. Wim Wenders est devenu un cinéaste plus rare, mais nous savons depuis Buena Vista Social Club qu’il est un bon documentariste. Wenders, Herzog, même combat en ces années 2010 !
Enfin, Puisque nous sommes nés de Jean-Pierre Duret et André Santana, dernier volet d’une trilogie de documentaires sur le Brésil. Dans ce film, pourtant très "brésilien", il y a quelque chose d’éminemment universel. Ce n’est pas tant la misère qui frappe les enfants qu’ils suivent, mais le fossé qui sépare cet univers-là du champ politique. Un film qui, en ces temps de crise économique mondiale, ramène à l’essentiel, au plus près de l’humain.
De bons documentaires donc, mais aussi, encore une fois, de grands films attendus par les habitués…

A tout jeune seigneur, tout honneur, avec Mommy de Xavier Dolan, Prix du Jury à Cannes 2014. Le jeune homme pressé attendait la Palme et peut-être la méritait ! A nous d’en juger puisque nous avons vu Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan en septembre !
En tout cas, Xavier Dolan, dont nous avons montré les 3 derniers films, est ambitieux : une sorte de fou de cinéma, qui croit que l’on peut encore raconter des histoires, que l’on peut et doit bouleverser les spectateur. Cinéaste lyrique, cinéaste moderne, c’est aussi déjà un remarquable directeur d’acteurs et d’actrices, ici : Anne Dorval, Suzanne Clément avec lesquelles il avait déjà travaillé.
Du plus jeune à l’un des plus âgés, il n’y a que deux jours à passer avant de voir le dernier d’Alain Cavalier (83 ans). Comme ceux de Resnais ou Godard, ces petits films dits expérimentaux méritent d’être vus. Ce sont souvent de petits bijoux, porteurs d’une philosophie positive, d’une sérénité à toute épreuve. C’est ce dont parle Le paradis dans lequel Alain Cavalier réutilise des images anciennes, des émotions, pour s’inscrire solidement dans le présent. Rappelons-nous son Thérèse (1986), film touché par la grâce, tant la pudeur lumineuse des plans séquences proposée nous avait séduits ! Alain Cavalier, un grand cinéaste à redécouvrir !

Plutôt que de parler de Samba, dernier film des auteurs d’Intouchable où l’on retrouve Omar Sy au sourire éclatant, mais aussi Tahar Rahim et Charlotte Gainsbourg, deux acteurs ayant pris une dimension internationale justifiée, ou encore une débutante douée Izia Higelin, fille de… qui vous savez !

Un mot sur Gone girl de David Fincher, un des bons cinéastes américains des deux dernières décennies ! David Fincher, c’est Seven ou Fight club fin des années 90, mais c’est aussi, Zodiac, The social network, Millenium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes, trois très bons films de la dernière décennie. Ici, il nous propose un thriller troublant autour de la disparition d’une femme. Ben Affleck se retrouve dans une drôle de situation et en coupable de meurtre assez crédible… Rebondissements attendus !

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER OCTOBRE 2014
 

Difficile de s’y remettre après un festival chargé d’émotions et une rentrée chargée de travail !
Pourtant, j’ai repris avec plaisir le chemin de la salle que je souhaiterais tant voir plus fréquentée (comme je le disais dans mon intervention le dernier soir du festival) et j’ai pas mal d’envies de cinéma pour cette fin d’année.

Au mois de septembre, Sils Maria, le dernier film d’Olivier Assayas m’a séduit. Quelque sujet qu’il traite, Olivier Assayas propose un film intéressant, une mise en scène élégante et efficace, une direction d’acteurs ou plutôt d’actrices, brillante. Sur un sujet proche de celui de David Cronenberg dans Maps to the stars, de manière moins excessive, moins frontale aussi, Sils Maria convainc et Juliette Binoche vaut bien Julianne Moore !
Party Girl, Caméra d’Or à Cannes, est aussi un bon film porté par la personnalité de l’actrice, mère d’un des trois réalisateurs. C’est à la fois intéressant et souvent émouvant, mais limité par son sujet même ! Quel devenir cinéaste pour ces 3 jeunes réalisateurs ? Je n’en ai aucune idée…
Hope de Boris Lojkine, vu sur le festival, aurait pu prétendre à la Caméra d’Or lui aussi. C’est une très belle découverte, un film fort réalisé par un auteur exigeant et dont la disponibilité nous a tous séduits.

