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      NEWSLETTER janvier 2010
 

1 «Vincere » de Marco Bellochio Italie
2 « Still walking » de Kore Eda Japon
3 « Harvey Milk de Gus Van Sant Etats-Unis
4 « Gran torino » de Clint Eastwood Etats-Unis
5 « Un prophète » de Jacques Audiard France
6 « The Wrestler » de Darren Aronofski Etats-Unis
7 « Ce cher mois d’août » de M.AGomez Portugal
8 « Le ruban blanc » de Mickaël Haneke Allemagne/Autriche
9 « 24 city » de Zhia Zhang Ke Chine
10 « Le roi de l’évasion » d’Alain Guiraudie France
« Non ma fille, tu n’iras pas danser » de Christophe Honoré France

Pas vu/regrets :
« Les beaux gosses » de Riad Sattouf et bien sûr « Singularité d’une jeune fille blonde » d’Oliveira + les films de décembre « Avatar » de Cameron et « Tetro » de Coppola.

Plutôt décevants/ ils ont déjà fait mieux
Le Ken Loach « Looking for Eric », Le Almodovar, le film d’Elia Suleiman et même le Resnais « Les herbes folles » malgré sa modernité

Et enfin 11ème ex aequo avec le retour en forme pour quelques grandes séquences de pur cinéma :
« Antechrist » de Lars Van Trier
« Inglorious Bastard » de Quentin Tarentino
« Whatever Works » de Woody Allen

Un palmarès cosmopolite
Si les Etats-Unis et la France se retrouvent avec 3 citations chacun dans le palmarès que je propose, il n’y a rien d’étonnant : ce sont des cinématographies bien vivantes.
Le retour du grand cinéma italien avec le très beau et très intéressant « Vincere » rappelle aux plus jeunes, à quel point les grands cinéastes italiens nous manquent et dans la patrie de l’horrible Berlusconi, le film historique, intelligent, moderne de Bellochio est signe d’espoir.
Du cinéma asiatique, je continue à penser le plus grand bien et cela me semble une chance aux Rencontres, de pouvoir montrer de si belles œuvres, souvent impeccablement réalisées.
La présence d’un cinéaste autrichien et portugais ne surprend pas. On peut retrouver dans ces classements, depuis 10 ans, bien des films venus de ces territoires cinématographiques, où le cinéma d’auteur a toujours eu ses lettres de noblesses et ce depuis les années 30 et le développement de l’industrie cinématographique.
Si l’on excepte « Le prophète » et « Grand Torino », aucun de ces films ne bénéficiait d’une grande promotion et d’un nombre de copies élevé (en général – de 300 copies). On est loin des films qui cartonnent au box office, destinés aux enfants et aux adolescents surtout, produits de consommation immédiate proposés par l’industrie du divertissement, dont il semble si bon de chanter les louanges. Par chance, les films d’animation USA vedettes de l’année étaient, paraît-il assez bons, comme d’ailleurs « Le Petit Nicolas ». « Colombine », très beau dessin animé, ne figure pas au box office et pourtant celui-là me semble relever du 7° Art, comme les grands dessins japonais de Takahata ou Myazaki.

Je n’ai classé que des films vus à Rieupeyroux depuis février. « Les plages d’Agnès » ou « Two lovers » de James Gray étaient sortis en 2008. Ils auraient pris place dans cette liste. Cela montre bien qu’il est possible de faire cohabiter les films d’auteur et les grandes productions dans une même salle, de croiser les publics, de faire vivre toute l’industrie ciné, de donner leur chance à bien des auteurs.
Ce que nous allons faire une nouvelle fois en janvier, avec un programme éclectique, attrayant, avec une large part à la production française.

Au rayon comédies françaises : « Le vilain » d’Albert Dupontel, aussi à l’aise derrière la caméra que devant avec l’excellente Catherine Frot, actrice aimée du public rieupeyrousain. Le comique grinçant de Dupontel fait merveille tant qu’il est méchant ; un drôle de rapport mère/fils, un duel à découvrir dès le 6 janvier à 15h.
Pour la semaine suivante, le très attendu « Concert » de Radu Mihaileanu, cinéaste d’origine roumaine à la tête d’une production française. On se rappelle du succès public de « Vas, vis et deviens » et Mihaileanu avec « Le concert », retrouve son public et s’installe au panthéon des cinéastes populaires. C’est très drôle, très émouvant, très enlevé et d’après ceux qui l’ont vu dans mon entourage, une bonne surprise !
A découvrir en fin de mois, « La famille Wolberg », premier film d’Axelle Ropert, très remarqué à Cannes, dans les sections parallèles. C’est une comédie dramatique assez légère autour d’une famille et d’un père à la forte personnalité. Une touche de mélo, mais toujours une grande sensibilité et des qualités évidentes de mise en scène, le film d’Axelle Ropert mérite plus qu’un succès d’estime.

Enfin, dans le genre comédie dramatique, un film très attendu du public des Rencontres « Les contes de l’âge d’or », film très bien reçu par la critique, les grands médias français. C’est pour nous un bonheur de retrouver Cristian Mungiu derrière ce projet, dont une des réalisatrices Iona Uricaru viendra nous parler. Cette comédie dramatique, proche parfois de la farce nous ramène aux dernières années du régime de Ceaucescu, dites celles de l’âge d’or, alors même que le pays se débattait dans de graves problèmes. L’humour féroce de ces conteurs fait merveille et il faut déjà que vous cochiez cette date : samedi 23 janvier. Les Rencontres, je l’ai dit, sont fidèles et ce nouvel échange avec les roumains, annonce peut-être d’autres collaborations.

Dans le genre dramatique, deux productions françaises aux antipodes l’une de l’autre : « Oscar et le dame en rose » de l’écrivain dramaturge Eric Emmanuel Schmitt, qui autour du sujet du cancer des enfants, propose un mélo sensible avec Michèle Laroque, le jeune Amir et Amira Casar. Ce film a trouvé son public, toujours au rendez-vous de l’émotion et des larmes !
« Hadewijch » de Bruno Dumont, cinéaste exigeant et fort à qui nous devons le dérangeant et intransigeant « Flandres » ou le non moins surprenant « La vie de Jésus ».
Dumont, à travers le personnage de la jeune Hadewijch interroge la foi violente, choquante d’une jeune fille amoureuse de Dieu. Que cette folie amoureuse de Dieu la mène sur des chemins dangereux, c’est une évidence. Virée du couvent, elle rencontre Yassine et Nassir, intéressés par cette grâce et cette folie mystique. Un sujet encore une foi difficile, de personnages dérangeants et une mise en scène solide, tirant le meilleur de la jeune Julie Sokolowski, c’est la marque de fabrique de ce jeune « auteur », pour employer un terme dévalué, bêtement moqué même parfois, par ceux là même qui ne voient dans le 7° Art ? qu’un divertissement commercial !


Autre OVNI cinématographique, le retour d’Alain Cavalier, cinéaste ayant touché la grâce avec l’excellent « Thérèse » consacré à la vie cloîtrée de Ste Thérèse de Lisieux. On se souvient de la qualité des tableaux séquences, admirablement éclairés, consacrés à ce monde clos, dur qu’illuminait le sourire de Catherine Mouchet. Ici, Cavalier revient à travers une sorte de documentaire sur une femme aimée, morte depuis longtemps : à partir d’un cahier retrouvé, quel films faire pour évoquer pleinement cette histoire. Bien sûr, c’est original, rare et la qualité morale de ce regard de filmeur exceptionnel que reste Alain Cavalier (« La Chamade », années 70, c’était déjà lui, avec Brigitte Bardot, je crois !)

Bien sûr, il n’y aurait pas de grand mois de janvier sans une grosse production USA, ce sera « Avatar » de James Cameron, de retour à la science-fiction, pour un film cher, très attendu et semblant réunir critiques et public dans un concert de louanges. Bien sûr, c’est long, mais c’est ambitieux et depuis « Abyss », on sait la puissance imaginative de Cameron. A découvrir et pour certains à revoir à Rieupeyroux dès le 27 janvier.

Je garde pour la fin, la reprise des ciné-goûters, mercredi 20 janvier à 15 h, avec « Kerity, la maison des contes, de Dominique Montféry. Ce film s’adresse à tous, aux enfants dès 5 ans. C’est une belle réflexion sur le pouvoir attractif des contes, de la lecture !


Guy Pezet


 
      NEWSLETTER FEVRIER 2010
 

Des auteurs confirmés, des découvertes ; une programmation pour tous les goûts

A tout seigneur, tout honneur, commençons par « Tetro », le si attendu dernier film de F. Ford COPPOLA avec Vincent Gallo ! Coppola est un des plus grands réalisateurs vivants et depuis la Palme d’or 1973 « Conversation secrète », je n’ai jamais vu un « mauvais film » de Coppola, le multi palmé (Apocalyse Now) et le multi oscarisé (Les Parrains-Rusty James) et même certains de ses films dits mineurs comme « Jardins de pierre » m’ont profondément ému. Coppola revient à travers une histoire familiale, de retrouvailles difficiles entre deux frères, grandis à l’ombre d’un père despotique. Peut-être une lecture autobio est-elle possible ? Le père est chef d’orchestre comme l’était Carmine Coppolla.
C’est aussi le retour sur les écrans du surdoué Vincent Gallo, jeune acteur impressionnant dans « Arizona Dream » de Kusturica, puis jeune réalisateur prometteur dans « The Brown Bunny » ou « Buffalo 66 ». Encore une bonne raison de découvrir « Tetro », ce mercredi 3 février ou le 6 à 17h !

Pour confirmation aussi de son grand talent, un film présenté à Cannes 2009 en compétition « Brigth star » de Jane Campion, elle aussi un peu oubliée depuis sa grande décennie 90/2000, où tour à tour, « Sweetie », « An Angel at my table » puis « La leçon de piano » l’imposent comme une grande réalisatrice. Je n’ai pas vu ses derniers films mais je suis impatient de retrouver son style autour de l’histoire dramatique du jeune et brillant poète John Keats. Amoureux de la langue anglaise, amateurs de fiévreux frissons romantiques, « Bright star » est un film à ne pas manquer !

Dans la série découverte, deux films aux tonalités fort différentes quoique portant un regard acéré sur la fin de l’enfance et l’adolescence.
« La merditude des choses », qui n’est pas un film de Georges Frêche (actualité quand tu nous tiens !) mais le 1er film de Felix Van Groeningen, une production belge et néerlandaise décapante. C’est d’une comédie drolatique et dramatique qu’il s’agit autour de la vie complexe de Gunther, un enfant de 13 ans, évoluant dans un contexte social particulièrement chargé. Proche parfois de l’esprit Groland ou des films de Bouli Lanners (Eldorado), les Rencontres persistent et signent en vous proposant ce film différent, trash, d’un humour salutaire par ces temps de politiquement correct asphyxiant ! L’indice de satisfaction des spectateurs est bon et il y a un public pour autre chose que les tièdes comédies françaises si peu soucieuses de se confronter à une certaine réalité sociale.

« Une vie toute neuve » d’Ounie Lecomte, production sud coréenne et française, véritable révélation de ce début d’année. Ce film sensible, émouvant suit le parcours et les interrogations d’une fillette placée en orphelinat et attendant d’être placée dans une nouvelle famille. La portée universelle de cette histoire en a bouleversé plus d’un et le film obtient un succès d’estime, dû à un bon bouche à oreille.

Donc quatre films importants avant un gros mois de mars où l’on retrouvera « Invectus » d’Eastwood, « Serious man » des Coen, « Gainsbourg » de Joann Sfar et sans doute « Mother » de Bong Jong Hoo, autre grand cinéaste sud-coréen, qu’Elisabeth nous a chaudement recommandé après le festival de Ciné 32 à Auch…

La programmation de février, mois de vacances scolaires, fait une large place aux films à destination du jeune public. Tout d’abord, pour les plus jeunes, un ciné-goûter le mercredi 24 février avec deux films « Mélie pain d’épice » pour les petits dès 3 ans, puis le remarqué « Panique au village » pour les plus grands à partir de 7 ans, le tout suivi d’une discussion et d’un goûter !
Pour les adolescents, soucieux d’émotions fortes et pour les adultes incrédules qui croient encore qu’on ne peut pas avoir peur au cinéma « Paranormal activity » et ces 3 millions de spectateurs en France en France après son colossal succès aux USA. Un film pas cher qui a rapporté gros, basé sur un concept simple : filmer ce qui se passe la nuit dans une maison hantée… C’est le point de vue du jeune couple victime des acteurs que nous partageons. A découvrir car c’est le 1er film fauché d’Oren Peli !
Pour tous, enfin « Alvin et les Chipmunk 2 », comédie d’animation ayant réussi à survivre au dernier « Avatar » dans la fréquentation de janvier. C’est dire que c’est une valeur sûre, les films pour les plus petits. 200 spectateurs attendus minimum pour cette 1ere semaine de vacances !

Et toujours pour tous publics, terminons le mois en beauté avec « Loup » de Nicolas Vanier, le 27 et 28. On ne présente plus l’écrivain, aventurier et désormais cinéaste, mais vous allez découvrir à Rieupeyroux le 27 février à 21h, le jeune acteur Nicolas Brioudes, qui témoignera de l’aventure de ce tournage. Une soirée exceptionnelle encore, un mois après celle consacrée au cinéma roumain, et précédant peut-être une grand soirée consacrée au cinéma iranien et à la situation à Téhéran, en mars. Fidélité quand tu nous tiens !

Enfin, toujours en direction des ados, des jeunes, un film allemand mettant en scène une bande de graffeurs et leur art. « Woletrain » vient de sortir en France et ce film est projeté en liaison avec l’expo et les animations concernant cet art, que propose en ce mois de février le Centre Culturel. Gageons que les stages proposés fassent le plein et qu’il en sera de même pour ce film qui sera projeté le samedi 20 et dimanche 21 février, au cœur des vacances scolaires.
Donc, un programme ciblé à l’attention des jeunes de tous les âges avec 6 films proposés en 15 jours ! Qui dit mieux !

Guy Pezet


 
      La lettre d'avril 2010
 

Mille excuses tout d’abord pour l’absence de cette lettre mensuelle en mars, mais la campagne électorale est passée par là, suivie des 10 ans de l’association Serènes Sereines, des conseils de classe, des…N’en jetez plus, mon emploi du temps était plein, mais je n’ai pas délaissé le cinéma et j’ai vu quelques bons films en mars, comme « Mother » de Bong Joon Ho, qui fait plus que confirmer tout le bien que je pensais de son cinéma, capable de transcender les codes parfois étroits de tous les genres : thriller, film catastrophe… Ce coréen a du génie dans cette façon particulière de creuser ses personnages, de leur donner une épaisseur humaine profonde et ambiguë.
J’ai aussi aimé l’inventif et souvent brillant (toute le 1ère heure) de « Gainsbourg » ! Tout cela n’arrivant pas à occulter le souvenir éblouissant de « Tetro » de F. Ford Coppola, l’un des plus beaux films (la phot en noir et blanc, Vincent Gallo..) de ces dernières années. Il faut courir le voir, si vous l’avez raté !

PROGRAMMATION D’AVRIL

La première semaine, sans que nous l’ayons voulu, s’inscrit dans un champ lexical guerrier, qui ne laisse en rien augurer du genre des films proposés.
«Une exécution ordinaire » est le 1er film du romancier Marc Dugain, adaptant au cinéma un de ces romans, avec le très grand André Dussolier dans le rôle de Staline, loin de ces rôles habituels chez Resnais par exemple. C’est à un Staline vieillissant que s’intéresse Dugain, un Staline souffrant confronté à une jeune urologue, l’excellente Marina Hands. Avec de tels acteurs, sur un grand sujet, il me tarde de découvrir le drame original qu’en a tiré Dugain.

Pour « Le soldat Laforêt », c’est une soirée spéciale avec la cinémathèque dans le cadre du festival Zoom arrière que nous vous convions. C’est surtout l’occasion d’un hommage à une figure du cinéma en Midi-Pyrénées et en Aveyron : Guy Cavagnac. Son film date des années 70 et raconte l’arrivée d’un soldat parisien en Aveyron fuyant l’avancée allemande, lors de la débâcle de l’armée française. Pour ce soldat déboussolé, c’est comme un paradis terrestre et ces curieux habitants qu’il découvre. De l’émotion, de la poésie, de la drôlerie, de savoureux personnages pour un film à découvrir et à revoir en présence de Guy Cavagnac, son réalisateur. Pour ceux qui l’ont croisé à Gindou lors du festival, à Decazeville pour ses séances cinéclubs ou au hasard des rues de Villefranche, ce sera l’occasion de retrouvailles émouvantes avec le cinéaste.

La semaine suivante sera américaine avec deux films échappant à la main mise hollywoodienne : « Fantastic Mr Fox » de Wes Anderson et « Precious » de Lee Daniels.
« Fantastic Mr Fox » est un film d’animation pour tous qui sera l’objet d’un ciné goûter. Racontant les aventures de 3 fermiers partant à la chasse au renard, ce film est l’occasion pour petits et grands, de retrouver l’humour de ce cher Wes Anderson (« La vie aquatique », « A bord du Darjeeling limited »), son sens des situations comiques. C’est aussi l’occasion de passer un bon moment de cinéma en famille en plein cœur des vacances de printemps.