Après un début d’octobre plus timide, 5 grands films sont à l’affiche à Rieupeyroux, cela en attendant en novembre le mois du film documentaire, Elle l’adore, Le garçon et le monde, Mommy, Samba, Le paradis…
Donc, de grands films et de jeunes réalisateurs comme Nadav Lapid, l’auteur de L’institutrice, un film très bien accueilli par l’ensemble de la critique. C’est le second long métrage de ce réalisateur israélien après Le policier, et il ne nous plonge pas dans l’actualité guerrière du pays ou dans le monde des fanatiques religieux. Son sujet, c’est une institutrice confrontée à un enfant aux dons poétiques hors normes. Nadav Lapid, lui-même auteur à 6 ans des textes poétiques évoqués dans son film, scrute le regard de cette femme sur cet enfant et porte aussi bien sûr un regard sur elle. Un beau et grand sujet pour un film abouti, une des révélations de cette année ! Décidément, le cinéma israélien est riche de talents (Le procès de Vivianne Amsalem… magnifique !). Nous continuerons à nous y intéresser.
Autre confirmation éclatante d’un talent singulier, celui de Jean-Charles Hue, cinéaste gitan révélé il y a 4 ans par La BM du Seigneur. On retrouve ici dans Mange tes morts – tu ne diras point la famille Dorkel et la communauté yéniche près de Beauvais, à un moment où chacun est placé devant des choix : celui de la législation assagie de la communauté chrétienne (le baptême) ou celui d’une tradition plus libre, hors la loi (les virées nocturnes…). Un film qui nous plonge dans l’actualité de cette communauté, prolongeant la réflexion que nous avons pu mener lors du festival sur l’histoire des Rroms, ses douleurs, ses tragédies, sa solidarité, son sens de la fête aussi... Un film détonnant dans le paysage souvent confiné du cinéma français, qui laisse souvent de côté les marges d’une société en crise. Pas une énième fiction documentée, non, plutôt un film "bigger than life", comme l’était sur mon petit écran La BM du Seigneur (une BMW que Fred ne volait pas, terrassé par une crise mystique au moment clef si je puis dire). A ne pas manquer donc ! Une seule séance le dimanche 19 octobre à 21h. Pour les cinéphiles, c’est le Prix Jean Vigo 2014 et c’est tout de même une sacrée récompense ! Après Arnaud Desplechin, Abdellatif Kechiche, Emmanuel Finkiel, Rabah Ameur-Zaïmeche, Alain Guiraudie … du beau monde tout de même !
Enfin, 2 films en sélection officielle à Cannes : le très attendu et très médiatiquement exposé Saint-Laurent de Bertrand Bonello et le Prix du Scénario Leviathan de Andreï Zviaguintsev.
Pour Bertrand Bonello, nous savons depuis L’appolonide qu’il est un grand metteur en scène, abordant avec une réelle ambition plastique les sujets qu’il traite. Saint-Laurent n’est donc pas un nouveau biopic classique comme celui de Jalil Lespert, mais une œuvre se centrant sur 10 ans de la vie du styliste (1967-1976) avec une évocation splendide des dernières années, à travers l’apparition de Helmut Berger, l’icône gay du grand Luchino Visconti dans le rôle d’YSL ! Bertrand Bonello alterne des musiques, des états d’âme, des rencontres en les juxtaposant sans lien chronologique. C’est son travail de mise en scène qui les unifie : choix des lumières, des cadres, des couleurs, de la bande son. Bertrand Bonello s’appuie sur quelques uns de nos meilleurs acteurs de cinéma (contrairement à Jalil Lespert qui avait fait le choix d’acteurs de théâtre : Pierre Niney et Guillaume Gallienne). Ici, Gaspard Ulliel, Jérémie Renier, Louis Garrel, Léa Seydoux aux trajectoires depuis toujours prometteuses ! A découvrir donc le week-end des 25 et 26 octobre.
Dans un genre dramatique très différent, un autre des réalisateurs qui monte et s’affirme comme un maître, le russe Andreï Zviaguintsev. Après Le retour et Elena, montrés à Rieupeyroux, Leviathan, auréolé de son prix cannois dont des membres des rencontres qui l’ont vu au Festival de Gindou en disent le plus grand bien. Le brio de la réalisation, travellings superbes, photo somptueuse, est ici au service d’une histoire d’opposition entre Kolia, un jeune garagiste, et le maire de la ville, près de la mer de Barents, au sujet d’un terrain que le maire convoite et que Kolia chérit. Dur dur pour lui de résister au potentat local, figure sans doute plus répandue qu’originale. On ne rit pas beaucoup en Russie septentrionale, mais le paysage est splendide et plus dépaysant que l’histoire ! A voir les 22 ou 27 octobre.
A propos de résistance aux potentats locaux, j’ai une pensée pour les zadistes du barrage de Sivens qui font face à la brutalité policière et à l’obtus Monsieur Carcenac, Président du Conseil Général du Tarn. Tous au Testet le 25 octobre près de Gaillac ! Tout près de chez nous donc.
Je n’oublie pas également le film d’animation Le conte de la Princesse Kaguya de Isao Takahata (le réalisateur du film Le tombeau des lucioles, en passe devenir un film culte !), que j’ai vu durant le festival, un dimanche matin de pur bonheur. C’est une splendeur et un film poétique très émouvant. A voir ou à revoir en famille le dimanche 19 octobre à 16h30. On dit que ce serait son dernier film, à l’instar de son ami Hayao Miyasaki. Quel manque pour les années qui viennent !
Pour conclure, un mot du P’tit Quinquin que nous pourrons voir j’espère sur grand écran comme il a été projeté à Cannes ou à Utopia à Toulouse. Arte s’y oppose mais l’envie est si forte ! Et on a tous besoin de rire ! C’est bien une bombe que cette mini-série-là qui a ringardisé bien des séries policières ou dramatiques télé, par la seule force du burlesque, du comique. J’en étais sidéré, seul, devant ma télé, à pleurer de rire lors de séquences déjà cultes : l’enterrement, le chtiderman, les chevaux blancs… De Bruno Dumont et son sens du tragique révélé dans Flandres, je ne m’attendais pas à une telle prise de risque, à un tel travail de la forme (la place du paysage et de l’espace dans une série), à une telle explosion ! « Pas vrai Carpentier ? ».

A bientôt…

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER AOÛT 2014
 

Il fait un temps pour aller au cinéma et cela tombe bien, il y a de bons films à l’affiche. Durant ces mois de juin et juillet, nous avons pu découvrir de bons films présentés souvent à Cannes, comme Maps to the stars de David Cronenberg, Bird people de Pascale Ferran, jusqu’à présent, pour moi, le meilleur film français de l’année, ou Xenia, film grec attachant et inscrit dans la réalité politique et sociale du pays. Plus récemment, deux films forts. Black coal, le film policier chinois original et donnant beaucoup à voir de ce grand pays, arrivait auréolé de l’Ours d’Or de la Berlinade 2014. Under the skin, avec une étonnante Scarlett Johansson, impose lui un univers fantastique sombre, parfois troublant, avec une lumière remarquable (paysages côtiers et urbains de l’Ecosse).