« Precious » est un de ces petits films indépendants américains qui franchissent, grâce au bouche à oreille et à leur succès inattendu les barrières de la distribution traditionnelle. Comme « Little miss sunshine », comme « Juno », « Precious » se concentre dur la figure étonnante d’une ado comme les autres (aspirations, insertion dans le monde moderne) et pas comme toutes les autres (surpoids). C’est encore une fois la découverte d’un tempérament d’actrice, d’un pur talent ne demandant qu’à s’épanouir. Ce film multi nominé aux oscars est attendu et « Precious », malgré un nombre de copies limité a bien tiré son épingle du jeu, ces dernières semaines.

En fin de vacances (24 et 25 avril), deux grands noms, chers à l’équipe des Rencontres : Tony Gatlif et Martin Scorcese.
Tony Gatlif nous revient ave « Liberté », un film revenant sur le triste sort des Tziganes durant la seconde guerre mondiale à travers l’histoire de « justes » prenant en charge des enfants tziganes abandonnés. Comme toujours c’est aussi avec son cœur que filme Gatlif, avec son goût pour la musique, son sens de l’humour au cœur des sujets les plus graves. Ce cinéaste attachant, dont nous projetons tous les films, nous permet de découvrir enfin à l’écran le talent de James Thierrée, multi récompensé aux Molières et petit fils de l’illustre Charlie Chaplin. Pas si étonnant que cela de le retrouver chez Gatlif qui films lui aussi le plus souvent les laissé pour compte, les vagabonds modernes !

« Shutter Island » de Martin Scorcese avec Leonardo Di Caprio, un de ses acteurs fétiches « Aviator », « Les Infiltrés »…) est un des gros succès populaires de ce printemps (près de 3 millions d’entrées en France) Adaptation d’un romain culte, ce thriller angoissant tendu, fascinant nous plonge dans l’univers inquiétant de la folie meurtrière. A voir et revoir, paraît-il ! Scorcese est un des cinéastes majeurs de la fin du XXème siècle et il ne perd rien de sa virtuosité.
Enfin, pour se préparer au joli mois de mai, le 28 avril et le 2 mai, le dernier Polanski, enfin dans l’actualité pour ce qu’il sait le mieux faire, un grand film « The ghost writer ». Polanski depuis 1960 a toujours réalisé de grandes œuvres : « Cul de sac », « Rosemary’s baby », « Chinatown », « Tess », « Le pianiste »… pour évoquer celles qui m’ont le plus marqué. Avec « Ghost writer », c’est un thriller politique qu’il nous propose : que peut-il y avoir de dangereux à accepter de travailler à l’écriture des mémoires d’un ancien premier ministre britannique, type Tony Blair ? Ewan Mac Gregor bien dirigé se révèle un très bon comédien et donne une autre dimension à sa carrière.

Vous pouvez aussi découvrir « La rafle », film bénéficiant d’une promotion indécente (médias de tous ordres avec Drucker en chef d’orchestre, label éducation nationale …) nous invitant tous à voir ce film, sur une page noire de l’histoire de France : la rafle du Veld Hiv du 16 avril 1942, et le rôle prépondérant du gouvernement de Vichy répondant avec zèle aux attentes de l’occupant. Rien ne nous dit dans de tintamarre médiatique si l’inconnue Roselyne Bosch est une grande cinéaste, si le film est réussi, si Jean Reno et Gad Elmaleh ont été bien choisis. J’ai un petit doute, vu l’extrait présenté au journal TV où Reno est censé pleurer ! On était très loin du superbe « Monsieur Klein » de Joseph Losey, avec Alain Delon, pris dans la rafle que j’ai revu cet hiver avec tant d’admiration.
Bien sûr, je m’obligerai à aller voir « La rafle », après « Liberté » de Tony Gatlif, pour pouvoir revenir dans cette chronique sur ces films à grand sujet et parfois gros budget, qui participent du médiatique « devoir de mémoire » cher à nos élites.
Comme il n’y a pas d’élections en mai, juin, je vous jure qu’au sortir de « La rafle », je n’irai pas voter Le Pen ! En effet, la sortie du film a été concomitante du bon score du susnommé aux régionales et je trouve ces rapprochements paradoxaux dignes d’intérêt, tout à fait dans l’air du temps médiatique, qui ne me semble pas toujours très pur.

Guy Pezet


 
 

Le joli mois de mai

  • Bien sûr avril a été beau et nous avons pu découvrir au moins deux très beaux films d'auteurs confirmés : Scorcese et son "Shutter Island" et Roman Polanski pour "The ghost-writer".

Bien sûr il y aura Cannes et son lot de découvertes enthousiasmantes, mais aussi les tristes et souvent stupides quotidiennes de Canal - ... mais quant à nous, à Rieupeyroux il y aura pour tous les passionnés du 7ème Art, un fort joli mois de mai, avec des films intéressants, ambitieux, des univers forts à découvrir, parcourir, apprivoiser.

Je vais parler d'abord des films que j'ai vus et qui seront programmés le mercredi à 21h et le dimanche à 17h. C'est tout d'abord, dès le 5 mai, un documentaire attendu de tous ceux qui s'interrogent sur l'avenir de notre planète, de notre agriculture, et qui essaient de faire face au catastrophisme économique et environnemental ambiant : "Solutions locales pour un désordre global" de Coline Serreau.

Femme de conviction, soucieuse de se démarquer des films alerte type Hulot, Yann Artus Bertrand et cie, Coline Serreau a parcouru la planète à la recherche de solutions, de réflexions susceptibles d'enrichir les nôtres. Elle convoque même Pierre Rabhi pour stimuler notre réflexion sur les alternatives à notre déclinant système capitaliste sur financiarisé. Quand Sarko et son équipe semblent prêts à proposer des solutions globales pour des désordres locaux (violences de Tremblay, problème du voile intégral...), la cinéaste change et même renverse intelligemment la perspective de nos sacro-saints débats. Nous qui sommes soucieux d'actions culturelles locales de qualité, nous serons au 1er rang de cette projection événement ce mercredi 5 mai à 21h.

Le 12 mai, nous vous invitons à découvrir le dernier film de Claire Denis "White material", une cinéaste assez rare sur les plateaux TV, car exigeante, moderne et faisant peu de concessions au star system dominant.
Claire Denis situe don film dans un pays africain non précisé, confronté à l'affrontement de jeunes milices d'une guerre civile pleine de confusion violente, caractéristique de ces conflits régionaux, aux résonances internationales, ne serait-ce que par la présence des blancs et bien sûr des armes (voir le Libéria des années 90, par exemple). C'est ce climat particulier, cette sensation d'hébétude généralisée qu'excelle à peindre Claire Denis. C'est aussi l'obstination d'une femme blanche, Isabelle Huppert, comme toujours au sommet, soucieuse de sauver da plantation de café qui forme l'enjeu fictionnel à la base du film.

Claire Denis est née au Cameroun et connaît donc bien l'Afrique, ses couleurs, sa chaleur, ses paysages, les sensations éprouvées durant son enfance. Elle a travaillé pour ce film avec Marie N'Dyaye, Prix Goncourt 2009 pour "Trois femmes puissantes", ce qui donne à la tonalité d'ensemble du film une justesse singulière. Depuis "Chocolat" en passant par "Nenette et Boni" ou "Beau travail", Claire Denis poursuit son travail de cinéaste exigeante. J'allais oublier la musique originale, pas du tout locale de Tinderstick avec lesquels elle avait déjà travaillé (Trouble every day). A voir donc!


Autre film aussi à découvrir de toute urgence, "Ajami" de Copti et Shani, jeunes cinéastes palestinien et israélien, amis et frères d'armes cinématographiques pour le meilleur dès leur premier film. "Ajami" a été remarqué et cité à Cannes 2009, par le jury de la Caméra d'Or.
"Ajami" c'est le nom d'un quartier de Jaffa, ville israélienne au sud de Tel Aviv, où cohabitent communautés juive, musulmane, chrétienne, mais aussi police israélienne, réfugiés palestiniens des territoires, arabes palestiniens vivant et travaillant en Israël. C'est l'imbrication quotidienne extrême de ces populations que le film donne tragiquement mais magnifiquement à voir, dans ce film habile et bien maîtrisé, en croisant les destins mais aussi les points de vue de cinq personnages, autour d'une histoire de lutte de clans liés au trafic de drogue.
Un duo de cinéastes prometteur, pour un film fort, intelligent, nous donnant une image complexe de la réalité israélienne.