Pour continuer sur cette bonne voie, avant le festival, je peux recommander quelques films.
Le procès de Viviane Amsalem de Shlomi et Ronit Elkabetz, film israélien autour du difficile divorce que demande Viviane à son mari, le peu conciliant Elisha. A travers ce procès, c’est un grand pan de la société israélienne qu’éclaire les réalisateurs, avec le rôle écrasant des rabbins. Ronit Elkabetz est toujours une grande actrice, et ce film est sans doute le meilleur de ce couple de réalisateurs portant un regard sans concession sur la société de leur pays. Chaudement recommandé par mon frère, que vous avez pu connaître ou rencontrer sur le festival !
Dans le rayon, habitué de notre programmation, Ken Loach nous revient avec Jimmy’s hall, film passé inaperçu à Cannes mais recevant un très bon accueil du public. Ici, Ken Loach revient au film historique, avec une histoire dramatique, forte, émouvante, se déroulant dans l’après-guerre civile, à un moment d’espoir pour les progressistes comme Jimmy Gralton.
Sunhi de Hong Sang-Soo, cinéaste élégant, original, dont nous suivons l’œuvre abondante. Ici encore, sa mise en scène élégante fait merveille et cette comédie dramatique est fine, toute en distance. Hong Sang-Soo, le plus doux des cinéastes coréens, mais pas le moins pertinent dans son observation des personnages.
L’homme qu’on aimait trop d’André Téchiné, un des cinéastes majeurs des années 85-95, un peu en retrait ensuite, me semble-t-il, mais restant toujours un grand directeur d’acteurs et d’actrices : ici Adèle Haenel, une de mes chouchoutes de l’année (Suzanne, en attendant Les combattants durant le festival) et Catherine Deneuve, à qui André Téchiné a offert quelques uns de ses plus grands rôles (Hôtel des Amériques, Le lieu du crime…). Le film traite de la dramatique affaire Agnelet/Le Roux, avant le rebondissement de ce printemps, qui rend plus intriguant ce film. Mon frère a bien accroché aussi, décidément !
A signaler aussi, un film policier original rencontrant un bon accueil critique, Blue ruin de Jeremy Saulnier, un jeune réalisateur américain. C’est un film violent certes, mais original, avec des acteurs peu ou pas connus, assez caractéristique des productions indépendantes américaines, avec un humour noir féroce pouvant rappeler les premiers films des frères Coen, dixit Télérama. A voir donc !

Je n’oublie pas les films à découvrir en famille. Les vacances du petit Nicolas, second volet des aventures du personnage créé par Sempé et Goscinny. Laurent Triard propose une comédie de bonne qualité avec Kad Merad, Valérie Lemercier, Dominique Lavanant… Planes 2, le chiffre de l’été, après Dragons 2, film d’animation américain, visible dès 4 ans. Je n’ai pas vu le premier et je ne dirai donc rien du second.
Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?; la comédie reine du box-office, pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore vue (comme moi !) ou qui veulent la revoir !

En attendant le festival et la Palme d’Or turque, bon mois d’août de la part de l’équipe des rencontres…

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER JUILLET 2014
 

Un juillet pluvieux, un peu gris, un peu frais, voilà qui doit vous inciter à pousser les portes de notre salle obscure afin d’y retrouver des héros de cinéma, des acteurs, des réalisateurs que vous aimez ou aimerez. L’offre, comme à notre habitude, est variée : genres abordés, origine des réalisateurs…

Vacances oblige, deux films en direction d’un jeune public. L’île de Giovanni, film d’animation japonais à voir en famille et traitant de l’après-guerre sur une île bientôt occupée par l’armée russe. C’est la rencontre entre deux enfants qui va être porteuse d’espoirs. Ce film de Nishikudo s’inscrit dans la grande tradition de l’animation japonaise, de Takahata à Miyazaki, qui n’a jamais craint de se confronter à l’histoire dramatique de son pays (voir le déchirant Tombeau des lucioles ou Mon voisin Totoro). Nous retrouverons sans doute le dernier Takahata, Le conte de la princesse Kaguya, durant le festival. Dragons 2 de Dean Deblois permet aux plus jeunes de retrouver Astrid et Rustick confrontés au mystérieux Dragon Rider. La paix est en jeu. Un monde d’aventures à découvrir dès l’âge de 6 ans.

Dans le genre de la comédie française, trois films proposent de surprenantes rencontres. La ritournelle de Marc Fitoussi met en scène un couple de cinéma inédit : Isabelle Huppert et Jean-Pierre Darroussin, éleveurs bovins en Normandie ! Rien que ça ! Mais Brigitte quitte son mari pour la grande ville… Que de femmes en vadrouille dans la comédie française cette année (Elle s’en va, Suzanne…) ! Un signe des temps ou une simple coïncidence scénaristique ? Ave Tristesse club de Vincent Mariette, deux frères, Laurent Laffitte et l’inévitable Vincent Macaigne, se découvrent une sœur, Ludivine Sagnier… Vincent Mariette est un bon directeur d’acteurs et le film est triste et drôle à la fois. A découvrir ! Enfin, On a failli être amies est une comédie qui marche. Anne Le Ny, déjà remarquée avec Ceux qui restent puis Les invités de mon père où émotion, fantaisie, comique étaient au rendez-vous. On retrouve Karin Viard, Emmanuelle Devos et Roschdy Zem avec plaisir. Tous ces trois-là me semblent parmi les meilleurs du cinéma français. Ce serait encore l’histoire du trio amoureux : le mari, la femme, l’amie, mais dans une perspective singulière et avec Roschdy Zem en chef étoilé. La cuisine à toutes les sauces télé et de plus en plus dans les films. Une recette du succès ?

Quant Au fil d’Ariane de Robert Guédiguian, c’est une comédie, mais aussi une fantaisie autour du personnage d’Ariane (bien sûr, Ariane Ascaride !) en virée dans une Marseille familière pour tous ceux qui connaissent l’œuvre de Guédiguian. Elle retrouve alors des acteurs-personnages eux aussi familiers de l’œuvre du cinéaste : Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin… Ce film est attachant, à l’image de ses personnages que l’on a plaisir à retrouver. Cinéaste humaniste et engagé, Robert Guédiguian pose souvent les questions essentielles, celles du bonheur simple, celle de l’embourgeoisement qui nous guette tous (voir le très beau Les neiges du Kikimandjaro).

D’autres cinéastes connus ou même reconnus comme Clint Eastwood sont à l’affiche. Clint Eastwood nous revient avec un biopic (encore !) consacré au groupe The four seasons à la mode dans les années 60 aux Etats-Unis. Clint Eastwood avec Bird avait évoqué le jazz, on est un peu surpris de le retrouver avec Jersey boys dans l’univers de la variété pop-rock américaine des sixties. Des chansons, du rythme et un grand metteur en scène. Télérama a aimé !
Connu aussi depuis Mondovino, qui réchauffa une soirée-débat mémorable à Rieupeyroux, Jonathan Nossiter nous revient avec Résistance naturelle, avec cette fois encore, des vignerons italiens en lutte pour produire un vin naturel. Jonathan Nossiter élargit sa réflexion concernant l’écologie au monde de la culture et du cinéma.

Pour terminer en beauté cette newsletter estivale, quatre films très bien reçus par le public et la critique, réalisés par de nouveaux cinéastes dont on reparlera, à n’en pas douter, si j’en crois les échos glanés ci et là.
Xenia, film de Panos H. Koutras, présenté à Cannes à Un certain regard, parle du présent de la jeunesse grecque à travers deux frères à la recherche du père. C’est qu’on est au pays d’Homère et d’Oedipe, mais aussi dans la Grèce actuelle, avec des problèmes de nationalité, de démission des grandes figures paternelles (le père, l’Europe ?). Un récit plein d’énergie et un moyen intelligent d’échapper à 22h à la seconde demi-finale de la coupe du monde de football. Tous à l’Agriculture à la fin du film !
Black coal, film policier chinois de Yi’nan Diao, cinéaste que je ne connais pas. Ce film a reçu l’Ours d’Or de la Berlinade 2014 et a été unanimement salué par la critique. Dans le nord-est de la Chine, une traque obsessionnelle entre Zhang et une jeune femme mutique, mais aussi une réflexion politique sans doute regardant le pays et surtout ses habitants en face et pouvant apparaître comme une fable absurde. A découvrir de toute urgence… et fin des excuses footballistiques !
Under the skin de Jonathan Glazer, cinéaste anglais remarqué en 2004 avec Birth et Nicole Kidman, est une des œuvres fortes de l’année, aux choix esthétiques novateurs. Le film met en scène Scarlett Johansson, en jeune femme brune, prédatrice et attirante, qui n’est peut-être pas ce qu’elle est supposé être. Elle nous entraîne à la suite de ses amoureux séduits dans un autre monde. Désir et mort au cœur d’un univers singulier pour une aventure de cinéma inhabituelle. Il me tarde déjà de le découvrir !
Enfin, Palerme, une comédie d’Emma Dante, récompensé à Venise en 2013, dont on m’a parlé, après visionnement, « non pas comme un chef d’œuvre mais comme un film original et étonnant. Du cinéma italien, c’est un peu de soleil dans notre salle obscure ! »

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER MAI 2014
 

Une petite lettre entre amis…

Avant Cannes et la découverte de toutes les sélections, une newsletter pour éclairer nos choix et rappeler quelques noms à ne pas négliger.

Dès cette semaine, 2 grands cinéastes asiatiques auxquels nous avons déjà donné une visibilité appréciable et que je ne crains pas d’appeler des auteurs : Tsai Ming-Liang et Kiyoshi Kurosawa.
D’abord, Les chiens errants, du taïwanais autoproclamé "cinéaste de la lenteur", Tsai Ming-Liang. Son film a été primé par le jury de la Mostra de Venise à l’automne 2013. Tsai Ming-Liang continue d’explorer la société de Taipei, ses marges, ses SDF travailleurs, à travers le personnage du père interprété une nouvelle fois par Lee Kang-Sheng, son acteur fétiche capable de toutes les adaptations. C’est en maître de la durée, du cadrage, du choix des lumières, que Tsai Ming-Liang nous revient , quelques années après les mémorables I don’t want to sleep alone et Et là-bas, quelle heure est-il ? ou La saveur de la pastèque primé à Berlin en 2005. Nous retrouvons ici son sens du silence, l’importance de l’eau, sa manière douce et profonde d’interroger la douleur du monde et non plus seulement celle des sentiments. Cette attention portée au monde moderne, à sa douleur, c’est par ses choix si particuliers de rythme, de cadre, d’éclairage que le cinéaste en rend compte. Un maître, vous dis-je !
Ensuite, Kiyoshi Kurosawa, ce japonais que nous avions un peu perdu de vue dans les années 2000, est revenu en force en 2012 avec Shokuzai, film en 2 parties adapté d’un format série télé de 5 heures proposé par Canal+. Shokuzai interrogeait à travers une histoire dramatique le japon contemporain et la capacité de chacun à vivre avec ses traumas, ses angoisses, ses obsessions, ses désirs contrariés. Avec Real, c’est un conte de science-fiction qu’il nous propose où des amants visitent la psyché de leurs compagnons dans le coma grâce à un programme novateur. Kiyoshi Kurosawa poursuit son exploration des espaces mentaux contemporains, tout en s’interrogeant sur le réel, sur ce que nous pensons de la réalité. Pour la première fois, Kiyoshi Kurosawa travaille avec des images de synthèse, adaptées à la représentation d’un univers mental, mais l’on retrouve quelques caractéristiques de son art de la mise ne scène : rythme lancinant parfois, comme dans Kaïro, diction particulière atone, des zombies philosophiques… Quelque chose d’aseptisé peut-être, de doux parfois, d’inquiétant, aussi ! Une œuvre à découvrir !

Et que dire d’Alain Resnais ? Depuis les années 50 jusqu’en 2014, ce cinéaste a mis un point d’honneur à faire fi des modes et à proposer des œuvres souvent fantaisistes, toujours modernes et personnelles. C’est encore le cas avec cette dernière comédie au titre de valse viennoise, Aimer, boire et chanter, adaptée, comme Smoking / No Smoking et Cœurs, des pièces du dramaturge britannique Alan Ayckbourn entre grande comédie et théâtre de boulevard. De la campagne anglaise à Tenerife, dans des décors stylisés à l’extrême, ceux d’un plateau de tournage, ceux d’une scène de théâtre, des couples se perdent et se retrouvent, intrigués, bouleversés par le comportement d’un ami absent fort énigmatique. Du Resnais comme on l’aime sans doute !

Autre cinéaste remarqué à Cannes puis à Rieupeyroux… Xavier Dolan ! Tour à tour, Les amours imaginaires et Laurence anyways nous ont bousculé, happé et séduit. Le jeune prodige québécois et son romantisme ado très stylisé, son lyrisme contemporain revendiqué, quitte la ville et transplante son cinéma urbain à la campagne pour une sorte de thriller psychologique dont il incarne le héros, Tom. Adaptant une pièce de théâtre à l’écran, Xavier Dolan reste fidèle à certains de ses thèmes de prédilection, comme l’homosexualité, la fidélité son amour passé et à une certaine "sophistication stylistique", marque de fabrique de ce talent qui présentera à Cannes, en sélection officielle, un nouvel opus, Mommy, et ce à moins de 25 ans ! Bienheureux cinéma canadien en plein renouveau ces temps-ci ! Allons tous voir Tom à la ferme !