Autre cinéaste, confirmant son importance malgré ces tournages quasi clandestins, le chinois Lou Ye et ses "Nuits d'ivresse printanière". Lou Ye a obtenu le prix du scénario à Cannes en 2009 pour ce mélodrame sociétal, trois ans après la découverte de son film le plus politique "Une jeunesse chinoise".
Ces nuits fiévreuses, agitées sont celles de deux trios impossibles se mettant en place autour du troublant Jiang Cheng, figure homo centrale de cette chronique nocturne, dans une Chine contemporaine qui travaille mais dont la jeunesse, là comme ailleurs, recherche liberté, sentiments exacerbés, exutoires divers à ses désirs.
Comme souvent avec les grands cinéastes chinois, tout autant que l'histoire de ses jeunes héros, c'est ces images de la Chine que le spectateur découvre avec intérêt, loin des clichés officiels des journaux TV. Du beau, du lourd donc en cette fin mai !

Je ne m'attarde pas sur "Alice au pays des merveilles" de Burton et sur "Dragons", films à destination des enfants de bonne qualité et rencontrant un beau succès public ; de même sur le 1er film de Pascal Chaumeuil "L'arnacoeur" avec Romain Duris et Vanessa Paradis dans une comédie sentimentale pleine de fraîcheur.

Deux autres films français doivent retenir l'attention des habitués de la salle Gilbert Alauzet.
"Mammuth" du duo grölandais" Kerven et Delépine que nous avons toujours soutenu "Altra" et "Avida" films confidentiels ont été montrés au festival des Rencontres. "Louise Michel" avec l'épatante Yolande Moreau a triomphé il y a 18 mois environ.
Cela s'annonce donc toujours décapant, parfois décoiffant avec au centre de cette nouvelle fiction, un énorme Depardieu, jeune retraité partant à la recherche des bulletin de salaire égarés dans la nature des petits boulots, des petits patrons qu'il a rencontrés. Sur sa "Mammuth" du titre, c'est une autre France populaire que Kerven et Delépine imposent à la face d'un cinéma hexagonal souvent conformiste et confortable, dans le traitement de ces comédies petites bourgeoises.

Autre comédie différente en train de trouver son public "Les invités de mon père" d'Anne le Ny, déjà remarquée pour "Ceux qui restent" en 2007 avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. C'est l'histoire d'un médecin engagé (Michel Aumont) qui rencontre une jeune moldave et dépasse le cadre rassurant pour ses grands enfants (Fabrice Luchini et Karin Viard) de ses activités humanitaires. C'est drôle, plutôt émouvant et, au dire des spectateurs exigeants, réussi. Anne le Ny s'installe dans la case comédie de qualité, évitant vulgarité et franchouillardise. C'est une bonne nouvelle !
Un sacré mois de mai donc dans notre chère salle !

Guy Pezet


 
      LA LETTRE DE JUIN 2010
 


Retour à Cannes
Il y avait quelques noms vraiment intéressants dans la sélection officielle et on les retrouve tous dans le palmarès.
Et tout d'abord, le cinéma français à travers deux figures qui comptent depuis maintenant une dizaines d'années : Mathieu Amalric et Xavier Beauvois. Amalric est un des meilleurs acteurs internationaux, chez Desplechin bien sûr (oh! le beau "Conte de Noël" ou "Rois et Reines") mais aussi chez Julian Schnabel pour "Le scaphandre et le papillon" par exemple. Que son film, une comédie qui plus est, ait obtenu le prix de la mise en scène, cela ne peut que nous réjouir. "Tournée" sera cet été sur nos écrans.
Beauvois depuis 15 ans a imposé sa sobriété grave, son souci du plan juste, dès son 1er film "Nord", mais aussi il y a 5 ans dans le très bon "Petit lieutenant" avec Nathalie Baye. "Des dieux et des hommes", grand prix du festival a été unanimement salué par la critique et nous espérons pouvoir le faire découvrir en ouverture du festival.

Juliette Binoche, dans un film d'Abbas Kiarostami, tourné en Toscane, a également été couronnée à Cannes. Comédienne talentueuse, capable comme Hupert et Deneuve, de tourner avec les plus grands (Téchiné, Godard, Louis Malle, Mickael Haneke...), de faire part de ses envies de cinéma, elle est l'âme de "Copie conforme" que nous découvrirons ce mois-ci et sur lequel je ne reviendrai pas, tant mon attente est déjà exacerbée par les quelques images découvertes sur le petit écran.
La Palme est revenue au thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, le jeune cinéaste remarqué au tournant des années 2000 pour "Blisfully hours" et "Tropical Malady", un des meilleurs films de la décennie, primé à Cannes et montré à Rieupeyroux. Cet artiste dont les installations vidéo sont souvent montrées à Beaubourg, propose un cinéma d'auteur envoûtant, aux plans parfois magiques, à la construction déroutante. J'ai hâte de découvrir "Uncle Boonme" et c'est un plaisir que nous ne nous refuserons pas.

Autre cinéaste déjà remarqué dans les festivals et primé pour le scénario, le sud coréen Lee Chang-dong pour "Poetry". J'avais beaucoup aimé "Secret sunshine" et son héroïne à la folie courageuse. Une découverte à faire à Rieupeyroux, cet automne.
De même, le prix du jury du cinéaste tchadien Mahomat Salh Haroun pour "L'homme qui crie", récompense un cinéaste dont nous avons aimé "Darat saison sèche", il y a quelques années. Ce retour du cinéaste africain pourrait aussi se faire durant le festival. J'en dirai plus début juillet, mais sachez que nous avons pensé à vous, amis des rencontres, fidèles comme nous à ces jeunes talents qui vont écrire le cinéma du XXIème siècle.
Bravo donc au jury, à son président Tim Burton, et sans doute aussi à un grand cinéaste comme l'espagnol Victor Erice, membre de ce jury courageux.

PROGRAMMATION JUIN

Pour juin donc, outre "Copie conforme" de Kiarostami il y a encore bien des films à découvrir.
Pour ce qui est des comédies françaises, le programme est riche. Les médias ont beaucoup parlé de "Camping 2" et d'"Adèle Blanc Sec" avec la belle Louise Bourgoin qui a occupé bien des écrans, "L'amour c'est mieux à deux" de Dominique Farrugia, "Tout ce qui brille" de Géraldine Nakache et Hervé Minran, comédie ayant bénéficié d'un bon accueil critique, puis d'un excellent bouche à oreille. C'est souvent drôle, touchant comme les rêves des deux héroïnes, à l'étroit dans leur banlieue natale.
Une comédie dramatique bien reçue "Huit fois debout" interroge notre société et la crise de l'emploi à travers les recherches obstinées d'Elsa et de Mathieu soucieux de s'en sortir. Julie Gayet, Denis Podalydés sont épatants paraît-il. Une première oeuvre de Xabi Molia.

Pour en finir en beauté avec la comédie, n'oubliez pas la séance exceptionnelle lundi 28 à 21h, autour de "Chantons sous la pluie" de Stanley Donen avec l'immense Gene Kelly. Un classique de la comédie musicale et du 7° Art, un film inventif, hommage au cinéma et aux acteurs. Pour moi qui ai revu le DVD, il y a peu, un véritable enchantement.

Mais le programme de juin, placé sous le signe de la comédie, contient aussi quelques pépites à ne pas manquer. C'est le cas du fameux documentaire "Le temps des grâces" de Dominique Marchais. C'est sur le monde agricole français, l'espace rural et ses mutations que ce documentaire enquête, qu'il interroge. La projection sera suivie d'un débat animé par Yves Garric, journaliste aveyronnais, qui présentera aussi son ouvrage "Ces paysans qui ont dit non". Tout cela, suivi de traditionnelles tartines dans le hall du cinéma ! L'agriculture est au coeur de la réflexion politique actuelle et la crise que traversent certaines productions invite à la réflexion. Celle-ci est argumentée, brillante, et sa qualité unanimement reconnue. Faites-le savoir, afin que nous revivions une de ces grandes soirées de discussions conviviales et éclairantes.
Cette programmation entre, comme celle du film d'animation tchèque "Le criquet", dans le cadre de l'opération « Juin aux jardins", à laquelle nous participons chaque année.