A l’affiche aussi, Apprenti gigolo de John Turturro, le héros de Barton fink des Cohen, passé derrière la caméra pour proposer une comédie avec lui-même et Woody Allen, mais aussi Vanessa Paradis. Un casting donc étonnant et un film à découvrir !

D’autres propositions sont faites concernant le cinéma français et ses comédies comme Les gazelles de Mona Achache, Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? de Philippe de Chauveron, gros triomphe de printemps pour un couple inattendu, Christian Clavier et Chantal Lauby, et leurs filles de fiction confrontés à la diversité des communautés et de notre cher pays. Ce triomphe cache aussi le succès de Babysitting de Philippe Lacheau et Nicolas Benamou primé dans bien des festivals et bénéficiant d’un solide bouche à oreille. Ce dernier réunit de nombreuses graines d'humoristes issues de la chaîne Canal+ et Gérard Jugnot et Clotilde Courau, qui jouent les parents de Rémy, petit garnement qu'ils vont confier au baby-sitter.

Je n’oublie pas 2 films dramatiques originaux. La belle vie de Jean Denizot est un film charmant autour d’une errance dépaysante à travers la France pour un père et ses deux garçons soustraits à leur mère 10 ans plus tôt. Eastern boys, remarqué à la Mostra de Venise en 2013, est le second film de Robin Campillo, 10 ans après Les revenants qui n’était pas si mal. Robin Campillo est monteur et scénariste de Laurent Cantet, et c’est le réalisme social qui l’intéresse et dont il cherche sans doute à repousser les limites. Autour d’une drague homo sulfureuse, de l’escroquerie à la prostitution, ce sont deux milieux puis deux vies qui se confrontent, se bouleversent. Un film fort de l’avis de beaucoup !

Je reviens vers le 20 mai pour parler de Cannes, mais aussi de 2 documentaires à venir : Les trois soeurs de Yunnan du grand Wang Bing et de La ligne de partages des eaux de Dominique Marchais autour du thème central de l’eau à partir de l’exemple du bassin versant de la Loire. De grandes soirées en perspective… Voir le programme en PJ.

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER AVRIL 2014
 

Essayons d’oublier les lendemains qui déchantent et revenons vers les salles obscures pour mieux recréer du lien avec nos voisins spectateurs, pour mieux retrouver ces mondes en crise, à la fois semblables et différents, que nous font découvrir bien des films produits un peu partout sur la planète. C’est notre volonté de faire une place à toutes les cinématographies, à tous les genres cinématographiques, pourvu qu’ils nous paraissent de qualité ! Cette volonté d’ouverture au monde nous grandit et nous permet de nouer des liens avec de belles personnes, des structures culturelles dynamiques avec lesquelles il est bon de travailler.
Ce fut le cas, il y a 10 jours maintenant, avec la projection de 7 cajas, en présence du réalisateur Juan Carlos Maneglia, venu du Paraguay accompagner son film. Ce film, projeté grâce à un partenariat avec Cinélatino, festival toulousain, constitue une découverte surprenante pleine de rythme et de virtuosité de la part du metteur en scène, avec des personnages attachants au cœur d’une aventure "abracadabrantesque", mêlant habilement suspense, violence et comédie. Une belle soirée, une fois encore avec des rencontres, des échanges et une chaleureuse convivialité !
Pour prolonger cette plongée au cœur du cinéma sud-américain, nous avons proposé Gloria, film chilien de Sebastián Lelio remarqué à Berlin en 2013, et nous découvrirons aussi Les bruits de Recife de Kleber Mendonça Filho, jeune cinéaste brésilien extrêmement talentueux. Grâce à sa mise en scène brillante, à la fois classique et inventive, ce film nous fait découvrir un quartier de Recife confronté à la question de l’insécurité, alors même que s’y installe une société de sécurité privée ! C’est, de l’avis de beaucoup, un premier film fort et séduisant, dont la distribution est assez limitée et que nous sommes fiers de proposer au public rieupeyrousain. Il y a encore des auteurs de cinéma, donnons leur une place sur notre écran !
Ce souci d’ouverture nous a, depuis longtemps, conduit à explorer le cinéma iranien, un cinéma reconnu dans la foulée de deux cinéastes majeurs des années 1990-2000 : Abbas Kiarostami et Jafar Panahi. Mojdeh Famili est devenue une figure familière des rencontres et ses talents de passeuse de cinéma font toujours merveille. Mojdeh éclairera ce samedi 5 avril notre découverte de 2 films sortis fin 2013 et ayant bénéficié d’un bon écho critique : un documentaire original autour d’une figure hors norme de l’art moderne iranien Fifi hurle de joie et un habile film d’animation Jasmine qui nous replonge dans le Téhéran des années Khomeini. Une grande soirée avec une pause dînatoire afin de faciliter les échanges, les rencontres cinéphiliques.
N’oublions pas aussi en ce début du mois d’avril The grand Budapest Hotel, le dernier opus de Wes Anderson, cinéaste américain qui s’impose depuis les années 2000 comme l’un des plus doués, des plus originaux avec son univers comique souvent décalé (La vie aquatique, Fantastic Mr Fox, A bord du Darjeeling Limited…). Wes Anderson a aussi produit un des meilleurs films en 2012 avec Moonrise Kingdom. C’est un cinéaste, auteur de comédies pleines de rebondissements, souvent drôles, avec des personnages singuliers. Il s’entoure toujours de grands acteurs et dans son Budapest Hotel, il y en a pléthore : Adrien Brody, Jude Law, Ralph Fiennes, Harvey Keitel, William Dafoe et Mathieu Amalric, acteur de plus en plus reconnu internationalement. Le film, primé par le jury à Berlin cette année, nous plonge dans l’entre-deux guerres, au cœur de la vieille Europe, avec deux personnages à la recherche d’un tableau volé… Non, ce n’est pas l’ennuyeux et surexposé Monuments men ! C’est drôle, élégant, plein de rythme et de charme ! Réservez votre place à l’hôtel au plus vite !
Un mot aussi sur Diplomatie de Volker Schlöndorff, de retour après un long silence cinématographique. Ce cinéaste allemand, au cœur du renouveau du cinéma dans son pays dans les années 70 avec Wenders, Herzog, et Fassbinder pour locomotives, revient avec un film historique, mettant en scène le Général de l'infanterie allemande Von Choltitz et le Consul suédois Nordling au moment de la libération de Paris et de sa possible destruction. Ce huis clos est interprété, comme au théâtre, par Niels Arestrup (3 Césars du meilleur second rôle) et André Dussolier (1 César du meilleur acteur et 2 du meilleur second rôle). Bien sûr, on peut se rappeler de la scène entre les deux hommes dans Paris brûle-t-il ? de Réné Clément. Gert Fröbe et Orson Welles interprétaient ces deux fameux personnages. Et un clin d’œil à Alain Resnais : il me semble me souvenir d’un pastiche hilarant au début d’On connaît la chanson avec le général entonnant « J’ai deux amours, mon pays et Paris. » Ici, un dialogue ciselé pour deux comédiens au sommet. Retour par la grande porte pour Volker Schlöndorff ? A vous de juger ! Rappelons aux plus jeunes qu’il est le réalisateur de L’honneur perdu de Katharina Blum ou de Le Tambour, d’après l’œuvre de Gunter Grass, des œuvres qui comptent !
Je n’oublie pas non plus La cour de Babel, documentaire généreux de Julie Bertuccelli. Cette jeune cinéaste s’est révélée grâce à deux fictions prometteuses : Depuis qu’Otar est parti… et L’arbre que nous avons pu découvrir ici. Son regard sensible sur les enfants et la famille nous encourage à découvrir ce documentaire sur des "primo arrivants" étrangers découvrant la France et le français dans leur classe d’accueil. Un monde plein d’énergie, de vie et de valeurs à apprécier avant que l’on nous reparle de « difficile intégration… d’impossible intégration… ». Manuel, je t’en prie, sors de ce stylo !...