Enfin pour terminer ce mois en beauté, deux films très différents mais bons, semble-t-il.
- La superproduction de Ridley Scott, "Robin des Bois" avec e grand Russel Crowe. Le film, et en particulier les choix scénaristiques, sont originaux et courageux. C'est au jeune archer Robin Longstride que le film fait la part belle ainsi qu'à son amie Milady/Cate Blanchet. Du grand spectacle bien sûr, mais aussi des scènes émouvantes, plus intimistes, de l'action mais aussi des sentiments. A voir donc !
- Enfin "Teza" drame ayant pour cadre l'Ethiopie dans années 70 puis 90, celle du sanglant colonel Mengistu à travers le regard transformé d'un médecin ayant étudié en Allemagne de l'Est. Ce film dont les critiques ont tous souligné l'ambition et la rigueur, nous donnera des images de l'est du continent africain, région rarement montrée, toujours en proie à la misère et aux tensions politiques. Une découverte chaudement recommandée par Elisabeth K. qui l'a déjà vu et aimé.

Guy Pezet


 
      NEWSLETTER JUILLET 2010
 

Coucou, me revoilou !

L'épuisante année scolaire a eu raison de ma volonté de commenter nos choix de programmation, mais la qualité de celle-ci me pousse à reprendre cette newsletter en cours de mois.
En effet, trois films intéressants sont à l'affiche en juillet et je me devais d'en dire un mot.
  • En 1er lieu, "Film socialisme" de Jean-Luc Godard, dont nous avons peu proposé d'oeuvres récentes ces dernières années. Godard pourtant continue à réfléchir sur le cinéma, son évolution, son rapport avec le monde, le "ici et maintenant" de sa fabrication. Il défend un cinéma différent avec ses décalages entre bande son et image, son travail toujours pointu de la bande son, son goût pour le texte (aphorismes, citations), sa manière unique et souvent novatrice de dire le monde, quand la plupart des cinéastes le racontent, ou même à mon avis, le sur racontent (voir les grands blockbusters U.S.A. et leurs modèles narratifs certes efficaces, dans le meilleur des cas, Avatar par exemple, mais peu subtils, Avatar encore, pour le sens de l'histoire!).
Déconstruire, mettre à jour d'autres images et peut-être d'autres histoires (voir don histoire du cinéma), c'est ce que donne à voir Jean-Luc Godard.Il était déjà de bon ton de se moquer du cinéma de Godard dans les années 60/70 (voir toute la critique de droite, celle des tontons flingueurs du Figaro, de l'Aurore, du Grapouillot,... j'en passe et des bien pires!), puis ce conformisme anti auteuriste a gagné les rangs de la critique bien/mal pensante de la gauche classique, alors même que les questions posées par Godard restaient d'actualité et influençaient les meilleurs des jeunes réalisateurs des années 90/2000 : le jeune Almodovar, bien sûr, Assayas, Desplechin, Zia Zhang Khe, mais aussi Pedro Costa, Apichatpong Weerasethakul, que l'on retrouve souvent au palmarès des grands festivals, depuis quelques années.
Ces questions sont éminemment politiques : rapport entre les choix techniques de filmage, de montage et la morale, rapport entre le cinéma formaté pour la T.V. et le cinéma, comme Art, rapport entre l'image et le monde..."Film socialisme" ne semble pas déroger à la règle : il dérange, suscite des polémiques, et nous nous devions de le montrer à Rieupeyroux.

  • De même pour "Policier adjectif" de Corneliu Porumboiu, un de ces cinéastes roumains, de la génération Mungiu, auxquels les Rencontres sont fidèles. Porumboiu avait obtenu la Caméra d'or pour "12h07 à l'Est de Bucarest" que nous avions projeté au festival en 2007. Son sens du décalage tragi-comique nous avait touchés. Sa réflexion sur le sens et le poids des mois et le choc des images et des mots autour d'un événement mondialement télévisé comme la chute de Ceaucescu, nous avait profondément et subtilement interpellé.
Avec "Policier adjectif", c'est à l'univers codé du film policier que s'intéresse Porumboiu, mais aussi à la Roumanie, au sens des mots, aux questions de Genre (de nombre?) de nature, de fonction, si je puis dire alors même que je sui en vacances. Ce film a reçu un accueil critique unanimement positif de Télérama, aux Cahiers, d'Elle à Critikat. com, c'est assez rare ces derniers temps, pour être signalé !
  • Pour terminer le mois, un documentaire musical "When you're strange" sur les Doors et leur figure pop mythique, Jim Morrison. A travers les documents d'époque, à travers les témoignages des autre musiciens du groupe, c'est un itinéraire fulgurant que Di Cillo reconstruit : celui du chanteur poète, celui de la star défoncée, celui d'un jeune homme qui avait poussé les portes (The Doors) de la perception chères à Aldous Huxley. C'est le grand Johnny Depp qui assure la narration de ce documentaire. Une raison supplémentaire de retrouver ces années pop, pas si faciles, pas si gaies, pas si inconscientes que ce que veulent bien en dire les trop pleines de clichés, émissions revival TV sur les Seventies. De Brian Jones à Jimmy Hendrix, de Janis Joplin à Jim Morrison, les victimes furent nombreuses et du strict point de vue de leur talent, éminentes. Plutôt que d'aller se recueillir sur sa tombe au Père Lachaise, retrouvons le beau Jim, dans ce grand documentaire.
En août, actualité chargée et premiers textes sur le festival. Il n'y aura pas de retard à la livraison.
Guy Pezet


 
      NEWSLETTER AOUT 2010
 

Ce cher mois d’août à Rieupeyroux est toujours porteur de promesses pour l’équipe des Rencontres, en pleine effervescence avant le grand rendez-vous de septembre (13ème Rencontres du 8 au 12 septembre 2010), et soucieux de proposer aux estivants de la contrée un programme de choix. C’est, cette année encore, un pari réussi, avec un début en fanfare si je puis dire !

En effet, deux cinéastes importants se disputent l’affiche : le philippin Mendoza et le français Amalric. « Lola » est le 4ème film en 2 ans à sortir sur les écrans européens, du prolifique cinéaste philippin Brillante Mendoza. Ce cinéaste s’impose comme un auteur majeur de cette bouillonnante Asie du Sud Est. Très impliqué dans la réalité sociale de son pays, Mendoza propose des films efficaces dans leur montage, mais soucieux de donner vie à des personnages attachants (voir « John John », vu à Rieupeyroux). Que ce soit « Serbis » ou « Kinatay » à Cannes en 2009, les films de Mendoza sont régulièrement primés dans les grands festivals qui ont promu ce cinéaste brillant et touchant. Venez donc découvrir cette œuvre construite cette fois-ci autour de deux mères courages de Manille aux prises avec la violence de cette société pleine d’inégalités, d’injustices.

Avec « Tournée », c’est un grand du cinéma français que nous retrouvons, devant et, cette fois, derrière la caméra : Mathieu Amalric. J’ai d »jà dit tout le bien que je pensais de l’acteur fétiche de Desplechin (« Rois et Reines », « Un conte de Noël » pour mémoire), mon admiration pour sa carrière internationale (« Le scaphandre et le papillon, « Quantum of Solace ». Il s’agit maintenant de découvrir son potentiel de réalisateur, grand prix de la mise en scène à Cannes, il y a deux mois. Avec « Tournée », Amalric propose un film drôle, émouvant autour de la tournée en France d’une troupe de strip teaseuses « New Burlesque ». C’est un hommage au spectacle, à tous les spectacles et à ceux qui les font, souvent jouissif comme le plaisir d’Amalric à filmer, à donner vie à ces singuliers personnages. On parle de Cassavetes « Meurtre d’un bookmaker chinois ») pour symboliser la réussite de ce film français de l’été 2010. Vivement le week-end prochain !! 7 – 8 août.

Mais il y a d’autres perles dans notre programmation et je pense à « Carlos » d’Oliver Assayas. Je n’ai pas vu la version TV de 5h30 sur CANAL, mais le film a été très bien reçu et le talent d’Assayas est indéniable (« Clean » en 2004, « L’heure d’été » en 2008). « Carlos » est un personnage assez emblématique, malheureusement, des années 70/80, avec le développement du terrorisme international sur fond de faillite des idéologies, des premiers chocs pétroliers, de crises politiques et économiques, dont certaines durent encore.

Même s’il est long, comme « Avatar », je suis sûr que son contenu m’intéressera davantage que celui du spectaculaire film de Cameron.

A voir aussi, chaudement recommandé unanimement, ce qui est rare, par les critiques du Masque et de la plume et toutes les revues de Première aux Cahiers, « Copacabana » de Marc Fitoussi, une comédie avec la grande Isabelle Huppert dans une composition pleine de drôlerie (mais oui !) et sa fille Lolita Chammah. Vous aimez Isabelle Huppert en femme forte/fragile (« White Material » de Claire Denis, en femme plutôt perverse (« La pianiste » d’Haneke), en monstre froide, en folle, vous l’aimerez aussi dans ce rôle comique de mère un peu larguée, qui va faire des efforts pour reconquérir l’estime de sa fille, en particulier en s’insérant dans la réalité sociale du travail. Marc Fitoussi est un jeune cinéaste français, qui signe, là, pour son second long métrage, une comédie réussie aux dires de tous.

Cela fait déjà un programme alléchant mais je ne veux pas oublier en fin de mois et juste avant le festival, le retour de Stephen Frears sur nos écrans avec « Tamara Drewe », pour une comédie assez féroce sur notre temps. Frears après des débuts remarquables par ces chroniques de l’Angleterre des années Thatcher entre comédie et drame social « Les liaisons dangereuses », The queen » ou « Mary Reilly ». De retour, en Angleterre, Stephen Frears retrouve son sens de la comédie, de l’observation des personnages. C’est une bonne nouvelle !

Bien sûr, je ne dirai rien des incontournables « Shrek 4 », Twilight 3, « L’italien » avec Kad Merad (encore et toujours) ou même l’excellent « Toy Story 3 », car tous les médias en ont beaucoup parlé et les publics ciblés sont déjà au courant de ces sorties massives (+ de 700 copies).

Une dernière découverte : le premier film de Pascal Rabaté « Les petits ruisseaux » avec Daniel Prévost, Bulle Ogier. On dit le film sympathique avec ces changements de tonalité, sa manière d’aborder des sujets difficiles.

A très bientôt

Guy Pezet


 
      LA NEWSLETTER D'OCTOBRE 2010
 

Après le festival

« Bien sûr nous eûmes des surprises et bien sûr des confirmations, bien sûr nous eûmes des orages et bien des félicitations… ». Il en va des festivals comme de toutes les rencontres et notre enthousiasme adolescent a, je pense, une nouvelle fois, survécu à toutes les polémiques. Nous nous sommes quittés le 12, au soir et retrouvés pour certains le mercredi 15, « sans être adulte ». Vu notre âge avancé, la prouesse n’est pas mince !

Qu’est-ce à dire ? Qu’à l’image de l’équipe de programmation, je continue à croire à l’éclectisme, à la découverte, à l’envie d’être bousculé et non conforté, et que, par-dessus tout, je pense que c’est ce qu’attend de nous le public des Rencontres.

  • L’œuvre rigoureuse et très engagée de Pedro Costa avec ses fictions quasi documentaires sur les immigrés cap verdiens à Lisbonne a dérouté. Son cinéma sans concession au spectacle, au divertissement et donc à l’industrie est exigeant, mais sa beauté pure en est l’exquise récompense. Difficile d’oublier l’image de Ventura dans son quartier, alors que tant de films charrient un flot d’images faites pour être oubliées.

Après la journée de jeudi et l’implacable « Les arrivants », si profondément ancré au cœur de l’actualité politique française, les films de Costa donnaient à voir magnifiquement et avec une immense pudeur, un pan de la misère du monde. Sans scandale, sans l’agitation médiatique annonciatrice via le Net (« bras armé de la mondialisation » s’il en est), ou via la presse bien pensante à propos d’œuvres s’auto proclamant engagées (l’anti Mickaël Moore, par excellence), sans bruit, sans fureur, implacable, Costa montre et n’a pas besoin d’expliquer. Que le public fidèle des œuvres engagées n’ait pas suivi, c’est surtout cela qui m’a surpris !

Costa, comme Xia Zhang Ke, (Rencontres2009), comme Naomi Kawase (Rencontres 2005), comme Kechiche, est une des grandes figures du cinéma contemporain et nous ne pouvions éternellement passer à côté de son œuvre.

  • D’autre choix peuvent avoir surpris, comme ceux des avant-premières, que l’ensemble de la presse ciné soutient depuis leur sortie, fin septembre. Le dernier Iosseliani « Chantrapas », comme « L’homme qui crie » de Mahamat Saleh Haroun sont souvent cités comme films à voir. Ces cinéastes venus d’ailleurs (Géorgie et Tchad) font honneur au système de production français capable de porter des œuvres non formatées par les exigences de la T.V et de l’industrie du spectacle. Ce sont deux films à voir, pour ceux qui ont les ont manqués et j’espère qu’ils seront projetés ailleurs en Aveyron.

De ces Rencontres, je retiendrai aussi le plaisir de plus en plus partagé de revoir des classiques du 7° art, ces oeuvres éternellement modernes, car excédant toutes les boîtes dans lesquelles on ne peut les ranger. C’est le cas de « Jules et Jim » de Truffaut, de « Tosca » de Benoît Jacquot, si intelligemment mis en scène, de « Chaussons rouges » de Powell et Pressburger, et au dessus de tout de « Rocco et ses frères » de Visconti. Bien sûr, cette œuvre dure trois heures, mais depuis quand la longueur serait-elle un critère d’appréciation d’un film ?


Programmation octobre

Elle s’annonce riche avec deux films très attendus du palmarès cannois « Des hommes et des Dieux » de Xavier Beauvois, « Oncle Boonmee » de Apichaptong Weerasathekul, deux cinéastes encore jeunes auxquels les Rencontres sont fidèles.

  • Xavier Beauvois déjà primé à Cannes pour « N’oublie pas que tu vas mourir », avait confirmé le bien que l’on pouvait penser de lui, lors du « petit lieutenant » avec Nathalie Baye et Lulil Lespert. La rigueur de se mise en scène, la qualité de la direction d’acteurs, la distance juste dans laquelle il plaçait ses personnages, faisait de ce film tourné pour l’essentiel dans un commissariat de police, un film remarquablement sobre et juste. C’est, paraît-il, les mêmes qualités qui sont à l’œuvre dans « Des hommes et des Dieux », film consacré à la destinée tragique des moines de Tébéhirine en Algérie. Ce film qui rencontre un important succès public sera projeté le week-end de Toussaint et, je crois, que ce sera bien plus pertinent qu’un quelconque Halloween de supermarché. Nous essayons de proposer une rencontre échange avec quelqu’un de la famille des moines.

Pour « Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures », c’est avec un de ces cinéastes majeurs de la décennie que nous avons rendez-vous. Ce thaïlandais s’est imposé à Cannes déjà avec « Blisfully yours » puis « Tropical Malady », deux œuvres inclassables, dérangeant nos habitudes de spectateurs occidentaux, mais au final envoûtantes. On peut bien sûr parler de cinéma contemplatif, de la longueur des plans, mais c’est la beauté des images, leur magie poétique qui sautent aux yeux. Apichaptong nous parle d’une autre culture, d’un autre espace (la jungle thaïlandaise), d’un ailleurs où il semble réinventer le cinéma. Ce que nous avons accepté depuis longtemps de la poésie ou de la peinture, acceptons –le du cinéma moderne. Ici avec « Oncle Boonmee », acceptons comme jadis Gérard de Nerval de retrouver « nos vies antérieures ».

« Puis une dame à sa haute fenêtre

Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens

Que dans une autre existence, peut-être

J’ai déjà vu et dont je me souviens. » Fantaisie

On est bien là dans l’esprit des Rencontres, dans la découverte de l’Autre, de l’Ailleurs, du différent alors que tout nous pousse vers le même, l’ici, le semblable (cf. bien sûr Facebook, mais aussi toutes les chaînes, les radios spécialisées, tout ce qui nous enferme dans le confort étroit d’un prêt à pense, à désirer, déjà connu et étouffant, tous les réseaux de pensée !)

  • A l’honneur ce mois-ci aussi le cinéma espagnol en collaboration avec Cinespana, manifestation toulousaine dédiée au cinéma espagnol. Seront projetés à Rieupeyroux deux films ayant été primés les années précédentes à Toulouse : « La isla interior » et « Ander », Violette d’or 2009. Il y a un cinéma espagnol hors d’Almodovar et il peut produire des œuvres fortes. A découvrir donc !
  • Pour prolonger la semaine du polar à la médiathèque de Rieupeyroux début octobre, nous avons souhaité voir ou revoir « Série Noire » d’Alain Corneau avec Patrick Dewaere et Marie Trintignant. Adapté de Jim Thompson, c’est le film le plus fort, le plus marquant de Corneau auquel nous rendons ainsi hommage. Dewaere est au sommet, inquiétant, agaçant, attachant et Marie Trintignant est la révélation de ce film choc. Au scénario Georges Pérec a aidé Corneau, et à la lumière P.W Glenn fait des prodiges. Une œuvre phare donc du cinéma français des années !
  • Avec Julie Bertucelli et son film « L’arbre », c’est à une jeune cinéaste de talent que nous faisons confiance. Cela fait maintenant 6 ans que son premier long métrage nous avait profondément touché « Depuis qu’Otar est parti » évoquait avec grâce et sensibilité le quotidien géorgien de trois femmes de générations différentes dont bien des pensées accompagnaient à Paris Otar, le fils, le père, le mari bien aimé. Ici son film avec Charlotte Gainsbourg, confirmant son talent de grande actrice internationale, nous plonge en Australie, espace magique encore peu utilisé par le cinéma.
  • Bien sûr, je n’oublie pas « Salt » avec Angelina Jolie et le retour sur nos écrans de Bertrand Blier avec sa brochette de stars françaises : Dujardin, Dupontel…Blier et son univers souvent corrosif, autour de la question du cancer : un bon week-end en perspective, avec « Le bruit des glaçons » !
  • Enfin, pour annoncer le mois du documentaire en novembre « Benda Bilili » film musical venu du Congo, autour d’un des groupes phares de la rue à Kinshasa, en passe de devenir une référence de la musique africaine, sur la scène internationale.