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER MARS 2014
 

Une triste cérémonie des Césars
Alors que l’année 2013 restera comme une grande année pour le cinéma français avec au moins une dizaine de films de qualité dont j’ai déjà beaucoup parlé, la cérémonie des Césars a été lamentable entre improvisations stupides de la maîtresse de cérémonie et sketch insultant comme celui consacré à Abdellatif Kechihe pour bien nous faire comprendre qu’il n’allait pas gagner. Qu’une telle cérémonie ait si peu confiance dans le cinéma ne peut qu’inquiéter : pas de véritable extrait des films primés en 2013, pas d’extrait consistant pour mesurer le jeune talent de Scarlett Johansson (celle qui bave sur Paris, tout en y adoptant un beautiful young lover).
Et le palmarès me direz-vous ! On n’a pas évité le traditionnel empilage des Césars sur un même film, un an après les 5 Césars d’Amour de Michael Haneke, 5 Césars pour Les garçons et Guillaume, à table !, dont celui plus que surprenant pour moi du meilleur film. Dur pour La vie d’Adèle, dur pour L’inconnu du lac ou pour La Vénus à la fourrure qui squattaient les meilleures places de mon top ten ! Heureusement que Guillaume Gallienne n’a pas obtenu le César du meilleur réalisateur, ce qui aurait été scandaleux. Roman Polanski, surpris, n’en attendait pas tant, mais son film est très bien mis en scène et impressionne favorablement (tous à vos DVD quand il sortira !). Dommage pour Abdellatif Kechihe et surtout Alain Guiraudie !
Quant aux acteurs, sans surprise et comme je l’avais anticipé, c’est Guillaume Gallienne pour sa performance et Sandrine Kiberlain pour son talent dans de multiples films à l’affiche qui ont justement été récompensés. De même, Adèle Exarchopoulos (meilleur jeune espoir féminin) et Adèle Haenel (meilleure actrice dans un second rôle) ont obtenu un César pour leur interprétation forte de deux beaux personnages de cinéma. Le meilleur espoir masculin à Pierre Deladonchamps et le meilleur acteur dans un second rôle à Niels Arestrup, comme tous les deux ans me semble-t-il. Dommage Vincent Macaigne et François Damiens, perdants magnifiques de cette cérémonie. Voilà deux acteurs de cinéma, deux corps, deux manières d’attirer la caméra, de l’aimanter même, qui relèvent du cinéma, plus que du théâtre, d’une présence porteuse de fictions, quand bien même ils ne semblent pas vouloir en être les héros.
Autre attribution contestable enfin, le César du meilleur film étranger à Alabama Monroe, un des moins bons films vus à Rieupeyroux cette année ! Je préférais encore La grande belleza, film récompensé aux Oscars l’autre nuit. Mais là encore, les meilleurs n’étaient pas nominés.

Et les Oscars alors…
Le film oscarisé 12 years a slave de Steve McQueen (II) ne m’a pas enthousiasmé. Le cinéaste britannique impressionnant d’Hunger m’a paru s’effacer devant son sujet et sa mise en scène esthétisante n’apportait pas grand-chose à la force de la fiction racontée. Fiction mais pas trop, comme il est de mise aux USA, avec le traditionnel « based on a true story » qui n’apporte rien aux films, si ce n’est un zeste d’émotion, une pauvre caution pour un cinéma qui a du mal à inventer de nouvelles histoires ! Pourtant, Mud de Jeff Nichols, Spring breakers d’Harmony Korine ou même Promised land de Gus Van Sant, proposaient des fictions autrement intéressantes et plus novatrices. Mais les Oscars oublient souvent les meilleurs films, nous l’avions déjà dit ! Les 7 Oscars décernés à Gravity, dont celui du meilleur réalisateur, à Alfonso Cuaron me semblent justifiés. Parmi les films nominés, c’était un des mieux réalisés et ce retour de la science-fiction au cœur du système hollywoodien était réussi.
Quant aux acteurs, le triomphe annoncé de Kate Blanchett dans le dernier Woody Allen et celui de Matthew McConaughey semble amplement mérité. Ce dernier, en particulier, porte à bout de bras, avec Jared Leto oscarisé lui aussi, le bon film du canadien Jean-Marc Vallée, Dallas buyers club. Encore une histoire basée « on a true story » toutefois, mais qui, plus elle avance, plus intéresse, là où d’autres m’ont vite lassé (Le loup de Wall Street, 12 years a slave…). Dommage que ce bon film, proposé aux rieupeyrousains ce week-end, n’ait attiré que peu de monde.