Avant de se retrouver fin octobre, quelques citations pertinentes.

Denis Podalydés (Libé du 29 sept.). « Onclee Boonmee ». J’ai cru entrevoir ce que c’est que mourir, en tant que passage, action concrète. C’est un très beau film. Merci au grand Tim Burton et à son jury. Sans cette palme, je n’aurais sans doute jamais vu ce film. »

Et deux petites dernières de Chabrol pour la route !

« A la télé, tout est bien. Il suffit de se mettre à la bonne distance. Il n’y a pas d’émission qui ne soit pas intéressante. Bien sûr, il y a des choses tellement immondes, qu’il faut se mettre très loin, mais c’est passionnant » (2001)

« J’ai toujours eu plaisir à prouver et à me prouver que la position bourgeoise était stupide » (sept 95)

Merci, M. Chabrol vous avez parfaitement réussi !

Guy Pezet


 
      LA LETTRE DE NOVEMBRE
 

NEWSLETTER NOVEMBRE 2010

Billet d’humeur

Peu de monde dans les salles cet automne et ceci est encore plus vrai pour nous, à Rieupeyroux. Quelles que soit l’actualité des films, quelle que soit leur qualité, les films ont du mal à trouver un public rieupeyrousain pour le moins difficile ; en particulier pour le film du week-end, dit grand public et allant des films pour la jeunesse (enfants même comme Samy) , au thriller U.S. avec star à l’affiche « Salt » avec Angelina Jolie, en passant par la reprise de film prestigieux « Série Noire » avec Patrick Dewaere et Marie Trintignant en hommage à Alain Corneau et en prolongement de la Semaine du Polar, à la médiathèque de Rieupeyroux.. !

Bien sûr, la solution viendra du ciel, je l’espère, avec les moines de Tibhirine, héros du beau film de Xavier Beauvois. Mais ce véritable phénomène de société peut-il cacher cette difficulté récurrente à trouver un public pour les films commerciaux, populaires qui tiennent la tête du box office ? Il nous faut encore nous interroger, penser à d’autres solutions, nous remettre en cause… ce que nous faisons, avec la réflexion entreprise en vue d’un rapprochement avec des professionnels de la programmation comme V.E.O., organisme gérant plusieurs salles et défendant comme nous la cinéma de qualité dans les campagnes, les petites villes.

Nous reviendrons dans les mois qui viennent sur ce changement et les avantages que nous pourrions en retirer, en terme de programmation ; programmation plus réactive des films grand public, avec un délai d’obtention des copies plus réduit en particulier.

Plus de professionnalisme donc, un mot qui ne nous fait pas peur, qui entraînera sans doute quelques remises en cause de nos habitudes (diffusion et communication autour du programme, horaires, nombre de séances…). Synonymes de hausse de la fréquentation, elles ne pourront qu’être acceptées car ceci est notre préoccupation première !

La programmation dite « art et essai » du mercredi draine un public fidèle, qui ne demande lui aussi qu’à grandir. Elle nous a donné depuis le festival quelques grands moments d’émotion « L’arbre » de Julie Bertucelli, et d’admiration devant des œuvres pleines, accomplies esthétiquement, « Poetry » de Chang Dong le coréen, et « Oncle Boonmee » de Werasethakul le thaïlandais.

Ces deux œuvres magnifiques confirment la supériorité actuelle des films venus de l’Asie du Sud Est, avec des metteurs en scènes/artistes qui semblent libérés des contraintes commerciales (ni sexe, ni violence, ni sentimentalisme idiot ou excessif). Merci au festival de Cannes, à la presse spécialisée française de qualité (Les Cahiers, Positif, Libération, Télérama, Les Inrocks..) capables de soutenir et d’imposer de telles œuvres, certainement les plus belles de cette année. Les montrer à Rieupeyroux, partager en sortant notre fascination, voilà des moments qui comptent et nous donnent des ailes pour continuer.


Novembre à Rieupeyroux

C’est le mois du documentaire avec deux soirées exceptionnelles, en collaboration avec la médiathèque de Rieupeyroux et en présence des réalisatrices.

La 1ère dès le mardi 9 novembre, avec une nouvelle programmation des « Portraits de femmes paysannes », réalisé au cours de l’année 2010 par des élèves de B.T.S. du Lycée Laroque, avec l’aide avisé de Neus Viala, réalisatrice amie des Rencontres, fidèle du festival. Ce film produit par les Rencontres a rencontré un beau succès au festival et il sera mis en regard avec le film « Un automne à Rieupeyroux » tourné en 1966 pour la télévision.

Les gens d’ici à l’honneur donc, avant ceux d’à côté, du Bassin minier avec le jeudi 25 novembre le film de marie Devuyst « Tant que sifflera la mine, danseront ses épis ». Marie Devuyst nous parle de Cransac, des mines, de la campagne, avec émotion, avec amour. Venez à sa rencontre et à celle de ce Bassin houiller si proche et pourtant parfois méconnu.

Outre ses deux soirées consacrées à notre pays aveyronnais, deux autres documentaires au programme ce mois ci, tous deux engagés, au cœur des problématiques socio économiques actuelles :

Tout d’abord, le 4 novembre « Cleveland contre Wall Street », sur le rôle des banques, dans la crise immobilière, puis financière ayant frappé des villes comme Cleveland aux Etats-Unis, avant de s’étendre à tout le monde capitaliste occidental. Un film édifiant sur ce capitalisme financier devenu fou, un film qui se place du point de vue de ceux qui la subissent et essaient de lutter contre ses dérives… Tous ensemble, tous ensemble donc, à Rieupeyroux pour tous ceux nombreux qui n’ont pu le voir à la soirée Attac à Villefranche !

Très attendu aussi et ayant reçu aussi la bénédiction de ce cher Mermet, « Entre les mains » de Mariana Otero, qui nous conte le combat de femmes reprenant sous forme coopérative leur usine de lingerie sur la voie de la fermeture. C’est un hymne aux valeurs de solidarité, de bonheur collectif (et non individuel) chanté avec joie, humour, vitalité par ces femmes en colère. Un documentaire qui fait du bien par ces temps de mobilisation active. Tous ensemble, tous ensemble donc à Rieupeyroux ce 24 novembre !

Bien sûr, il y a encore bien d’autres films à découvrir, œuvres de réalisateurs connus et même reconnus (Bouchared, Besson, Allen, Fincher) ou plus jeunes et venant bousculer la hiérarchie (Xavier Dolan et Gregg Araki).

Je ne dirai pas grand-chose d’ « Arthur III, la guerre des 2 mondes », de Luc Besson, cinéaste et producteur de films à succès, un des hommes forts du cinéma commercial français. Arthur III ravira, j’en suis sûr, tous les enfants familiers de l’univers d’Arthur, livres et films compris.

De même, je ne m’étendrai pas sur le film « Hors la loi » de Bouchared, revenant après le succès d’ « Indigènes », sur la guerre d’Algérie, cette fois en 1954, lors des manifestations de Sétif, et leur terrible répression. On retrouve les acteurs chers à Bouchared, en particulier Djamel Debbouze dans un rôle sur mesure, et bien sûr le drame algérien et la série de polémiques qu’a suscité le film à sa sortie en mai à Cannes, puis en septembre. Ces polémiques venant d’une droite dure n’ont pas empêché le film de trouver son public et de témoigner du drame algérien, de cette guerre coloniale dont on voudrait nous faire croire qu’elle ne le fut pas.

Quant au dernier Woody Allen, « Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu », au titre improbable, nous pourrons nous demander ensuite si c’est un grand, un petit, un bon, un médiocre Woody Allen. N’ayant que peu d’information, de retours sur cette nouvelle comédie, je fais confiance à ce bon vieil Woody, pour nous avoir concocté une œuvre enlevée, aux dialogues qui font mouche dans la bouche de Naomi Watts et Antonio Banderas ; excusez du peu !