Le programme de mars !
Pour en finir avec les Oscars, American bluff, multi-nominé et reparti bredouille, est à l’affiche en VO ce mercredi 5 mars à 21h. C’est une comédie dramatique qui nous plonge dans les années 70 (celles du Watergate ! c’est vieux !) avec un scandale politico-financier dont cette époque n’était pas avare. La collusion mafia/économie/politique est simplement devenue plus officielle, plus évidente, avec les beaux jours du capitalisme financier à partir des années 90, et bien sûr moins scandaleuse, sans doute !!!
Dans ce programme, des comédies populaires françaises, attendues car surmédiatisées : Les 3 frères, le retour de et avec qui vous savez et Supercondriaque , un film à gros budget, de et avec Dany Boon. Où aura-t-il mis tout cet argent ? A nous de voir ! A vous de voir ! Pas dans la bande-annonce an tout cas !
Après le magnifique Le vent se lève (dernière séance ce mardi 4 mars à 21h), un des plus beaux films de ce début d’année, les plus jeunes pourront découvrir deux films d’animations pendant les vacances scolaires. Minuscule, un film drôle, inventif, qui donne une autre dimension à la série du même nom. Tante Hilda !, un film d’animation franco-luxembourgeois dont un des réalisateurs, Jacques-Rémy Girerd, n’est autre que le réalisateur du superbe film La prophétie des grenouilles.
Mais d’autres films sont très attendus par notre public cinéphile : Ida, Only lovers left alive et la soirée cinélatino avec 7 cajas !

A bientôt…

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER CESARS ET OSCARS 2014
 

Les Césars…
Les nominations aux Césars dans les catégories principales ont mis en avant 7 films dont nous avons largement parlé et que nous sommes heureux d’avoir mis en avant dans notre programmation. Les 4 films français de mon top 10 s’y trouvent, bien sûr.
Pour cette grande année du cinéma français, en pointe en Europe et même dans le monde, il me semblerait dommage que La vie d’Adèle, pour moi le meilleur film, rafle les principaux Césars et ne laisse pas une grande récompense pour Guiraudie, épatant metteur en scène de L’inconnu du Lac. Il est vrai qu’avec Kechiche, Polanski et Desplechin, la concurrence est rude !
Que Guillaume Gallienne soit récompensé comme Meilleur Acteur, cela me semble logique, tant son talent porte son film, pas si bien mis en scène que cela. Pour la Meilleure actrice, difficile de choisir, mais Sandrine Kiberlain devrait devancer Emmanuelle Seigner, impressionnante dans La vénus à la fourrure.
François Damiens, bouleversant dans le très beau Suzanne, et Adèle Haenel tout aussi impressionnante dans le même film, sont pour moi les meilleurs secondes rôles.
Vincent Macaigne et Adèle Exarchopoulos semblent sans rivaux ou rivales comme meilleur espoir.
Pour le premier film, je préfère La bataille de Solférino de Justine Trier et il me semble que Gravity ferait un bon César étranger, les japonais, les chinois et Mud étant absent des nominations.
Les Oscars…
Quant à eux, il est plus difficile de se prononcer vu que certains des multi-nominés sont au programme de février et que je ne peux les comparer à Gravity que je préfère au Loup de Wall Street, film brillant, à la mise en scène enlevée, mais que j’ai trouvé long et assez peu critique envers son héros "saoulant" par certains côtés. Fondamentalement, j’ai du mal avec les problèmes des riches et je m’interrogerai bientôt moins superficiellement sur cela. Que ce film, par certains aspects "écoeurants", ait à ce point fasciné certains de mes élèves m’interroge et me laisse circonspect !
En attendant, au mois de février, découvrons 12 years a slave de Steve McQueen II, l’auteur de l’impressionnant Hunger et de l’inoubliable Shame, avec un grand acteur, Michael Fassbender que l’on retrouve ici. A voir aussi dans ces multi-nominés, Dallas buyers club du canadien Jean-Marc Vallée, dont j’avais beaucoup aimé C.R.A.Z.Y, il y a 8 ans. C’est l’histoire d’un des premiers séropositifs, Ron Woodroof, et de sa confrontation féroce avec la maladie. On dit que Matthew McConaughey est formidable, transformé comme savent le faire les grands acteurs américains (Brando, De Niro, Depp ou Di Caprio…). Depuis Mud, en passant par son apparition décapante au début du Loup de Wall Street, il y a longtemps qu’il nous a convaincus.
Mais cette fin de février sera aussi consacrée au jeune cinéma français, à ces comédies parfois dramatiques qui ont pris une large place dans la production nationale, souvent pour le meilleur…
Lulu femme nue de Solveig Anspach qui retrouve Karin Viard qu’elle avait révélé dans Haut les cœurs ! Le film, récompensé dans bien des festivals cet été, met en scène une femme qui part, laisse sa famille (comme Suzanne, Elle s’en va, d’autres films de femmes de grande qualité). Ces trajectoires modernes permettent d’interroger notre société de façon pertinente, d’en éclairer les impasses.
Avec Tonnerre, nous retrouvons Vincent Macaigne autour duquel se construisent les plus originaux de ces jeunes films français. Ici, c’est Guillaume Brac, qui l’avait dirigé dans Un monde sans femmes, qui lui propose un nouveau rôle où son talent dramatique différent fait merveille : fantasque, rageur, étonnamment présent quoi qu’ayant l’air absent, Vincent Macaigne impose sa silhouette, sa différence dans le ciel souvent stéréotypé de la comédie à la française. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il est urgent de découvrir cet acteur, les personnages qu’il interprète. Nous y reviendrons !
Au programme également, dans un ensemble de propositions originales et éclectiques, le dernier Miyazaki, Le vent se lève, que l’on dit magnifique et toujours aussi sincèrement humaniste. Le grand maître japonais revient sur son enfance, les années 30, la seconde Guerre Mondiale, ses rêves, ses désillusions, sa croyance en ce que l’homme a de meilleur. A voir en famille !
Ceux qui ont vu et se sont sentis interpellés, intéressés par Nymphomaniac part.1 iront voir la suite. Un film de Lars Von Trier ne laisse pas indifférent et par moment, ce film intrigue, captive et témoigne de l’originalité d’une œuvre ambitieuse (remember Dogville, Melancholia …).
Le documentaire n’est pas en reste. Au bord du monde est un film qui laisse la place et donne la parole aux sans abri, qui propose un autre point de vue sur Paris, la nuit, avec un regard profondément humain et cinématographique.
Ceci sans oublier deux séances spéciales suivies d’échanges et de gourmandises à partager. Une, le dimanche 23 février à 17h autour du film Aime et fais ce que tu veux, en présence des membres de l’association Alert(es) et David et Jonathan. L’autre, le lundi 3 mars à 21h avec le film Afrik’aïloi en présence de Jérôme Quadri qui nous parlera de cette folle aventure de la petite "équipe" d’Espigoule.
Tout un programme…