Le dernier David Fincher est le film dont on parle « The social network » s’intéressant au personnage de Marc Zuckenberg, étudiant fondateur de Face book, devenu une des plus grandes fortunes mondiales en cinq ans. Ce film est dit-on passionnant, très documenté sur la personnalité de cette figure moderne incontournable, sans concession sur l’homme et ce réseau monstre qu’il a créé pour son plus grand profit.

Fincher depuis « Seven » ou « Fight Club » avec Brad Pitt, s’est affirmé comme un des meilleurs réalisateurs américains, un des plus efficaces et des plus brillants. C’est un cinéaste à suivre, au même titre que Michaël Mann, ou bien sûr Gus Van Sant de la même génération.

Restent à l’affiche deux comédies enlevées, assez hot paraît-il, qui réchaufferont, à tout le moins, le cœur des spectateurs les découvrant.

Tout d’abord, « Les amours imaginaires », du très jeune Xavier Dolan, réalisateur, scénariste, acteur de 21 ans, qui nous vient du Canada et de Cannes. Déjà remarqué en 2009 au festival pour « J’ai tué ma mère », il récidive cette année avec ces amours imaginaires, film ovationné 8 minutes debout à Cannes et ayant obtenu le prix du public. Cette variation sur le thème du trio est originale, jeune, moderne et c’est un univers que nous voulions découvrir, soucieux de mettre à l’honneur ce si jeune homme.

Ensuite « Kaboom », comédie plus déjantée, plus folle encore avec des incursions dans l’horreur, le film apocalyptique, tout en gardant une base érotique forte (voir le scénario). Ce n’est pas un énième film sur les ados, les étudiants genre « campus movie » de base. Non, le film a secoué le public cannois et Gregg Araki, après « Mysterious skin » confirme tout son talent virtuose ! 1ère queer palm à Cannes, ce film, comme celui de Dolan, devrait ravir les jeunes auxquels il s’adresse et qu’il met en scène. Y a t-il des jeunes à Rieupeyroux ? Nous le saurons bientôt, après ces deux mercredis affriolants !

Guy Pezet


 
      La lettre de décembre
 

LA LETTRE DE DECEMBRE 2010

L'automne est vraiment la saison du cinéma, car bon an, mal an une majorité des meilleurs films de l'année, souvent en provenance des grands festivals, sont à l'affiche de notre chère salle. Octobre et novembre nous ont gâtés et quand viendra l'heure des bilans nous en reparlerons.

Décembre ne sera pas mal non plus, avec quelques grands noms du cinéma national et mondial, et bien sûr quelques découvertes.

C'est par ces jeunes cinéastes que j'ai envie de commencer ce parcours. En effet, nous découvrirons un premier film français très remarqué « Belle épine » avec Léa Seydoux, une des étoiles montantes du cinéma français et international (bientôt chez Amos GitaÏ, chez Woody Allen !)

Elle campe ici un personnage d'adolescente livrée à elle-même après un deuil, en rupture, cherchant à s'insérer dans un monde plutôt sauvage, celui des motards du circuit de Rungis.

Depuis « la Belle Personne», film marquant de Christophe Honoré, Léa Seydoux s'est affirmée et elle défend avec talent un personnage bouleversant, mis en scène par Rebecca Zlotowski. Celle-ci, en un seul long, s'affirme comme une des cinéastes à suivre durant la décennie qui vient. « Belle épine » est son film de fin de cursus à la FEMIS. Comme le dirait le grand Corneille « aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années » !

Autre premier film ayant quasi unanimement séduit la critique « Le braqueur » -voir les cahiers de Benjamin Heisenberg, film autrichien original et fort autour de la figure d'un coureur de marathon, voleur de banques en séries. Toujours en mouvement, souvent en fuite, parfois en cachette à Vienne, cet étonnant personnage de cinéma va débouler sur nos écrans en cette fin d'année (29 déc. à 21h ). J'oubliais de dire que ce film s'inspire d'un fait réel, ayant secoué ou fasciné la tranquille Autriche. Une mise en espace alléchante avant le trop plein du réveillon !

Bien sûr après ces jeunes cinéastes que je souhaite aussi talentueux que Xavier Dolan , le metteur en scène canadien des « Amours imaginaires » ( 21ans, tout de même ! ), nous vous proposons de retrouver des metteurs en scène plus expérimentés, quarantenaires le plus souvent, ayant déjà occupé le haut de l'affiche rieupeyrousaine.

Par ordre de passage dans le mois, c'est le cas de A.G.Innaritu, cinéaste mexicain révélé à Cannes par « Amours Chiennes » en 2000, puis « 21 Grammes » et « Babel ». Il nous revient avec « Biutiful », film en compétition cette année, ayant valu à Javier Bardem, le prix d'interprétation masculine à Cannes. Comme Antonio Banderas, Javier Bardem s'est imposé grâce aux Cohen, puis à Woody Allen, comme l'un des acteurs les plus recherchés, sorte de star internationale. C'est sa capacité dramatique (cf ; Mar Adentro ) qui est mise en valeur dans le film d'Inarritu: son personnage d'homme en lutte, profondément humain, comme l'est le désespoir, est paraît-il assez stupéfiant . Inarritu/Bardem, un tandem de choc !

Cinéaste plus intéressant encore, à mon humble avis, Abdellatif Kechiche, l'homme de deux grandes réussites consécutives : « L'esquive » et « La graine et le mulet ». Voilà un cinéaste qui ne laisse pas indifférent, qui s'attaque à des sujets fort différents sans rien perdre de son souci d'authenticité. Ce n'est pas dans le drame historique que l'on attendait Kechiche; c'est pourtant là qu'il nous conduit avec « Vénus noire », oeuvre qui retrace de façon magistrale et sans concession aucune, le parcours de Saartjie Baartman, la vénus hottentote . L'histoire de ce personnage hors norme a fait l'objet de bien d'interrogations philosophiques, scientifiques et a clairement permis de démasquer le parti pris raciste de la science au XIX s. Cette figure de la monstruosité se donnant en spectacle à Londres, avant de finir ses jours au musée a fasciné, et a révélé les phantasmes des spectateurs européens du XIX s. Qu' en sera -t-il de nous, de nos regards modernes lors de la projection à Rieupeyroux d' un film qui ne peut laisser indifférent . ( mer. 15 )

Avec François Ozon, c'est un cinéaste soucieux de changer de tonalité, de genre que nous avons à faire. Si ce sont plutôt deux comédiens, « Huit Femmes » et « Potiche » , qui l' ont rendu et le rendent célèbre, Ozon a souvent tourné des oeuvres plus dramatiques comme « Sous le sable » , « Swimming pool », parfois très graves « Le temps qui reste », avec un certain succès .

« Potiche », comédie drôle, enlevée, portée par une formidable Catherine Deneuve dans la rôle titre, est tirée de l'univers du théâtre de boulevard (Barillet & Grédy; Jacqueline Maillau). L'intrigue est habilement modernisée et ne s'interdit pas quelques références à la France politique de 2010 ! Mais le gros plus du film, restent les acteurs: Fabrice Luchini et Gérard Depardieu, essayant de se mettre au diapason de la reine Catherine. Ozon a toujours été, dés ces débuts un excellent directeur d'actrices et d'acteurs. Rire assuré donc autour de Noël (le 26 et le 24 à 21h ) pour ces fêtes que nous vous souhaitons bonnes, pleines de chaleur et d'espoir pour tous .

Bien sûr je ne parle pas des très connus et partout commentés, « Les petits mouchoirs » de Guillaume Cannet, ni de « Moi moche et méchant », film d'animation pour tous. Ces films ont déjà passé la barre des 4 millions de spectateurs et gageons que la salle sera remplie, tant ils sont ici attendus.

Je ne sais pas grand chose du film de G. Lartigeau « L’homme qui voulait vivre sa vie » si ce n'est qu'on y retrouve de grands acteurs français : Deneuve encore et toujours, Romain Duris et Marina Foïs, mais aussi Niels Arestrup si impressionnant l'an dernier dans « Un prophète » d'Audiard. A découvrir avec le nouvel an !

J'ai oublié « Histoire sans fin », très beau film pour enfants et parents de Wolfgang Petersen, qui sera le support du dernier ciné – goûter de l'année. C'est toujours un moment privilégié d'échanges et de convivialité autour de bons gâteaux, après un bon film ! ( 15 déc. à 15h )

Encore une fois, à la fin décembre pour le bilan cinéma de l'année et quelques nouvelles du front !

Guy Pezet




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