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER 2014
 

Je reviens vers vous, car le début de l’année est riche en films de qualité…
Bien sûr, je renouvelle à tous mes vœux de bonne année. Pour toute l’équipe des Rencontres, cette année a commencé sous les meilleurs auspices avec la formidable soirée Heimat. Cette réussite en appelle d’autres. Vous pourrez compter sur nous pour renouveler ce type d’initiative conviviale et riche sur le plan de la découverte cinématographique.

Nous vous attendons nombreux mardi 21 janvier à 21h pour la projection-débat autour du film Le démantèlement, un film canadien sur les crises de l’agriculture, les mutations du monde agricole et le combat de Gaby pour sauver sa propriété. Ce film a été positivement remarqué à Cannes, à la Semaine Internationale de la Critique, et l’accueil critique et public n’a fait que confirmé ce constat. La discussion se poursuivra autour de tartines du terroir avec des agriculteurs du secteur, eux aussi confrontés à ce sujet sur leur exploitation.
Cette semaine aussi, mercredi 15 et lundi 20 janvier à 21h, je ne peux que vous inviter à découvrir le dernier film du plus grand cinéaste chinois Jia Zhang Ke, A touch of Sin. Ce film marque un tournant dans l’œuvre de ce jeune maître, car il se confronte directement à la Chine capitaliste contemporaine à travers quatre histoires tirées de faits divers récents venus des quatre coins de la Chine. C’est l’horreur violente de la société chinoise que Jia Zhang Ke met au centre de l’œuvre magnifiquement mise en scène. Moins contemplatif que l’admirable Still life primé à Venise, ce film a lui aussi été récompensé à Cannes pour son scénario. Dans tous les bilans 2013, il talonne La vie d’Adèle ou Gravity tant chez les critiques que chez les spectateurs. Jia Zhang Ke, comme Apichatpong Weerasethakul pour la Thaïlande, Bong Joo-Ho pour la Corée ou Kiyoshi Kurosawa pour le Japon, est une référence, un des cinéastes des années 2000 qui ne nous a pas déçus. Alors, soyez nombreux à venir découvrir cette œuvre forte et marquante.

Autres grands cinéastes à l’affiche au mois de janvier : Martin Scorsese et Hirokazu Koreeda.
La collaboration déjà riche entre Leonardo DiCaprio et Martin Scorsese semble culminer avec Le loup de Wall Street, sorte de biopic sur un de ces nouveaux riches un de ces golden boys issus des dérives du capitalisme financier des années 2000. Leonardo DiCaprio avait depuis longtemps acquis les droits du livre de Jordan Belfort, héros déchu de cette dérive économique, et il a tout de suite proposé ce sujet à Martin Scorsese, un des grands cinéastes "moralistes" américain qui, avec un brio indéniable, a déjà filmé les dérives mafieuses (Casino, Les affranchis) et les dérives de super héros (Aviator avec déjà Leonardo DiCaprio). Ce dernier trouve ici un rôle à sa mesure, ou plutôt à sa démesure, tant il est capable de travailler un rôle, de nous faire entrer dans la folie d’un personnage, dans son délire (déjà dans son interprétation ado dans Gilbert Grape). A ne pas manquer ! Un film avec du rythme, de l’action, de la folie. Un cinéma "bigger than life", "hot" aussi, comme je l’aime.
Pour Hirokazu Koreeda, c’est la reprise de l’immanquable Tel père Tel fils, autre film ayant fait l’unanimité critique et ayant été récompensé à Cannes. Ce film ayant fait la clôture du dernier festival de Rieupeyroux, je peux parler de reprise. La salle étant comble et comblée ce jour-là, nous vous attendons nombreux et en famille pour cette comédie dramatique, drôle et émouvante, qui nous fait découvrir la famille japonaise et réfléchir de façon sensible sur la paternité. Si le titre met en avant le père et le fils, le film a le mérite de faire une large place aux mères, hors de toute caricature. A voir donc par tous les absents de septembre.

Au rayon découverte, deux premiers films bénéficiant depuis Cannes 2013 d’une bonne perception critique et d’un bon bouche à oreille : Le géant égoïste et Suzanne.
Le géant égoïste nous vient du cinéma anglais et s’inscrit dans la lignée du cinéma social de Ken Loach. Clio Barnard, un nom à retenir paraît-il, met en scène deux ados en rupture scolaire dans une ville industrielle du nord de l’Angleterre. De bonnes en mauvaises rencontres, leur amitié-même est mise à l’épreuve. Un film fort, bouleversant, souvent récompensé cet été dans les meilleurs festivals.
Pour Suzanne de Katell Quillévéré, c’est à la découverte d’un couple de personnages et d’acteurs fulgurant que nous convie la réalisatrice. En effet, Sara Forestier, une des meilleures jeunes actrices qui montent (depuis L’esquive en passant par Le nom des gens) et François Damiens, l’incontournable de l’année, donnent vie à ces "duetti" surprenants à la base de toute comédie, même dramatique. Suzanne abandonne tout pour son homme et leur dérive amoureuse les mène droit dans un mur, celui de la prison. Un film s’appuyant sur un scénario fort et proposant des moments d’une belle intensité.

Début février, avant la saison des récompenses, je m’engage à vous retrouver !
Bons films…

Guy Pezet




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